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Monde

L'armée américaine aurait utilisé des bombes au phosphore à Falloujah, selon un documentaire de la RAI

| Mercredi 9 Novembre 2005

Un documentaire diffusé mardi par la télévision publique italienne, la RAI, accuse l'armée américaine d'avoir fait un "usage massif et sans discernement" de bombes au phosphore, armes chimiques interdites par les Conventions de Genève, contre des populations civiles lors de l'offensive contre la ville irakienne de Falloujah en novembre 2004.



Fallouja : Le massacre caché

Le documentaire diffusé par la RAI, sous le titre « Fallouja : le massacre caché », affirme que les forces américaines en Irak ont employé des bombes au phosphore blanc contre des populations civiles à Falloudja lors de l'offensive de novembre 2004.

Le porte-parole de l'armée américaine Steven Boylan précise que le phosphore blanc est une substance incendiaire qui émet une vive lumière quand elle est exposée à l'air. Cette substance est utilisée par les militaires pour marquer des cibles, éclairer des zones de combat ou, à l'inverse, dissimuler des mouvements de troupes.

Selon le reportage, ces bombes n'ont pas été utilisées pour illuminer les combattants ennemis au cours d'opérations nocturnes, mais pour s'attaquer à des civils et brûler leur chair "jusqu'à l'os".

Des corps brûlés d'enfants et de femmes

Le documentaire s'appuie sur le témoignage de Jeff Englehart, présenté comme un ancien soldat de la Première division d'infanterie qui aurait pris part à l'offensive contre ce bastion de l'insurrection, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad. Il dit avoir vu les corps calcinés d'enfants et de femmes après les bombardements. "Des corps brûlés. Des corps brûlés d'enfants et de femmes. Le phosphore blanc tue sans faire de différence. C'est un nuage qui, dans un rayon de 150 mètres autour du point d'impact se disperse et brûle tous les être humains et les animaux", explique le militaire, qui a participé à l'assaut contre Falloujah.

L'armée américaine était déjà accusée d'avoir recouru à des armes interdites comme le napalm à l'occasion de cette offensive. Le 9 novembre 2004, le Pentagone avait néanmoins démenti tout usage d'armes chimiques dans les bombardements sur Falloujah.

Le gouvernement américain reconnaît un usage "très modéré" d'obus au phosphore


Le gouvernement américain a depuis reconnu, sur son site Internet, avoir fait un usage "très modéré" d'obus au phosphore "afin d'illuminer le théâtre d'opération". "Ils ont été tirés en l'air pour illuminer les positions ennemies la nuit et non contre les combattants ennemis eux-mêmes", insiste-t-on de même source.

Le porte-parole du Pentagone Bryan Whitman a pour sa part assuré mardi que le phosphore blanc était une arme conventionnelle. En revanche, il a dit ne pas savoir si l'armée américaine en a fait usage à Falloujah en 2004.

Le documentaire diffusé par la RAI, affirme que les forces américaines ont également utilisé des bombes incendiaires de type Mark 77, une arme similaire au napalm, contre des cibles militaires en Irak. Les auteurs du documentaire citent une lettre émanant, selon eux, du secrétaire d'État britannique aux Forces armées, Adam Ingram, et dans laquelle on peut lire que trente de ces bombes ont été larguées sur des objectifs militaires entre le 31 mars et le 2 avril 2003.

L'usage d'armes incendiaires contre des populations civiles est interdit par la Convention de Genève de 1980. D'après un fonctionnaire de l'Onu à New York, les Etats-Unis n'ont pas signé ce Protocole sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi des armes incendiaires.





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