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Société

La contestation prend de l’ampleur

Révolte urbaine

Rédigé par La Rédaction | Samedi 5 Novembre 2005

Les émeutes urbaines, loin de baisser d’intensité, continuent d’enflammer la région parisienne. Après les départements du nord de Paris, ce sont les quartiers situés au sud et à l’ouest, dans les départements des Yvelines et des Hauts de Seine, qui à leur tour entrent dans le cycle des affrontements avec les forces de l’ordre. A l’étranger, ce sont les médias qui s’alarment tandis que les ambassades et autres représentations diplomatiques conseillent à leurs ressortissants d’éviter la région parisienne.



Tâche d’huile

Plus de quatre cent voitures et bus brûlés, des dépôts, locaux ou salles de classe incendiées, etc. Huit jours après la mort de Bouna et Zyed, les émeutes dans les banlieues, au lieu de se calmer comme le préconisent les représentants de la communauté, s’intensifient et se propagent peu à peu à toute la région parisienne. Outre le centre d’où est parties la contestation, et après l’embrasement des villes voisines telles Montfermeil, Aulnay-sous-Bois, Bobigny ou Sevran, ce sont les villes de l’ouest et du sud de Paris qui connaissent à leur tour les mêmes affrontements. A Poissy, Les Mureaux, Mantes-la-Jolie ou Trappes, dans les Yvelines, des voitures de police ont été prises à partie et caillassées, faisant trois blessés dans les rangs des forces de l’ordre tandis qu’une quarantaine de jeunes étaient interpellés. Depuis le début des troubles, ce ne sont pas moins de 89 personnes qui ont été appréhendées, dont quelques unes ont déjà comparues devant le tribunal de Bobigny, qui a prononcé des peines allant jusqu’à cinq mois fermes.

Unité gouvernementale de façade

« Je refuse que des bandes organisées fassent la loi dans les banlieues », s’est emporté jeudi le premier ministre Dominique de Villepin, jugeant les événements « inacceptables ». « L’Etat républicain ne cèdera pas. L’ordre et la justice dans notre pays auront le dernier mot » a-t-il poursuivi, tandis que son ministre de l’Intérieur approuvait : « Nous appliquerons la loi afin que la police soit la bienvenue partout sur le territoire de la République française ». Pourtant, c’est le même ministre de l’Intérieur qui, quelques jours plus tôt, nourrissait le feu en traitant les jeunes des banlieues de « racailles ». Mais le temps est venu de dépasser la « querelle politicienne ». Car tout le monde, sarkozystes comme chiraquiens, risquaient d’y laisser des plumes. « Il y a désormais union au sein du gouvernement et au sein des parlementaires », affirmait hier Marie-Jo Zimmermann, députée UMP de Moselle, preuve s’il en est qu’il n’en a pas toujours été ainsi.

« Il n’y a pas eu de course-poursuite »

Sujet polémique, centre des débats et querelles et motif des émeutes, la poursuite ou non des deux adolescents décédés par la police a-t-elle eu lieu ? Selon les résultats d’une enquête administrative menée par les services du ministère de l’Intérieur, Bouna et Zyed n’étaient pas poursuivis par les forces de l’ordre. Au contraire, celles-ci auraient prévenues par radio leurs supérieurs que trois jeunes risquaient l’électrocution.

Par ailleurs, le procureur de la République de Bobigny, François Molins, a ouvert une enquête judiciaire contre X pour « non assistance à personne en danger ». Pourtant, le même procureur affirmait qu’ « il n'y a pas eu, au sens juridique du terme, de relation de causalité entre l'intervention des services de police et le décès des deux jeunes ».





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