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La Sécu dans le rouge

Rédigé par Lamine C. | Vendredi 26 Septembre 2003

Stabiliser le déficit de l'assurance maladie en 2004 presque au niveau de celui de 2003 : tel est l'objectif que s'est assigné le ministre de la santé, Jean-François Mattei, qui a présenté mardi 23 septembre une série de mesures d'accroissement des recettes et d'économies pour contenir le trou abyssal de la Sécu.



Stabiliser le déficit de l'assurance maladie en 2004 presque au niveau de celui de 2003 : tel est l'objectif que s'est assigné le ministre de la santé, Jean-François Mattei, qui a présenté mardi 23 septembre une série de mesures d'accroissement des recettes et d'économies pour contenir le trou abyssal de la Sécu.

Des chiffres alarmants
Face au déficit ' abyssal ' des comptes de la Sécu, le gouvernement voudrait 'rééquilibrer l'ensemble de la Sécurité sociale à l'horizon de la législature', a rappelé le ministre de la santé Jean-François Mattei. Néanmoins, ce trou du régime général (maladie, accidents du travail, vieillesse, famille), qui avoisinait les 3,5 milliards d'euros en 2002, devrait s'établir à 8,9 milliards en 2003, et culminer à 13,6 milliards en 2004, soit 11,8 milliards d'euros en tenant compte des mesures proposées mardi pour stabiliser ce déficit.
Cette décrépitude du système, a commenté mardi le ministre de la Santé, résulte d'un 'effet de ciseau', entre des recettes 'qui croissent très faiblement en raison du fait du ralentissement économique européen' et 'la vivacité de la croissance des dépenses de l'assurance maladie'. Ainsi, les dépenses de santé augmentent plus vite que les recettes permettant de les financer : le déficit, dans l’état des choses, est inévitable.
Cette dérive se concentre sur la seule branche d'assurance-maladie (- 10,6 milliards d'euros). Selon le rapporteur de la Cour des comptes François Monier, cette branche est dans une situation ' critique ' car, même ' une évolution normale des recettes ' ne suffirait pas à contenir l'emballement des dépenses d'assurance maladie, qui ont augmenté de 7,2 % en 2002 et de 6,4 % en 2003.
L'importance des déficits et le rythme auquel ils se creusent créent des risques importants : celui d'une dérive financière et d'une perte durable de la maîtrise du système ; celui aussi d'être contraint, si d'autres solutions n'étaient pas rapidement mises en œuvre, à des hausses de prélèvements qui seraient d'autant plus massives qu'elles seraient différées ', avertit François Monier, qui en appelle à des 'actions structurelles'. Les réformes deviennent indispensables.

Des mesures superficielles
Déniant se heurter de front aux lobbies les plus influents, Jean-François Mattei est restreint à rogner quelques dépenses ou grappiller des recettes en attendant une réforme de fond, repoussée d'un an.
Le gouvernement prévoit ainsi 1 milliard d'euros de recettes nouvelles, supportées par les Français. La hausse du tabac, applicable dès le 20 octobre, devrait rapporter 800 millions d'euros en 2004 et sera intégralement affectée à la Sécurité sociale. Pour atteindre ce chiffre, une nouvelle augmentation des cigarettes sera nécessaire, la baisse de la consommation ayant été plus forte que prévue.
Mais les malades, eux aussi, ' régaleront '. Ainsi, le forfait hospitalier passera de 10,67 à 13 euros par jour, ' sauf pour les séjours psychiatriques ', a annoncé M. Mattei. Quant à l'homéopathie prise en charge par la Sécu, elle ne sera plus remboursée qu'à 35 %, contre 65 % actuellement. Enfin, le ministre de la santé convoite de développer tout ce qui incite les 'bonnes pratiques' médicales telle la campagne sur le bon usage des antibiotiques.

Côté entreprise, le ministre a annoncé une hausse de la taxe sur la publicité pharmaceutique qui devrait générer 150 millions d'euros de recettes supplémentaires en année pleine.

L’optimisme de Mr Raffarin
Identifiant ' la période de croissance plus faible ' comme la ' principale cause de la détérioration des comptes ', Jean-François Mattei a réaffirmé que l'objectif du gouvernement est de ' rééquilibrer l'ensemble de la Sécurité sociale à l'horizon de la législature ', ce qui demandera selon lui un ' effort significatif pour les assurés, cotisants et professionnels de santé '. S'il veut, comme il l'expliquait dimanche, 'ramener à l'équilibre la Sécurité sociale en 2007', le Premier ministre a du pain sur la planche.

 





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