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La France passera l’hiver sous l'Etat d’exception

| Mercredi 16 Novembre 2005

346 voix pour. 148 contre. Le projet de loi prolongeant l’état d’urgence de trois mois a été adopté hier à l’assemblée nationale par les députés. Pourtant, dans le même temps, la Direction générale de la police nationale parlait de « retour à une situation quasi normale » dans les banlieues. En effet, après vingt jours d’émeutes, le calme revient et s’installe à nouveau partout. Place maintenant l’action afin que ce cri d’alarme ne reste pas sans suite.



Etat d’exception

La France est entrée, depuis hier, de plein pied dans une période d’exception qui doit durer jusqu’au mois de février. Par 346 voix pour, celles de députés de l’UMP et de l’UDF, et 148 votes contre, celles de députés PS et PCF, le projet de loi défendu par Nicolas Sarkozy et prolongeant l’état d’urgence de trois mois a été approuvé. Seul au PS, Manuel Valls s’est détaché de l’orientation de son groupe et a voté pour.

« La situation reste difficile dans un grand nombre de quartiers » note le premier ministre Dominique de Villepin. En visite discrète le matin même à Aulnay-sous-Bois, il précise que « tous ceux qui enfreignent les règles doivent être sanctionnés » tandis que les jeunes désireux de « s'en sortir, réaliser leurs projets, trouver un emploi » doivent être soutenus. Nicolas Sarkozy quant à lui, défendant son projet, s’insurge : « l'état d'esprit qui a trop longtemps prévalu dans notre pays : celui de la passivité et de l'impunité ! ». « Pyromane ! », lui lancera un député PCF.

Calme

163 véhicules incendiés, une cinquantaine de personnes interpellées, tel est le bilan de cette vingtième nuit de violence. Le calme semble donc revenir peu à peu dans les banlieues. Pourtant, la menace de l’expulsion du territoire français pèse toujours sur dix personnes interpellées. L'article L521 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile le permet en effet en cas de «menace grave pour l'ordre public». Avec cependant des restrictions concernant les mineurs ou encore l’ancienneté sur le territoire (résident depuis avant l’âge de 13 ans). « Tous ceux qui pourront être expulsés dans le cadre de la loi le seront parce qu'ils ont participé à des émeutes » avait martelé Nicolas Sarkozy, en faisant une question de principe » et non « de chiffres ». « La loi assure des protections. Nous nous engagerons à les faire appliquer à la lettre » a déclaré Me Stéphane Maugendre, avocat et président du Groupe d'information et de soutien des immigrés (GISTI), en réponse aux propos du ministre de l’Intérieur.





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