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L'expulsion de deux enfants provoque des réactions

| Jeudi 8 Juin 2006

Alors que le ministre de l'Intérieur annonçait mardi un geste en faveur de 720 familles sans papiers, des policiers en civil pénétraient dans une école maternelle du Mans pour emmener deux enfants. Ils ont ensuite été expulsés vers la Norvège avec leur mère.



Des policiers à la maternelle

Mardi matin, des policiers en civil sont venus chercher dans une école maternelle du Mans deux jeunes enfants turcs dont la mère fait l'objet d'une procédure de retour en Norvège où elle a déposé une demande d'asile. La famille était arrivée en mars dernier dans la Sarthe. Des vérifications ont fait apparaître que la mère de famille avait déjà fait une première demande d'asile en Norvège. Or, conformément au traité de Dublin, toute demande est traitée par le premier pays d'admission dans l'Union européenne. La préfecture a alors saisi les autorités norvégiennes pour solliciter la reprise en charge de la famille, ce qu'Oslo a accepté, selon la préfecture. La mère avait été informée la semaine dernière qu'elle serait réadmise en Norvège prochainement avec ses deux enfants, âgés de trois ans et demi et six ans.
Deux membres en civil de la Brigade des mineurs se sont rendus mardi matin dans l'école maternelle où étaient scolarisés les enfants. Sur place, c'est une institutrice qui a récupéré les deux frères dans leur classe.

Assemblée nationale
Assemblée nationale

Démarche de honte

Les deux enfants du Mans ont été par la suite expulsés vers la Norvège en compagnie de leur mère, une mesure qualifiée de "démarche de honte" par la FCPE, première fédération de parents d'élèves. La Ligue des droits de l'homme a également dénoncé l'arrestation des enfants du Mans, "sortis du lit à 3 heures du matin pour être soustraits aux regards et à la solidarité de leurs proches". "Vous avez déclaré, et je vous cite, qu'il serait 'très cruel de reconduire de force un enfant étranger'", a lancé Jean-Paul Bacquet lors de la séance des questions d'actualité à l'Assemblée nationale. "Face à cette nouvelle contradiction entre votre parole et les faits, vous comprendrez que l'on soit troublé et que l'on puisse s'interroger sur votre sincérité", a ajouté l'élu PS à l'adresse du ministre de l'Intérieur. Le député PS Jean-Paul Bacquet lui a reproché d'avoir laissé des policiers faire irruption dans une école maternelle du Mans (Sarthe) au moment où il annonçait mardi un geste envers plusieurs centaines d'enfants de sans-papiers.


Convention européenne de Dublin

En effet, cette opération intervient alors que le ministère de l’Intérieur annonçait mardi un geste humanitaire en faveur de plusieurs centaines d'enfants d'immigrés sans-papiers et menacés d'expulsion. "Lorsqu'un enfant étranger est né en France ou qu'il y est arrivé en très bas âge, qu'il est scolarisé en France, qu'il ne parle pas la langue de son pays d'origine, qu'il n'a aucun lien avec ce pays, il serait très cruel de l'y reconduire de force", avait déclaré le ministre de l'Intérieur lors de la présentation de son projet de loi sur l'immigration au Sénat. "Les attaches de cet enfant sont en France et son départ serait vécu comme une véritable expatriation, un déracinement".

S'interrogeant sur la "compétence" de ses contradicteurs, Nicolas Sarkozy leur a répondu que ses services n'avaient fait "qu'appliquer strictement" la convention européenne de Dublin. Celle-ci "prévoit que lorsqu'un étranger dépose une demande d'asile politique, cette demande doit être instruite dans le pays où il l'avait déposée" - la Norvège dans le cas de cette famille. "Après que Mme Royal ne m'ait pas trouvé assez ferme, voilà que vous ne me trouvez pas assez humain. Décidément, il est dur de suivre le Parti socialiste", a lancé le ministre à l'adresse de Jean-Paul Bacquet.





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