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La Commission Baker remet son rapport

| Jeudi 7 Décembre 2006

Retrait d'Irak de l'essentiel des troupes de combat américaines en 2008, discussions directes avec l’Iran et la Syrie, telles sont les recommandations publiées dans le rapport de la commission Baker remis mercredi au Président américain George W. Bush. Pour M. Baker, il n'y a pas "de formule magique" pour résoudre la crise en Irak.



Le Président américain, George W. Bush
Le Président américain, George W. Bush

La situation en Irak se détériore

Fruit d'un travail de huit mois de dix républicains et démocrates, la commission indépendante américaine a remis mercredi à George W. Bush un rapport sur la situation en Irak.

La Commission Baker coprésidée par l'ancien secrétaire d'Etat James Baker estime que la situation en Irak "se détériore" et préconise de menacer le gouvernement irakien pour qu'il améliore la sécurité dans le pays.

Malgré l'impatience de l'opinion publique américaine, la commission indépendante, ne recommande pas de calendrier précis de retrait graduel des troupes américaines, mais se contente de fixer un objectif.

"D'ici le premier trimestre 2008, en liaison avec la situation sécuritaire sur le terrain, toutes les brigades de combat qui ne sont pas nécessaires pourraient être retirées d'Irak", affirme le rapport remis au président George W. Bush, qui a promis de l'étudier "très sérieusement". Selon ce document qui contient 79 recommandations, "la mission principale des forces armées américaines en Irak devrait évoluer vers un soutien apporté à l'armée irakienne, qui devrait prendre en charge les opérations de combat".

Il n’y a pas de formule magique

La Maison Blanche a insisté mercredi sur le fait que le rapport ne préconisait "pas de calendrier" de retrait. "Il n'y a pas de recommandation d'un retrait immédiat, mais en revanche on (nous) recommande d'accélérer autant que possible" le nombre de soldats américains intégrés dans les unités irakiennes pour les former, a souligné le porte-parole de la Maison Blanche, Tony Snow.

Selon la commission Baker, le nombre de ces instructeurs américains pourrait atteindre 10.000 à 20.000 militaires contre 3.000 à 4.000 actuellement sans que cela implique une augmentation du contingent américain en Irak. Le rapport, qui n'a qu'un caractère consultatif, recommande aussi au président Bush de menacer le gouvernement irakien de perdre le soutien "politique, militaire et économique" des Etats-Unis, s'il ne fait pas des progrès substantiels en terme de sécurité et de réconciliation nationale.

Lors d'une conférence de presse, M. Baker a estimé qu'il n'y avait pas "de formule magique" pour résoudre la crise en Irak.

Des discussions directes avec Téhéran et Damas

"Un glissement vers le chaos pourrait entraîner l'effondrement du gouvernement irakien et une catastrophe humanitaire. Les pays voisins pourraient intervenir", selon le rapport. "Des affrontements entre sunnites et chiites pourraient se propager et Al-Qaïda pourrait remporter une victoire de propagande et élargir sa base d'opérations", prévient la commission.

Au niveau régional, elle préconise une offensive diplomatique et surtout des discussions directes avec Téhéran et Damas "pour essayer d'obtenir leur engagement à mener des politiques constructives à l'égard de l'Irak et d'autres problèmes régionaux". Elle recommande des mesures "incitatives" et "dissuasives".

La commission estime également que la situation en Irak ne pourra pas s'améliorer si les Etats-Unis "ne s'occupent pas directement du conflit israélo-palestinien et de l'instabilité régionale". "Il doit y avoir un engagement renouvelé et permanent des Etats-unis envers une solution globale de paix" au Proche-Orient, affirme le rapport. "Cet engagement doit comprendre des discussions directes avec et entre Israël, le Liban, les Palestiniens --ceux qui acceptent le droit à l'existence d'Israël-- et la Syrie".





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