Avec la Fédération française des associations islamiques d'Afrique, des Comores et des Antilles (FFAIACA), l'UAM-93 souhaitait participer aux dernières élections du Conseil français du culte musulman (CFCM). Ce fut l'épisode mouvementé du dossier de « La liste AMI », Alliance des musulmans indépendants. Une indépendance qui se voulait par rapport aux grandes fédérations en lice pour le CFCM. Le partenariat avec la FFAIACA permettait à l'UAM de pouvoir enfin sortir de l'anonymat de l'association régionale et participer à une activité nationale. Mais, pour son malheur, la liste AMI ne disposait pas du nombre suffisant de mosquées recquis, et sa candidature menaçait le score de l'UOIF dans la région. L'UOIF ne pouvait pas raisonnablement lui tolérer les alliances dont la liste avait besoin. La candidature sera invalidée. L'UAM se battra en justice sans obtenir gain de cause. Ce qui la maintient actuellement loin des instances du CFCM et lui accorde la bienveillance médiatique du challenger nouveau venu dans l'espace public.
Cet accident de parcours n'a pas affecté les efforts des dirigeants de l'UAM-93. Ils étaient présents à la réunion du 06 novembre 2005, à l'invitation de M. Nicolas Sakozy, ministre de l'Intérieur, en quête d'une sortie honorable de la révolte des quartiers populaires. A cette occasion, le secrétaire général de l'UAM-93, monsieur M'hammed Henniche sera désigné porte-parole des associations du département. Plusieurs fois invité au journal télévisé de la chaîne Al-Jazeera, M. Henniche qui est parfaitement arabophone tentera d'expliquer à la presse internationale les fondements de la crise qui secoue les quartiers populaires des villes françaises. Il en profitera pour préciser le rôle des associations comme l'UAM-93, pour prévenir ce type d'évènements.
Avec le succès annoncé de ce troisième dîner de ramadan, l'UAM-93 semble gagner la reconnaîssance que son travail de terrain lui permet enfin de mériter. Mais tout dirigeant d'association musulmane en France, sait que la reconnaissance des pouvoirs publics se gagne difficilement et se perd facilement. Seul l'avenir dira ce que les responsables de l'UAM-93 feront du crédit qui leur est aujourd'hui accordé.