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Monde

L'étiquetage des produits des colonies d’Israël, une mesure insuffisante

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Jeudi 12 Novembre 2015



L'étiquetage des produits des colonies d’Israël, une mesure insuffisante
L’Union européenne a adopté, mercredi 11 novembre, la mise en œuvre de l’étiquetage des produits issus des colonies israéliennes dans les Territoires occupés palestiniens, illégales sur le plan du droit international.

Jusque-là, ces produits portaient la mention « fabriqués en Israël ». En adoptant une « notice interprétative sur l’indication d’origine des produits des territoires occupés par Israël depuis juin 1967 », la Commission européenne appelle les distributeurs des pays membres à intégrer la mention « colonie » dans l’étiquette, comme le font déjà la Grande-Bretagne, le Danemark et la Belgique.

En colère, Israël compare l'incomparable

La décision a fait enrager les autorités israéliennes, qui sont allées jusqu'à comparer un tel étiquetage à l'étoile jaune que les juifs portaient lors de la Seconde Guerre mondiale... « Nous regrettons que l'UE ait choisi, pour des raisons politiques, d'adopter une mesure aussi exceptionnelle et discriminatoire, inspirée par le mouvement du boycott », a réagi le ministère israélien des Affaires étrangères.

Israël, qui craint un renforcement de la campagne BDS à son encontre, a choisi de « suspendre son dialogue diplomatique avec l'UE au sein de plusieurs forums » programmés ces prochaines semaines. « Alors qu’il y a des centaines de conflits territoriaux à travers le monde, (l’UE) a décidé de s’en prendre seulement à Israël, alors qu’Israël combat le dos au mur contre une vague de terrorisme », a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Il a aussi évoqué le passé nazi d'une Europe qui « devrait avoir honte ».

Une mesure insuffisante contre la colonisation

La notice, qui n'a rien d'une nouvelle législation, est discutée depuis plusieurs années au sein des instances européennes. Cependant, la portée de cette mesure reste à relativiser. L’UE en parle d’ailleurs avant tout comme d’une mesure « technique » et non d'une décision politique qui irait dans le sens d'un appel au boycott. Les produits visés affectent « moins de 1% » du total des échanges commerciaux entre l'UE et Israël. Une goutte d'eau qui ne devrait pas ébranler l'économie israélienne de si tôt.

Des associations, qui plaident pour la transparence auprès des consommateurs, ont tout de même salué une avancée. « Nos organisations ainsi que de nombreuses organisations et personnalités palestiniennes et israéliennes, saluent un engagement plus fort et plus concret de l’Union européenne et appellent à des mesures supplémentaires pour assurer la différenciation entre Israël dans ses frontières de 1967 et les Territoires occupés », a signifié la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, qui estime que 230 millions d’euros de produits des colonies sont importés en Europe chaque année. Elle appelle en parallèle le gouvernement français à l’interdiction pure et simple des produits des colonies puisqu'ils sont jugés illégaux. « Le commerce avec les colonies israéliennes, alors que des violations conséquentes sont commises en Cisjordanie, ne fait que renforcer leur viabilité en contradiction avec la politique de l’UE », a-t-elle indiqué.

Du côté de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), l’étiquetage est jugé comme une action positive mais « insuffisante ». « Les produits issus d'un crime de guerre doivent être interdits, pas seulement étiquetés », a-t-elle fait savoir. L'interdiction d'entrée de ces produits en France et en Europe n'est pas à l'ordre du jour, la suspension des relations avec Israël non plus ; des mesures politiques plus efficaces face au déni du droit et à la persistance de l'occupation et de la colonisation israéliennes.





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