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Points de vue

Jospin c’est fini, place aux populismes

Rédigé par Amara BAMBA | Vendredi 29 Septembre 2006

Lionel Jospin quitte la vie politique de nouveau. Il l’avait déjà quittée le 21 avril 2002 lorsqu’un vieux populiste extrémiste avait créé la surprise. Celui-là avait réussi le coup de doubler Jospin au premier tour des présidentielles. Nous étions des millions à être dégoûtés. Par défaut non sans dépit, nous avons dû voter pour Jacques Chirac au second tour de ces présidentielles. Je n'étais donc pas seul à attendre ma revanche. Mais hélas c’est raté : Jospin déclare forfait, il renonce à combattre la fièvre populiste nationaliste.



Jospin c’est fini, place aux populismes
Jospin s’en va, de nouveau, dit-il, « pour ne pas diviser » le camp socialiste. Même quand il abandonne le front, Lionel Jospin le fait avec classe. C’est cette élégance intellectuelle que j’admire chez cet homme de principes et de convictions. Jospin est un homme politique rescapé des temps où l’engagement public était guidé par une vision du monde, mené par un système d’idées. En ces temps-là, les hommes politiques exposaient leurs idées, les défendaient et laissaient le peuple faire son choix. Les instituts de sondages, les agences de marketing politique, n’avaient pas encore lobotomisé les dirigeants des partis politiques. Oui, en ces temps-là, le travail journalistique n'était pas soumis à la dictature de sainte Audience fille ainée du père Profit. Mais la responsabilité de révéler le sens des faits guidait encore l'engagement du journaliste.

De cette époque, Lionel Jospin a gardé la classe. Il est aujourd’hui un des rares hommes politiques français en activité qui a des idées bien à lui. Elles peuvent plaire, elles peuvent ne pas plaire. Mais les idées de Jospin sont bien de Jospin. A l’ombre du grand chêne Mitterrand, le cyprès Jospin n’a certainement pas atteint sa pleine taille. A l’époque déjà, on s’en souvient, il avait pris un certain retrait lorsque le PS au pouvoir en avait assez d'être à gauche et amorçait sa fatale dérive droitière.

Jospin est un homme politique honnête, riche d’idées mais qui n’a pas le langage de « premier de la classe » que le peuple attendrait de ses chefs. D’aucun disent que cela est le plus grand de ses torts. Car, dit-on, la majorité des gens n’est pas intelligente. C’est un paradoxe dont on peut longtemps discuter et qui oppose le réalisme du populisme à l’engagement pour les idées. Jospin a clairement fait son choix, mais le paradoxe demeure.

Dans sa longue carrière politique, Lionel Jospin a néanmoins manqué de classe une fois. C’était le samedi 26 février 2001, à Birzeit (Palestine). Il était le Premier ministre de Jacques Chirac dans la tourmente de la cohabitation. A l’université de Birzeit, le Premier ministre Jospin avait qualifié les combattants palestiniens de « terroristes ». Le pire est que cette maladresse n’était pas un lapsus. Sur les lieux de l’Intifada, il fallait vraiment oser le faire ! Et s’il a essuyé des jets de pierres, c’était la moindre des réactions à espérer.

Une thèse soutient que c’est à Birzeit que Lionel Jospin a signé son arrêt de vie politique. Car les succès se monnayent souvent en politique, mais les erreurs se payent toujours. Une autre thèse estime qu’on ne peut pas oublier ce propos de Jospin mais qu’on peut néanmoins le pardonner ; car l’information sur la Palestine au sein du PS était moins que médiocre...

Aujourd’hui, ces querelles de minarets s’estompent : Jospin absent il faudra bientôt choisir entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royale. C’est le duel que nos médias, nos instituts de sondages et autres faiseurs d’opinions ont programmé pour nous. En attendant ce moment : « que le spectacle continue ! »

« Non, tu peux voter blanc. Peut-être pas au premier mais au second tour. Et si nous sommes nombreux, ça comptera forcément. » Ce conseil est celui d’une amie d’Aix-en-Provence, doctorante en Science Po, bien marquée LCR. Et elle ne manque pas d’arguments. Mais après ses explications, je trouve la tactique trop technique à mon goût. Et je crains, encore une fois, de devoir réciter la prière du désespéré puis fermer les yeux, me pincer le nez et enfiler des gants hygiéniques, pour aller voter Ségolène Royale ou Nicolas Sarkozy.

Du coup, je me tourne naturellement vers les « petits candidats ». Car face à de « grands candidats » défenseurs de petites causes, il y a de « petits candidats » défenseurs de grandes causes. Ces bastions résistent dignement à la politique par le people et à la politique des show avec son et lumière suivis de la une des magazines-people.

Ces alternatives s’appellent Rachid Nekkaz, Dieudonné, Soheib Bencheikh, Alain Mourguy, Nicolas Miguet, Roland Castro, Daniel Glucstein etc etc et encore etc ... La liste est peut être longue et certains noms peuvent faire sourire. Cela est bien vrai! Mais j’ai idée qu’un «petit candidat » sera plus fiable qu’un populiste de droite ou une populiste de gauche.






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