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Economie

L'économie a besoin de l'immigration

Rédigé par OURABAH Sofiane | Samedi 23 Novembre 2002

Nous devons penser à demain, il est incontestable: l’économie a besoin des immigrés. En effet, la France devra ouvrir ses frontières pour remplacer les salariés partant à la retraite, c'est ce qu'a confirmé hier, le Commissariat général du Plan, un organe chargé de conseiller le gouvernement. Cette anticipation montre le risque du manque de main-d’œuvre dans les années à venir, d'où le besoin d'une jeunesse qui puisse sauver l'économie de notre vieux continent.
Dans un rapport publié mardi 19 novembre, il rappelle que le taux de fécondité reste plus élevé en France que dans le reste de l’Europe.



Nous devons penser à demain, il est incontestable: l’économie a besoin des immigrés. En effet, la France devra ouvrir ses frontières pour remplacer les salariés partant à la retraite, c'est ce qu'a confirmé hier, le Commissariat général du Plan, un organe chargé de conseiller le gouvernement. Cette anticipation montre le risque du manque de main-d’œuvre dans les années à venir, d'où le besoin d'une jeunesse qui puisse sauver l'économie de notre vieux continent.
Dans un rapport publié mardi 19 novembre, il rappelle que le taux de fécondité reste plus élevé en France que dans le reste de l’Europe.

Pourquoi l'économie a t'elle besoin d'immigrés?
Tant qu’il y aura de la misère, il y aura de l’immigration. Heureusement pour notre Vieux Continent au besoin de main-d’œuvre. Il faut la « matière » nécessaire pour compenser le vieillissement de la population européenne.
Les auteurs du rapport suggèrent donc de se contenter d’entrouvrir les frontières. Ils conseillent l'entrée dans le vieux continent d’environ 120000 travailleurs immigrants par an, au lieu des 100000 actuellement (1), plus particulièrement en développant le recrutement d’étrangers qualifiés dans les secteurs en manque de main-d’œuvre, comme le fait l’Allemagne.

Mais la réticence politique persiste.
Encore faut-il avoir le courage politique de le reconnaître. Dans toute l’Europe retentissent des bruits de portes qui se ferment. Le continent, nous dit-on, est assiégé. La mondialisation était censée tous nous enrichir en faisant tomber les frontières nationales. Mais la réalité n’est pas si simple. On peut se réjouir de voir les biens et les capitaux submerger le monde sans tenir compte des frontières géographiques, ethniques et politiques. Mais certainement pas pour les personnes! C'est une mondialisation « sélective ». Certains politiciens ne veulent guère laisser l’immigration troubler l’ordre social des pays les plus prospères d’Europe.
Cependant, les avis sont divergents.
Tony Blair, pour des questions de politique politicienne totalement dépourvues de motivations rationnelles, souhaite que ses partenaires de l’Union européenne (UE) suivent la même voie que lui. Il a ainsi déclaré à son homologue espagnol, José María Aznar, que l’immigration clandestine devrait être prioritaire dans l’ordre du jour du prochain sommet européen, le 21 juin à Séville. De plus, le budget d’aide au développement devrait servir d’arme aux pays de l’UE pour faire respecter leurs décisions.
A entendre Blair et ses semblables, on pourrait croire que l’Europe occidentale est envahie. En réalité, le chiffre officiel des demandeurs d’asile admis dans l’UE a baissé de moitié au cours de la dernière décennie. Leur nombre ne représente que 0,1 % de la population (2). En outre, ce sont eux qui accomplissent les sales boulots mal payés dont les autochtones et certaines classes sociales ne veulent plus. Il est bien évident que des flux massifs d’immigrants peuvent provoquer désorganisation sociale et tensions ethniques dans les pays d’accueil. C’est pourquoi le processus doit être contrôlé. Néanmoins on ne pourra pas éviter des problèmes pendant la période de transition. Ce qui manque à ces hommes politiques, c’est le courage de dire la vérité. Tant que les pays situés à la périphérie de l’Europe, notamment les pays de l'est et les pays maghrébins, seront en proie au chaos et à la pauvreté, leurs citoyens chercheront à partir.
Certains sont plus indulgents sur la question. C'est le cas d’Antonio Vitorin, commissaire européen à la justice et aux affaires intérieures, pour qui nous avons besoin de plus d’étrangers. Il déclare : « Le moment est venu de reconnaître le besoin d’une immigration légale ». Certains pays de l’Union ont déjà ouvert leurs portes à une main d’œuvre qualifiée tels que les médecins, infirmières ou informaticiens. Concernant  les emplois peu qualifiés (bâtiment, agriculture), les sans-papiers ou clandestins sont nombreux aux côtés des immigrés régularisés. L’ONU chiffre à 44 millions le nombre d’immigrés dont aura besoin l’Europe d’ici 2050 pour assurer le financement de ses retraites et maintenir son taux de croissance économique...
N’oublions donc pas que la population riche, mais vieillissante d’Europe, a besoin d’immigrants jeunes et enthousiastes pour générer la croissance économique de demain.

 


(1) 20 minutes (20/11/2002)

(2) 'Financial Times'





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