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Société

La cour d’assise pour les incendiaires de mosquées

| Mercredi 6 Décembre 2006

Quatre hommes sont jugés depuis lundi 4 décembre par la cour d’assise de Hautes Savoie pour avoir brûlé deux mosquées en mars 2004. Pour la première fois en France quatre suspects comparaissent devant la cour d’assise pour avoir brûler un lieu de culte, ils riquent jusqu’à vingt ans de prison pour « dégradation grave du bien d'autrui à raison de la religion par un moyen dangereux pour les personnes ».



Jeunes nazis ?

Nicolas Paz, 28 ans, videur et ancien hooligan supporter du Paris Saint Germain, et Michel Guégan, un ancien militaire de 25 ans, surnommé "SS" par ses amis comparaissent devant la cour d’assise de Haute Savoie pour l’incendie criminelle de deux lieux de cultes musulmans à Annecy en mars 2004. Ils ont été mis en détention provisoire depuis leur arrestation en février 2005. Ils sont accompagné par deux autres complices, qui comparaissent libre : Anthony Savino, 24 ans, caporal dans le même bataillon que Michel Guégan et Damien Gallaud, 26 ans, chauffeur-livreur.

Tous ont donc été interpellés en février 2005 et mis en examen. C’est la première fois en France que des suspects passent devant une cour d’assise pour une « dégradation grave du bien d'autrui à raison de la religion par un moyen dangereux pour les personnes ». Ils risquent chacun jusqu'à 20 ans de prison. Trois autres personnes figurent également parmi les accusés: un collègue et deux anciennes maîtresses de Nicolas Paz. Poursuivis pour « non dénonciation », ils encourent trois ans de réclusion criminelle.

Les accusés avaient déclaré aux enquêteurs, lors de leurs arrestations, avoir agi suite à la guerre en Irak. Malgré le caractère raciste de leur acte, ils se défendent de toute idéologie les poussant à agir ainsi. Michel Guégan, est pourtant un collectionneur de croix gammées, de chants nazis, d’affiches d'Hitler et a été membre du Front national durant une année. Il se dit être fasciné par la "puissance militaire" de l'Allemagne nazie. Militaire lui-même, il prétend s’être bien sentit au sein de l’armée jusqu’à ce qu’un supérieur d’origine « musulmane et fier de ses origines », dont il était, selon lui, le « bouc émissaire », fasse résilié son contrat. Cependant, au fil du procès, on apprend que cet homme de 25 ans, surnommé « SS », a un demi frère « métis », maghrébin. Il a été abandonné par sa mère très tôt et placé en famille d’accueil, puis, lorsqu’il part à la recherche de sa famille biologique, il apprend que sa mère a eu un autre enfant avec un homme maghrébin. Il ne connaît pas son père, et ne sais pas si lui aussi a des origines. « C’est la clés du problème » déclare-t-il.

Nicolas Paz, pour sa part, avoue « un ressentiment raciste » et dit que tout a débuté lorsqu’il a appris que sa mère avait été violée à l’age de 12 ans en Algérie, et que la marraine de son fils « s'est fait violer par trois Maghrébins. » Issu d’une famille chaotique, dont la mère alcoolique et suicidaire a tenté de le tuer à l’age de 15 ans, il est devenu un fervent supporter du PSG, à la tribune des Kop de Boulogne. Il se dit adepte du « free fight » et des bagarres de rue.

Nicolas Paz et Michel Guégan, accompagné de leur deux complices, le caporal Anthony Savino, et Damien Gallaud, disent avoir agi pour lutter contre l’invasion de l’Islam.

Les faits

C’est dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 mars 2004 que les quatre hommes, divisés en deux groupes, ont incendié simultanément deux lieux de cultes musulmans de la ville d’Annecy. Le feu a d’abord pris dans un lieu de culte de la communauté turque locale. La salle de prière située à Seynod, dans la banlieue d'Annecy, a été complètement détruite par les flammes. De sont côté, la mosquée maghrébine d'Annecy, dépendante de la Mosquée De Paris, a été partiellement endommagée par l’incendie criminel. Le total des dommages se monte à 117 000 euros de réparations.

Le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, avait alors appelé « au calme et à la dignité », immédiatement soutenu par le Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF) ainsi que le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples) et le Mouvement juif libéral, entre autres.

A l’époque, le président de la République Jacques Chirac et le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy avaient vivement condamné ces attaques. Les suspects ont pourtant échappé à la police durant 11 mois, avant d’être arrêtée le 8 février 2005.









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