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Sur le vif

L’Algérie, l'autre patrie de Nelson Mandela

Rédigé par La Rédaction | Lundi 9 Décembre 2013 à 13:18

           


Le parcours de Nelson Mandela, décédé le 5 décembre, est unanimement salué. En Algérie, l’hommage est vibrant car il entretenait une relation particulière avec ce pays.

Les liens étroits entre le leader de la lutte anti-apartheid et l’Algérie naissent au début des années 1960. En 1961, Nelson Mandela, alors président de l’African National Congress (ANC), renonce à la non-violence. Face à l'augmentation de la répression et des violences policières contre les Noirs, il décide de fonder Umkhonto we Sizwe (MK), une branche militaire prônant l'action armée qui va mener des sabotages contre des installations publiques et militaires.

Pour mener à bien ces opérations, il part apprendre les techniques de guérilla ailleurs sur le continent. Son voyage l’amène en Algérie, en 1962, où il reçoit une formation militaire auprès de l’Armée de libération nationale (ALN), la branche armée du Front de libération nationale (FLN), en passe de se libérer du colonialisme français.

Des « rencontres secrètes ont lieu entre les militants de l'ANC et l'État-major de l'ALN, pour les préparer au déclenchement de la lutte armée », raconte à France 24 Nourredine Djoudi, ancien officier de l'ALN et interprète de Nelson Mandela lors de ses visites en Algérie. Des camps d’entraînement destinés aux responsables de l'ANC sont installés en Algérie lorsque le pays obtient son indépendance.

Diplomatiquement parlant, Alger soutient également le combat de Nelson Mandela et s’oppose au régime de l’apartheid. En 1974, Abdelaziz Bouteflika, alors ministre des Affaires étrangères, propose et obtient l’exclusion de l’Afrique du Sud par l’Assemblée générale de l’ONU. Après 27 ans de prison, c’est naturellement que Nelson Mandela se rend lors de sa première visite à l'étranger après sa libération à Alger, en mai 1990. « C’est l’Algérie qui a fait de moi un homme », y déclare-t-il.

« Pour avoir accompli la réconciliation entre les enfants de l’Afrique du Sud et apposé son empreinte sur le livre d’or du mouvement émancipateur de l’Afrique, Madiba restera à jamais dans la mémoire africaine. Sa place est également dans le cœur de chaque homme épris des valeurs de liberté et de dignité humaine. Le peuple algérien, qui s’enorgueillit d’avoir toujours été aux côtés de Madiba et du peuple sud-africain, s’associe à votre deuil et n’oubliera jamais que pour Mandela, l’Algérie est sa ‘seconde patrie’ comme il aimait à le répéter. », a réagi à l’annonce de son décès, le président algérien. Abdelaziz Bouteflika a également décidé la mise en berne du drapeau national sur l'ensemble du territoire national pendant 8 jours, suite à la mort de ce héros unanimement salué.

Plus de 90 dirigeants du monde entier, sont attendus en Afrique du Sud, mardi 10 décembre, pour lui rendre un dernier hommage. L’actuel et ancien présidents de la République française, François Hollande et Nicolas Sarkozy, assisteront à ces hommages officiels. Le président algérien a, de son côté, désigné une délégation conduite par le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, pour assister à cette cérémonie d’adieu.

Nelson Mandela sera ensuite enterré dimanche 15 décembre.

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