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Economie

L'immigration sélective

Rédigé par Bouchene Salem | Jeudi 23 Octobre 2003

Contrairement aux idées reçues, malgré le taux de chômage important (9,6%) les difficultés de recrutement restent persistantes dans certains secteurs d’activités. Dans ce contexte, faire appel à la main d’œuvre étrangère peut être une solution. Aussi, cette question a été débattue lors de la seconde table ronde sur l’emploi qui s’est tenue ce mardi 21octobre. Plusieurs idées ont été développées et parmi celles-ci certaines n’excluent pas de mettre en place une politique d’immigration sélective.



Contrairement aux idées reçues, malgré le taux de chômage important (9,6%) les difficultés de recrutement restent persistantes dans certains secteurs d’activités. Dans ce contexte, faire appel à la main d’œuvre étrangère peut être une solution. Aussi, cette question a été débattue lors de la  seconde table ronde sur l’emploi qui s’est tenue ce mardi 21octobre. Plusieurs idées ont été développées et parmi celles-ci certaines n’excluent pas de mettre en place une politique d’immigration sélective.

 

Dans les années 60, le manque de main d’œuvre avait permis l’entrée de plus de 200 000 travailleurs immigrés par an. C’est la crise des années 70 et le début du chômage de masse qui ont conduit à freiner l’entrée de travailleurs étrangers et à mettre en place la politique de fermeture des frontières en 1974.

On est bien loin des pénuries de main d’œuvre des années 60 ou encore plus récemment de la période euphorique 1998-2001, mais François Fillon organisait ce mardi 21 octobre une table ronde sur les 300 000 emplois disponibles dans le bâtiment, la restauration et les services aux personnes âgées et qui ne trouvent pas preneurs.

Malgré la hausse du chômage et la conjoncture déprimée, les difficultés de recrutement n’ont pas disparu. C’est ce qui explique l’émergence de débat sur la scène européenne portant sur la  politique d’immigration économique.

 

Fillon hostile à une politique de quotas

Beaucoup de pays européens connaissent des difficultés de recrutement dans certains secteurs d’activité, ce qui posent donc la question du recours à l’immigration sélective. Dans cette perspective, la présidence italienne à proposer de mettre en place une politique de quotas qui serait définie à l’échelle communautaire. Mais les pays européens sont très divisés sur la question. Ainsi, la France, par la voie de son ministre des affaires sociales, tranche en défaveur des quotas, aussi bien par profession que par nationalité. Même les difficultés de recrutement actuelles ne permettront donc pas d’envisager la remise en cause de la politique de fermeture des frontières de 1974.

Le gouvernement explique son hostilité à la politique des quotas par l’existence d’un taux de chômage très élevé et par le remplacement des départs à la retraite assuré par l’arrivé des immigrés (regroupement familial et étudiants étrangers).

Selon le cabinet du ministre, 'en plus d’être dangereuse, la politique des quotas est très difficile car il est quasiment impossible de prévoir les besoins 5 à 10 ans à l’avance'. C’est pourquoi le ministre des affaires sociales veut insister sur la formation professionnelle afin de 'fluidifier le marché du travail'.

 

Les élus de plus en plus tentés par l’immigration sélective

Cependant, en pratique les frontières sont loin d’être fermées puisque certaines dérogations ont été accordées. Ainsi, pendant la période Internet de la fin des années 90 on a largement fait appel à des informaticiens étrangers assurer les besoins, pareillement en 2001 lorsque les hôpitaux français manquaient d’infirmières.

Pour réguler ce type de migration, François Fillon  fait appel à un critère : l’existence ou non de tension sur les salaires. Quand ces derniers flambent à cause du manque de main d’œuvre, alors des dérogations ponctuelles sont envisageables pour faciliter la délivrance de titres de séjour et de travail.

 

Mais  tous les représentants de la droite n’argumentent pas dans le sens de M. Fillon. Ainsi Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieure, est favorable à la mise en place de quotas en fonction des besoins de main d’œuvre. A l’UDF, le sénateur Jean Arthuis évoque lui aussi 'une politique de quotas intégrant des niveaux de qualification'

 

La mise en place d’une telle politique pose néanmoins quelques questions. D’une part, il ne faudrait pas que les pays développés jonglent entre les besoins de main d’œuvre et leur peur d’un afflux massif d’immigrés par le biais la variable de l’immigration sélective. Ainsi pour Gérard Chemouil, responsable des questions sur l’immigration à la CFDT, 'les quotas ne doivent pas se traduire par des assignations à professions où l’on dirait à un informaticien indien : si vous voulez changer de métier, il faut quitter le pays !'.

D’autre part, cette question pose le problème de la fuite des cerveaux des pays en voie de développement. En effet, en attirant les travailleurs les plus qualifiés de ces pays on ne peut pas dire qu’on contribue à leur développement. Il apparaît donc nécessaire de prendre en compte l’intérêt de ces pays.

 





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