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L'article 4 'doit être réécrit' demande Jacques Chirac, la gauche réclame son l’abrogation

| Mercredi 4 Janvier 2006

Après différents débats suscités par l'article 4 de la loi du 23 février 2005, qui affirme le "rôle positif" de la colonisation, Jacques Chirac s’est prononcé lors de ses vœux à la presse, mercredi matin, pour une réécriture de ce fameux article. Dans le but d’« apaiser les esprits ».



Le texte actuel divise les Français

"Je m'en suis entretenu hier avec M. Jean-Louis Debré. Le texte actuel divise les Français. Il doit donc être réécrit", a dit le chef de l'Etat lors de ses vœux à la presse, mercredi.
Jacques Chirac a donc confié au président de l'Assemblée nationale la création d'une mission pluraliste pour évaluer l'action du Parlement dans les domaines de l'histoire et de la mémoire.
"J'ai accepté cette mission que le président m'a confiée et je n'exclue rien ni l'abrogation ni la réécriture" de l'article controversé, a indiqué Jean-Louis Debré. "Je n'ai pas de préférence (...) mais ma conviction c'est qu'on ne peut pas continuer avec cet article 4 ainsi rédigé".
Interrogé sur le délai pour présenter sa proposition, le président de l'Assemblée a précisé que ce serait "le plus vite possible".


« Ce n'est pas à la loi d'écrire l'histoire »

"J'en parle au président souvent, nous nous forgeons une conviction. Je ferai en sorte de lui proposer la meilleure solution pour l'histoire de la France, pour la liberté et pour le parlement", a-t-il ajouté.
L'ancien ministre a souligné vouloir, "en tant que président de l'Assemblée, faire en sorte que la correction ne soit l'expression d'une repentance ni d'un reniement ».
Le chef de l'Etat a également "souhaité que cette démarche s'inscrive dans le cadre d'une réflexion générale, car ce n'est pas à la loi d'écrire l'histoire".

La gauche demande l’abrogation pure et simple de l’article 4

L'opposition de gauche a demandé l'abrogation pure et simple de l'article controversé. Le PS et le PCF ont jugé mercredi "totalement insuffisante" la "réécriture" de l'article 4.
"La seule solution est l'abrogation pure et simple de cette 'loi de la honte'" afin d'"affirmer solennellement que la colonisation, en soi, est inacceptable", réclame Victorin Lurel, chargé au PS de l'outre-mer. Il prévient qu'"une trentaine d'associations originaires d'outre-mer, d'Afrique ou de lutte contre le racisme" envisagent "de se mobiliser dans le cadre d'une manifestation unitaire à l'approche du premier anniversaire de cette loi".
"Cette manœuvre en recul est totalement insuffisante", a également jugé le PCF dans un communiqué. La formation communiste exige de nouveau que "cet article scandaleux soit purement et simplement abrogé".
Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale Jean-Marc Ayrault a quant à lui qualifié d'"avancée réelle" l’annonce du Jacques Chirac.

"Une journée de la mémoire" de l'esclavage

Jacques Chirac a par ailleurs souligné que "la question de l'esclavage est une blessure pour un grand nombre de nos concitoyens, notamment outre-mer". Et a rappelé qu'il avait décidé d'instaurer en France "une journée de la mémoire" de l'esclavage. "Je l'expliquerai le 30 janvier en recevant le comité de Maryse Condé" a-t-il dit.




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