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L'Elysée indigné face aux propos de Sharon

Rédigé par El abed Fatima | Mardi 20 Juillet 2004

Le président français, Jacques Chirac, a informé, lundi 19 juillet, le premier ministre israélien, Ariel Sharon, qu'il 'n'était pas le bienvenu' à Paris à la suite de son appel aux juifs de France à immigrer en Israël.
Le gouvernement français a vivement réagi aux propos tenus dimanche par Ariel Sharon. «Nous avons immédiatement pris contact avec les autorités israéliennes pour leur demander des explications au sujet de ces propos inacceptables», avait annoncé dimanche le quai d'Orsay.



Le président français, Jacques Chirac, a informé, lundi 19 juillet, le premier ministre israélien, Ariel Sharon, qu'il 'n'était pas le bienvenu' à Paris à la suite de son appel aux juifs de France à immigrer en Israël.

Le gouvernement français a vivement réagi aux propos tenus dimanche par Ariel Sharon. «Nous avons immédiatement pris contact avec les autorités israéliennes pour leur demander des explications au sujet de ces propos inacceptables», avait annoncé dimanche le quai d'Orsay.

 

Des déclarations jugées « inacceptables »

Sharon a suscité l'irritation du gouvernement français et des réactions négatives en lançant un appel  dimanche 18 juillet aux juifs de France à immigrer en Israël 'aussi vite que possible', pour fuir en France 'antisémitisme déchaîné'. Sharon, qui s'exprimait devant des représentants d'associations juives américaines, a expliqué qu''aujourd'hui en France, à peu près 10 % de la population est musulmane, ce qui permet l'essor d'une nouvelle forme d'antisémitisme fondée sur des sentiments anti-israéliens'. 'Si je devais m'adresser à nos frères de France, voilà ce que leur dirais : immigrez en Israël aussi vite que possible', a-t-il ajouté, précisant qu'il dirait 'la même chose à tous les juifs du monde.'

Dans la communauté musulmane, Kamel Kabtane, président du Conseil régional du culte musulman Rhône-Alpes, et président de la Grande Mosquée de Lyon, estime que 'la manière de M. Sharon de conduire sa politique en Palestine et d'appeler les juifs à quitter la France parce que 10 % de la population française est musulmane montre qu'il est anti-musulman'. Mouloud Aounit, président du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), a dénoncé les propos de M. Sharon, estimant que c'était 'une attitude qui peut valider une certaine instrumentalisation de l'antisémitisme afin d'organiser une autre politique de repeuplement en Israël.'

Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée nationale, a quant à lui, jugé, lundi 19 juillet 'inadmissibles, inacceptables et en plus irresponsables' les propos de Sharon.

Les déclarations d'Ariel Sharon entrent dans le cadre d'une politique  d'Israël depuis janvier 2002. Le vice-ministre des Affaires étrangères Michael Melchior avait alors ouvert les hostilités en accusant la France d'être «le pire pays occidental» dans sa lutte contre l'antisémitisme.

 

Des responsables israéliens ont tenté par la suite de minimiser les propos de M. Sharon. 'Sharon a été mal compris', a estimé lundi le porte-parole du gouvernement israélien Avi Pazner. 'Il a conclu que la place des juifs de France, mais aussi du monde entier, est en Israël', a souligné le porte-parole.

 

Paris n'examinera une éventuelle visite en France du premier ministre israélien que lorsqu’Israël aura fourni des 'explications' sur son appel, a déclaré lundi soir la présidence de la République.

 

 

 

L’immigration Eldorado

 

Le 8 juillet, le président Chirac avait appelé les Français 'au sursaut', face à la recrudescence d'actes racistes et antisémites et exigé que la justice traite ces affaires avec 'la plus grande sévérité et la plus grande exemplarité'.

 Les actes racistes  recensées ont été plus nombreux entre le 1er janvier et le 30 juin 2004 que durant toute l'année 2003, selon des chiffres du ministère de l'intérieur annoncés début juillet.

 

Chaque année, environ deux mille Français émigrent vers Israël. Leur nombre avait légèrement augmenté en 2002, avant de baisser en 2003. La grande majorité de ces nouveaux immigrants, dont une proportion substantielle de jeunes venus pour suivre des études, se disent motivés par des raisons idéologiques.

 

Ils étaient un millier par an jusqu'en 2001 et 2 566 en 2002. Démentant tout plan concerté susceptible d'inciter les juifs à quitter la France, mais installant des permanences dans plusieurs grandes villes, l'Agence juive prévoyait en juin dernier une migration de l'ordre de «30 000 à 33 000 juifs français» vers Israël, et ce «dans un avenir proche». Cela représenterait près de la moitié des départs vers Israël depuis 1948 (70 000).

Pour l'Agence juive les 600 000 juifs de France (un chiffre estimé) constitueraient, après les juifs américains, le deuxième vivier mondial de candidats à l'immigration, au moment où les vagues migratoires en provenance des républiques issues de l'ex-URSS ou d'Argentine se sont taries.

Afin de modifier une évolution démographique défavorable, le gouvernement israélien appuie les actions de cette agence qui multiplie les campagnes de promotion et les aides à l'installation en Israël.

 

 

 





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