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'L'islam n'est pas un mur entre nous et les autres'

Entretien avec le cheikh Khaled Bentounès

Rédigé par Propos reccueillis par Assmaâ Rakho Mom | Lundi 2 Juillet 2007

Du samedi 12 mai au dimanche 1er juillet 2007, un bus estampillé "Flamme de l'espoir" célébrant le centenaire du scoutisme français et transportant la flamme olympique symbole d'espoir a circulé dans toute la France, faisant halte dans plusieurs grandes villes pour des conférences et autres animations sur des thèmes différents à chaque station. Organisée par les scouts musulmans de France, l'événement "La Flamme de l'espoir" a, à chaque fois, rencontré un franc succès sur son passage, se voyant célébrée à la fois par les institutionnels et par les populations des villes traversées.



Une vue sur les stands de l'événement
Une vue sur les stands de l'événement
Dimanche 1er juillet, 10 heures, sur la place de la mairie de Paris : tandis qu'au même moment l'horloge de la mairie indique l'heure à coups sourds, les chants de la chorale des scouts musulmans de France résonnent hauts dans le ciel, attirants badauds et touristes qui se promènent non loin de là dans les allées du jardin éphémère installé sur le parvis de la mairie de Paris.

L'après-midi, c'est au Parc de La Villette qu'ont lieu les festivités qui clôtureront ce tour de France de la Flamme de l'espoir. Stands consacrés à divers associations et fédérations internationales de scouts, bar et autres animations ont attiré un public varié fait à la fois d'habitués et de curieux passés par là par hasard.

A cette occasion, Saphirnews a rencontré le fondateur et président d'honneur des scouts musulmans de France afin de faire un bilan de cette tournée de la Flamme de l'espoir.

Cheikh Khaled Bentounès
Cheikh Khaled Bentounès

Saphirnews.com : Comment s’est déroulé ce tour de France ?

Cheikh Khaled Bentounès : Je rends grâce à Dieu ! La flamme de l’espoir a fait 11 000 kilomètres, elle a touché 20 000 personnes, elle a été reçue partout, dans toutes les grandes villes de France : Bordeaux, où elle a commencé le 12 et le 13 juin derniers, Toulouse, Marseille, Cannes, Nice, Lyon, Chalons, Grenoble, Saint-Memmie, Reims, Strasbourg, Roubaix, etc. Elle a été reçue à la fois par les musulmans, mais aussi par les autres, parce qu’il y a des chrétiens aussi qui nous ont reçus dans leurs églises, des juifs qui nous ont reçus dans leurs synagogues, toutes les mairies de France ont ouvert leurs portes. Et pour la dernière, la mairie de Paris pour la première fois ouverte un dimanche pour les scouts musulmans de France ! C’est quand même un rendez-vous avec l’Histoire ! Si l’on ne se réveille pas, alors je ne sais pas ce qu’il faut faire ! L’islam n’est pas un mur entre nous et les autres, c’est un trait d’union entre nous et l’humanité toute entière.

La flamme olympique, symbole de l'espoir
La flamme olympique, symbole de l'espoir

Un moment en particulier durant ce tour de France vous a-t-il marqué ?

C. K. B. : Oui ! Un moment où j’ai vu des enfants pleurer parce qu’ils étaient sur le podium à Cannes, en haut des marches que foulent les artistes au moment du festival de Cannes. Et j’ai vu des larmes couler de leurs yeux, parce que c’est pour eux une réhabilitation. Ils n’avaient même pas osé en rêver ! Et là, ils sont reçus et mitraillés par la presse internationale qui était là, des Chinois, des Japonais, des Américains, des Anglais, etc. Eux-mêmes étaient étonnés parce qu’ils n’avaient jamais vu un tel spectacle.

Outre Saphirnews, la presse a-t-elle répondu présent à ce rendez-vous ?

C. K. B. : Oui bien sûr ! D’abord la presse nationale, qui a joué le jeu formidablement bien. Pour la presse internationale, plusieurs télévision étrangères ont fait le déplacement : marocaine, algérienne, Al Jazeera, et j’en oublie. Il y a une large couverture. Mais, je le regrette mais il faut que je le dise, les chaînes TF1 et France 2 étaient programmées et au dernier moment ça a été déprogrammé. Je ne comprends pas pourquoi. Je me dis peut-être qu’on n’a pas envie de donner une autre image de l’islam que l’islam intégriste.

Et pour les institutionnels (mairies, etc.) quel a été leur accueil ?

C. K. B. : Ils ont joué le jeu à fond. Ca a été superbe. A Cannes, cela a été formidable, parce qu’on a permis au bus de la flamme de l’espoir de traverser la croisette, alors qu’en temps normal aucun véhicule ne passe. C’est le seul bus qui est passé, celui de la flamme de l’espoir. Le maire a été très accueillant, et la flamme est sortie de la mairie accompagnée de chants jusqu’au palais du festival. Les maires de Chalons ou de Roubaix ont aussi été formidables. Bon, à Marseille, c’était un peu moins mais c’était la population des quartiers qui nous a soutenus.

Le bus de l'opération
Le bus de l'opération

Comment voyez-vous l’avenir pour la jeunesse, en France en particulier ?

C. K. B. : L’avenir on le construit. Je suis un homme pragmatique. Pour moi, l’avenir c’est le présent. Si on ne construit pas, si on n’enseigne pas, si on ne prépare pas nos filles et nos garçons à affronter l’avenir, alors il sera pire. Pas seulement pour la communauté musulmane, mais pour tous les jeunes du monde. Parce que déjà nous sortons d’un siècle de guerres, et nous préparons d’autres guerres. Quel jeune, quand il voit cette situation, quand on lui parle de la pollution, de la mondialisation dans son sens le plus négatif, comment voulez-vous qu’il ait de l’espérance dans l’avenir ? Tout est donc à construire mais avec les autres et pas contre les autres.

Et pourquoi avoir choisi le site de La Villette pour le dernier jour de ce tout de France ?

C. K. B. : C’est La Villette qui nous a choisi ! Car il faut dire que la direction de La Villette, ce sont des amis. Donc là aussi l’amitié joue un rôle, et le site de La Villette est un site formidable.





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