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L’école antifoulard s’en prend à la soutane

Rédigé par Bamba Amara | Vendredi 8 Octobre 2004

La loi antifoulard se fait anti-soutane. Depuis le début de l’année scolaire, cinq aumôniers de la région du Var sont interdits d’accès à leurs établissements scolaires. Selon Mgr Dominique Rey, évêque du diocèse, «Ces décisions sont prises de manière unilatérale et sans la moindre concertation avec les responsables d'aumôneries. » Depuis trente ans, ces aumôneries existent sans le moindre problème. Elles sont actuellement présentes dans une cinquantaine établissements de la région. Les aumôniers sont officiellement nommés par le recteur d’Académie en personne.



La loi antifoulard se fait anti-soutane. Depuis le début de l’année scolaire, cinq aumôniers de la région du Var sont interdits d’accès à leurs établissements scolaires. Selon Mgr Dominique Rey, évêque du diocèse, 'Ces décisions sont prises de manière unilatérale et sans la moindre concertation avec les responsables d'aumôneries. ' Depuis trente ans, ces aumôneries existent sans le moindre problème. Elles sont actuellement présentes dans une cinquantaine établissements de la région. Les aumôniers sont officiellement nommés par le recteur d’Académie en personne.

La loi antifoulard éclabousse la soutane

L’abbé Galland exerce comme aumônier catholique de l’enseignement public au lycée Dumont d’Urville de Toulon. Mais ce mardi, le proviseur du lycée Dumont d'Urville lui a interdit l’accès à son établissement. Pour justifier sa décision, le proviseur se garde d’évoquer la loi antifoulard. Il évoque plutôt un vice de procédure dans la création de l’aumônerie comme le stipule une circulaire ministérielle datant du 22 avril 1988.

Cette circulaire publiée au Bulletin officiel de l’Education nationale précise que 'pour les établissements publics d'enseignement du second degré, la création d'une aumônerie est liée à l'existence d'une demande émanant des familles. Les demandes présentées par les parents, les représentants légaux d'élèves ou par les élèves majeurs doivent être établies individuellement, à l'exclusion de toute formule collective portant seulement la signature des intéressés. Elles sont adressées au chef d'établissement. Elles peuvent être établies sur formulaire ou sur papier libre dès lors que le culte choisi, le nom de la famille, l'adresse, la signature, portés à la main, manifestent clairement la volonté de la famille intéressée. '

L’argument du proviseur est donc irrecevable pour les responsables diocésains. Interrogé par le journal La Croix, P. Charles Mallard, délégué à la jeunesse pour le diocèse de Fréjus-Toulon explique que : 'La loi prévoit une procédure pour la création d’une aumônerie, elle induit son maintien. Or, cette aumônerie existe, à l’intérieur de l’enceinte du lycée, depuis… 1952 !'

La décision du chef d’établissement apparaît ainsi comme une éclaboussure de la loi antifoulard sur la soutane. Car, depuis la rentrée scolaire, une tension entoure les aumôneries y compris les aumôneries animées par des laïcs qui ne portent pas la soutane.

L’an dernier, au mois de mai, peu après le vote de la loi antifoulard, l’aumônerie de Villeneuve-lès-Avignon, dans le diocèse de Nîmes, avait été fermée. La décision avait été prise par le Conseil d’administration du collège public, saisi par des représentants de parents d’élèves. Les élèves de 6e ont ainsi été privés du temps d’aumônerie auquel ils avaient été habitués.

Les AEP : Aumôneries de l’Enseignement Public

Les AEP ont fêté leur bicentenaire en 2002. Car l’aumônerie de l’enseignement public existe depuis le 10 décembre 1802. A cette date, c’est un décret impérial qui donne naissance au 'corps des aumôniers de lycées '. Ils sont désignés par le proviseur du lycée public et nommés par l’évêque du diocèse. Ce sont des prêtres catholiques qui sont affectés à plein temps à leur service auprès des jeunes scolarisés dans l’enseignement public.

En 1959, l’Etat donne un statut aux AEP. Quatre ans plus tard, une réorganisation de l’Eglise catholique voit la naissance du Secrétariat Diocésain de l’aumônerie de l’Enseignement public (SDAEP) chargé d’organiser la coordination entre les AEP et leurs partenaires.

Aujourd’hui, face au manque de vocations à la prêtrise que traverse l’Eglise catholique de France, les animateurs des aumôneries sont majoritairement des laïcs. C’est à dire des chrétiens baptisés n’ayant pas embrassé la carrière ecclésiastique. Ce qui fait souvent dire que 'l’aumônerie n’est pas l’Eglise mais est d’Eglise '.

Une enquête d’effectif menée en 2001, au niveau national, montre une baisse de l’activité des aumôneries. Si nous n’avons pu avoir accès aux résultats de cette enquête, leurs commentaires montrent que 96 718 collégiens et 21 110 lycéens et prépas ont fréquenté les aumôneries de l’Enseignement public durant l’année. Des chiffres qui sont bien en dessous de ceux attendus par les 15 476 animateurs des AEP dont le recrutement pose aussi quelques problèmes dont ne se cache pas le SDAEP.

 





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