Le jeûne durant le mois de Ramadhan est un des cinq piliers de l’Islam. C’est le pilier le plus pratiqué, car il implique une abstention et une relation secrète, intime et profonde avec Dieu. S’abstenir sur le plan physique, de manger, de boire, et de toute relation qui satisfait le corps et les désirs, de l’aube au coucher du soleil. Mais aussi et surtout sur le plan moral s’abstenir de mauvaises pensées et se maîtriser, vivre un état d’intériorité spirituel, plus que les autres périodes de l’année est un bel acte de croyant. Ceux qui ne le pratiquent pas, sauf pour raison de santé, sont en flagrante situation de désobéissance. Le Ramadhan est le mois de la communauté dit un hadith du Prophète. Il s’agit de faire halte un mois, ensemble, pour prendre du recul par rapport au vertige de la vie mondaine et terrestre. Il s’agit de se souvenir du temps béni de la descente du Coran pour la première fois durant ce noble mois. Il s’agit aussi de se souvenir des pauvres et des déshérités. Il s’agit de s’élever et d’apprendre le dépassement de soi. Jeûner, c’est, avec la prière, l’acte religieux par excellence, l’acte de confiance, qui lie le croyant à son créateur, de manière particulière. Il est aussi en conséquence un acte culturel, car il produit des pratiques et des traditions sociales et culturelles de communion et d’entraide. Le Jeûne durant le mois de ramadhan est un acte fondamental de témoignage spirituel relatif au fait que l’on croit et que l’on atteste que la vie sur terre est éphémère et la vraie vie est celle de l’au-delà. Ni refuser le monde ici bas, ni s’y noyer et s’y perdre, mais surtout se préparer à l’autre monde. C’est un droit humain. La communauté musulmane pratique ce jeûne conformément à sa foi et à la prescription claire et limpide du Coran, pour faire acte de piété. Sans l’ombre d’un doute, c’est une pratique religieuse majeure. Et non un point facultatif dont on peut se passer. Même les plus grands mystiques ou les esprits croyants les plus libres ne l’ont jamais ignoré. Les Prophètes d’Adam à Jésus, en passant par le Patriarche Sidna Ibrahim, tout comme évidemment le Sceau des Prophètes, tous ont pratiqué le jeûne. Sans oublier les sages des cultures religieuses d’Asie et d’ailleurs. Les personnes qui s’imaginent s’en passer tout en restant musulmans sont en contradiction avec l’esprit et la lettre de la religion.