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Monde

La charia adoptée à Brunei provoque des appels au boycott

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Jeudi 15 Mai 2014



Le sultan de Brunei
Le sultan de Brunei
Des personnalités appellent à boycotter les hôtels de luxe détenus par le sultanat de Brunei un peu partout dans le monde en raison de l’instauration progressive, depuis le mois de mai, de la charia dans le sultanat. L'annonce de l'adoption de ce système normatif découlant du droit musulman (qui ne se réduit pas qu'aux châtiments corporels) a suscité des réactions révoltées de grosses fortunes du monde occidental. Dernière en date à avoir rejoint le front des « indignés », le 9 mai : François-Henri Pinault, le PDG du groupe de luxe Kering (anciennement Pinault-Printemps-Redoute) qui détient Gucci, Yves Saint Laurent, Balenciaga, Puma et bien d'autres.

Egalement président de la fondation Kering for Women, le mari de Salma Hayak a déclaré via Twitter : « En tant que Président de @KeringForWomen qui a pour mission de combattre les violences faites aux femmes, je condamne fermement la décision du Sultan de Brunei et boycotte ses hôtels. »

Les hôtels en question, ceux de la chaîne Dorchester Collection, comprennent les Dorchester de Londres et de Beverly Hills, et, à Paris, le Plaza Athénée et le Meurice. Le groupe, qui gère une dizaine d’hôtels dans le monde, appartient à l'Agence d'investissement de Brunei, un fonds souverain contrôlé par le ministère des Finances de Brunei.

L'animatrice de télévision américaine Ellen DeGeneres, le comédien britannique Stephen Fry ou encore Richard Branson, le PDG de Vrigin, ont fait savoir qu'ils ne mettraient plus les pieds dans les hôtels en question. De son côté, Christopher Cowdray, PDG de la Dorchester Collection, estime que ce boycott est « injuste » : « Cela va affecter nos employés, et ça n'a rien à voir avec eux. Ce n'est pas leur combat. Nous n'avons rien fait de mal. »

Une charia qui s'étend au droit pénal

Le puissant sultan Hassanal Bolkiah, un des hommes les plus riches du monde grâce aux ressources pétrolières du territoire, a annoncé en octobre 2013 l'entrée en vigueur progressive de la loi islamique sur son territoire. La décision a été réaffirmée fin avril.

Jusque là, la charia était appliquée uniquement dans le cadre d'affaires familiales. Elle sera cette fois étendue aux affaires pénales et prévoient ainsi d'ici trois ans des peines d'amputation de membres pour les voleurs, de flagellation pour la consommation d'alcool ou l'avortement, ou encore des peines de mort pour condamner l'adultère, l'avortement et l'homosexualité.

Seuls les musulmans, qui constituent les deux-tiers des 420 000 habitants de Brunei, sont en principe concernés par cette législation. Le sultanat n'est pas le seul Etat d'Asie du Sud-Est à voir appliquer la charia. Ses voisins l'appliquent dans une certaine mesure pour régler les affaires relatives au droit familial ou foncier. La province d’Aceh, en Indonésie, est allée plus loin en appliquant la charia pour tous et dans toutes les sphères.

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