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La consultation des musulmans de France: entre espoir et controverses

Rédigé par Dramé Ibrahima | Mercredi 11 Décembre 2002

Lundi soir, le ministre de l’intérieur a annoncé au cours de l’émission 100 minutes pour convaincre que «les trois grandes tendances des musulmans de France» avaient signé un même document pour créer un conseil français du culte musulman. Le texte prévoit que « avant la fin de l'année, on crée les conditions de l'émergence du statut d'un organisme du culte musulman » Une réelle avancée, pour un processus élaboré sous le gouvernement Jospin, d’autant plus que les trois tendances entretiennent des relations très conflictuelles. Cet accord est vu par certains comme la fin du processus qui devrait enfin aboutir sur la représentation de l’Islam. Les autres tendances dénoncent «un pacte à l'arraché» et la mise à l’écart des autres membres de la consultation.



Lundi soir, le ministre de l’intérieur a annoncé au cours de l’émission 100 minutes pour convaincre que «les trois grandes tendances des musulmans de France» avaient signé un même document pour la création du conseil français du culte musulman. Le texte prévoit que « avant la fin de l'année, on créer les conditions de l'émergence du statut d'un organisme du culte musulman » Une réelle avancée, pour un processus entrepris sous le gouvernement Jospin. Cet accord est vu par certains comme la fin du processus qui devrait enfin aboutir sur la représentation des musulmans. Les autres tendances dénoncent «un pacte à l'arraché» et la mise à l’écart des autres membres de la consultation.

 

Impulsion à la consultation.

Le ministre de l’intérieur s’est félicité lundi soir de la signature du même texte par les trois grandes tendances. En prévision à sa prestation remarquée de lundi soir, il a réuni le 7 décembre la mosquée de paris, proche du gouvernement algérien,  la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF), à dominante marocaine, et l'UOIF proche des frères musulmans. Ils ont été chargés de se mettre d’accord et de signer lundi matin un seul et unique texte. Un réel progrès pour la consultation, qui n’a connu presque aucune évolution depuis trois ans. Cette signature intervient dans un contexte où les musulmans ont besoin d’une instance représentative comme elle existe pour les autres religions de france. A l’annonce du début du mois du Ramadan, ce manque s’est fait perceptible, l’annonce du mois de jeûne a été une nouvelle fois annoncée dans un ordre dispersé. Le ministre de l’intérieur a annoncé qu’une instance représentative de « l’Islam de France » serait la meilleure réponse aux « amalgames » entre « islam, islamisme, fondamentalisme, extrémisme, terrorisme et totalitarisme …ce qu'il faut craindre, c'est l'islam dévoyé, l'islam des garages, l'islam des caves, l'islam souterrain, ce n'est pas l'islam au grand jour des mosquées », a-t-il dit.

 

Initiative controversée

Les cinq grandes mosquées régionales qui ont aussi participé à la consultation (Lyon, Marseille, Mantes-la-Jolie, Evry, St-Denis de la Réunion) se sentent mises à l’écart par les mesures de M.Sarkozy. Le recteur de la mosquée de Lyon Kamel Kabtane a dénoncé un accord qui ne leur a pas été dévoilé. « Je suis surpris et étonné » a-t-il déclaré à Reuters. «Ce procédé est inacceptable et j'en appelle au président de la République pour qu'il nous informe de la teneur de cet accord », a-t-il ajouté. Yamin Makri, porte-parole des jeunes musulmans (UJM) a également dénoncé cet accord : « les principes démocratiques et laïques ne doivent pas être trahis. Nous veillerons à cela pour la suite des événements, nous serons vigilants », a-t-il prévenu. Le grand mufti de Marseille a mis en question l’efficacité de cet accord qui a été fait dans la précipitation. Chez nos confrères de Libération il précisait que «  L'Islam de France a plutôt besoin d'un travail pédagogique et d'adaptation plutôt qu'une représentativité hâtive mise en place pour des besoins protocolaires »

 

UOIF  fondamentalisme à la table de la république?

« Nous sommes pour un islam moderne, nous sommes pour une intégration de l’Islam dans l’espace républicain, ceci n’est pas un choix tactique, c’est un choix qui trouve ses fondements dans l’Islam » se défendait hier le secrétaire général de l’UOIF, invité au journal de 20 heure de France 2.

Dans le cadre des affaires de foulard, Fouad Alaoui est ferme : « Nous soutenons et nous continuerons a soutenir les femmes et jeunes filles qui ont décidé de porter librement ce foulard…ce n’est pas par mesure de fondamentalisme ou d’intégrisme mais tout simplement parce que nous tenons que la liberté individuelle, de choix, d’expression religieuse soit garantie à ces filles »

 

Un séminaire rassemblant les différentes tendances sera organisé les 19 et 20 décembre dans le château du ministre de l’intérieur dans l'Essonne. Un lieu de culte sera mis à disposition pour les 5 prières et la prière du vendredi. « Nul ne sait encore, à cette heure, quel imam – et de quelle tendance – présidera la prière et prononcera le prône du vendredi... »

 

 





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