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Sur le vif

L'Arabie saoudite veut faire de Médine un fief de la high-tech

| Jeudi 26 Juin 2008



A quelques kilomètres du centre de Médine et de la Mosquée du Prophète, deuxième lieu saint de l'islam, les travaux ont commencé pour bâtir la "Cité économique du Savoir", ambitieux projet destiné à faire de cette ville saoudienne un fief de la high-tech. Connu sous son signe anglais de KEC ("Knowledge Economic City"), ce projet est le quatrième projet de ville nouvelle lancé par l'Arabie saoudite depuis décembre 2005 pour développer des régions économiquement à la traîne.
La première de ces villes, et la plus gigantesque par la taille, est La Cité économique du Roi Abdallah (KAEC), dont la construction se poursuit à Rabigh (côte ouest).
Amr Al-Dabbagh, gouverneur de l'Autorité générale saoudienne pour les Investissements (Sagia), l'organisme public chargé de promouvoir les investissements étrangers, explique que ce concept de cité économique s'inspire des quelque 3.000 "zones économiques spéciales" existant dans le monde, mais avec un plus.
"Nous les appelons +cités économiques+, parce qu'elles ont plus d'ingrédients", notamment des quartiers résidentiels et des zones de loisir, a-t-il déclaré à l'AFP dans une interview à Médine (ouest), en marge d'un forum qui a réuni durant deux jours une centaine de savants et d'universitaires, dans leur grande majorité musulmans, venus du monde entier.
"Ce sont des endroits où les gens peuvent travailler, profiter de la vie et gagner de l'argent", résume-t-il.
M. Dabbagh souligne que ces projets sont "tous développés par le secteur privé", le rôle de l'Etat se limitant à "régler les problèmes et faire en sorte que l'environnement soit favorable aux affaires".
La construction de ces nouvelles villes s'inscrit dans le contexte d'un "boom" économique sans précédent pour le royaume, premier exportateur mondial de pétrole.
Mais malgré des revenus pétroliers colossaux (194 milliards de dollars en 2007, près de 700 milliards de dollars au total pour 2008 et 2009, selon une récente estimation), le gouvernement saoudien laisse le secteur privé financer ces projets.
Dans le cas de KEC, la facture est évaluée à 30 milliards de riyals (huit milliards de dollars) pour une ville qui devrait compter 130.000 habitants.
Le critère de lancement de ces projets est celui de la rentabilité. Deux autres villes sont ainsi encore à l'étude pour savoir si elles sont "commercialement viables", explique M. Sabbagh.
Ces cités, poursuit-il, devraient rassembler en 2020 une population totale de 4,8 millions d'habitants et permettre la création de quelque 1,2 million d'emplois.
Dans un pays où plus de la moitié de la population a moins de 18 ans, la création d'emplois est la priorité du pouvoir, pour des raisons autant politiques qu'économiques.
Dans le cas de KEC, le thème choisi est celui du savoir et des sciences, l'accent étant mis notamment sur l'éducation, la santé et les technologies de l'information.
Le but est de mettre à profit l'image de Médine dans le monde musulman. Après le départ du Prophète de La Mecque pour Médine, "Médine a été le berceau de la civilisation musulmane", explique à l'AFP le PDG de la société qui construit KEC, Tahir Mohammed Bawazir. "C'est là où tout a commencé".
Les promoteurs espèrent que ce passé attirera non seulement les savants musulmans, mais aussi les entreprises qui veulent faire des affaires avec le monde arabo-musulman.
Pourtant, de nombreux points d'interrogation subsistent sur l'objectif réel de ces villes artificielles et leur viabilité.
Un professeur originaire d'un pays asiatique qui enseigne dans une université saoudienne et a préféré conserver l'anonymat estime ainsi que KEC, comme les autres cités économiques, relève plus du projet immobilier à la Dubaï que d'un projet de développement économique ou scientifique.
Et de noter que le promoteur choisi pour La Cité économique du Roi Abdallah est Emaar, l'un des plus grands promoteurs immobiliers de Dubaï...





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