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L'UE et les Etats-Unis suspendent leur aide directe au gouvernement palestinien

| Samedi 8 Avril 2006

Vendredi, l'Union européenne et les Etats-Unis ont annoncé qu'ils suspendaient leur aide directe au gouvernement palestinien dirigé par le Hamas. De son côté le Premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, a appelé la communauté internationale à "respecter le choix du peuple palestinien".



l'aide américaine peut reprendre à tout moment

Il ne faut pas "punir" les Palestiniens pour leur "choix démocratique" a affirmé vendredi Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne. Le Premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, a affirmé que les décisions américaine et européenne de couper les aides directes à son cabinet étaient "précipitées" et a appelé la communauté internationale à "respecter le choix du peuple palestinien".
"Du fait que le nouveau gouvernement palestinien dirigé par le Hamas n'a pas accepté les principes du Quartette sur la non-violence, la reconnaissance d'Israël et le respect des accords antérieurs, les Etats-Unis suspendent leur assistance au gouvernement, au cabinet et aux ministères palestiniens", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack, lisant un communiqué de la secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice. Washington augmentera néanmoins de 57% son assistance humanitaire aux Palestiniens pour des programmes de santé, alimentation ou éducation, la portant à 245 millions de dollars, a-t-il ajouté. En outre, 42 millions de dollars seront consacrés au "renforcement de la société civile et des organisations indépendantes", selon le porte-parole, soulignant que l'ensemble de cette aide serait indirecte, car distribuée par l'UNRWA, l'agence de l'Onu pour les Palestiniens et des organisations non-gouvernementales.
Dans son communiqué, Mme Rice souligne que l'aide américaine peut reprendre à tout moment si celui-ci accepte les principes du Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Union Européenne, Russie et Onu).

La Commission européenne

Plus tôt dans la journée, la Commission européenne a annoncé la suspension de l'aide directe de l'UE au gouvernement palestinien. "Pour l'instant, il n'y a aucun paiement effectué à ou via l'Autorité palestinienne", a déclaré Emma Udwin, la porte-parole de la commissaire européenne aux Relations extérieures, en laissant aux ministres des Affaires étrangères de l'UE, lundi au Luxembourg, le soin de prendre une décision formelle sur cette suspension. "Je m'attends (...) à ce que le message des ministres soit d'entériner" la décision de la Commission, a déclaré un diplomate britannique sous couvert de l'anonymat. Un diplomate français a confirmé qu'une suspension d'une partie de l'aide était possible lundi, mais que la sélection de l'aide à supprimer était complexe. Une autre source européenne s'est néanmoins montrée plus prudente. La suspension de l'aide directe à l'Autorité palestinienne "est une possibilité, mais pas une certitude. On ne peut pas préjuger des conclusions de la discussion de lundi", a-t-elle souligné. Interrogée sur l'impact d'une telle décision, une source communautaire a indiqué que la suspension de l'aide directe européenne pourrait concerner environ "plus de 30 millions d'euros". Toutefois, aucun responsable n'a pu dire clairement si des paiements étaient prévus dans un avenir proche.

Nous n'accepterons pas un tel chantage

Israël s'est aussitôt félicité de l'annonce de cette suspension, alors que le gouvernement palestinien du Hamas dénonçait un "chantage". "Nous n'accepterons pas un tel chantage. (Les Européens) devraient réfléchir à nouveau et comprendre que ce gouvernement ne trahira pas ses positions politiques", a affirmé le porte-parole du gouvernement, Ghazi Hamad. L'Union européenne est le principal soutien financier des Palestiniens avec 500 millions d'euros versés chaque année, dont la moitié environ est gérée directement par Bruxelles, le reste venant des Etats membres. Maintenant que le Hamas dirige effectivement le gouvernement, les Etats membres sont nombreux à estimer que l'UE doit prendre une décision pour ne pas avoir l'air de transiger sur ses principes. Mais ils ont, dans le même temps, le souci de ne pas sanctionner les Palestiniens.





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