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Economie

Israël: une économie en crise

Rédigé par Lamine C. | Jeudi 27 Février 2003

Après avoir connu une forte croissance en 2000, année où le PIB a augmenté de 7,4 %, la conjoncture économique israélienne s'est fortement dégradée suite au déclenchement de la seconde Intifada et à l'amplification du climat d'insécurité en Israël, ainsi qu'en raison de la crise économique mondiale latente, plus particulièrement dans le secteur informatique, où Israël dispose d´une bonne place sur l´échiquier mondial.



Après avoir connu une forte croissance en 2000, année où le PIB a augmenté de 7,4 %, la conjoncture économique israélienne s'est fortement dégradée suite au déclenchement de la seconde Intifada et à l'amplification du climat d'insécurité en Israël, ainsi qu'en raison de la crise économique mondiale latente, plus particulièrement dans le secteur informatique, où Israël dispose d´une bonne place sur l´échiquier mondial.

Une économie en récession.
Israël a subi ces deux dernières années une récession. En effet, le PIB a diminué en 2002 de 1%, après avoir baissé de 0,9% en 2001, soit le plus mauvais résultat depuis 1953. La baisse du PIB est encore plus nette par tête d'habitant, -3% en 2002 (et -3,2% en 2001). Elle est justifiée entre autre par une forte inflation (plus de 10%) qui grignote le pouvoir d´achat. Par conséquent, les dépenses de consommation des familles ont également baissé, -0,6%, en raison de la baisse des revenus. Malgré la contraction du revenu israélien, le PIB par tête d'habitant demeure singulièrement élevé pour la région. Il s'élevait à 15 600 $ à la fin de 2002, soit dix fois plus que pour les Palestiniens.
La baisse de la croissance et celle de la consommation ont provoqué une vigoureuse augmentation du chômage. Il culmine au niveau record de 10,4 % de la population active.

Une politique imprégnée de libéralisme.
En réaction à la crise économique que traverse « l´état nation », la politique du gouvernement « Sharon » est on ne peut plus classique. Empeigné d´un dogmatisme libéral très « étasunien », le gouvernement mène une politique d'austérité budgétaire qui freine l'activité. La monnaie nationale, le shekel, n´a cessé de s'effriter par rapport au dollar, obligeant la banque centrale à augmenter ses taux d'intérêt, ce qui compromet d'autant une éventuelle reprise.
En décembre 2002, la Knesset avait adopté un budget de crise pour 2003, avec des coupes sévères dans les dépenses sociales. Suite à la reconduction du Likoud au pouvoir au cours du mois de janvier, cette philosophie devrait demeurer. Toutes les associations et organisations israéliennes à vocation sociale considèrent que plusieurs milliers de nouvelles familles seront dépêchées dans le cycle de la pauvreté en raison de la diminution des budgets consacrés aux aides et allocations sociales.

Un budget « militarisé », des services sociaux sinistrés.
Sur un budget de 270 milliards de shekels (40 milliards d'euros environ), Israël y consacre presque 20 % aux dépenses militaires, beaucoup plus que la plupart des pays occidentaux.
Le gouvernement aurait dû augmenter de plus de 10 % ses budgets sociaux pour prévenir une amplification des inégalités sociales, il a néanmoins opté pour couper durement ce volet du budget.

Une part non négligeable des dépenses israéliennes est financée par ? Oncle Sam. Les États Unis ont encore répondu positivement à la demande d´Ariel Sharon d'une aide financière exceptionnelle. On parle de 10 milliards de $. Le Premier ministre n'a d'ailleurs pas perdu l´occasion de rappeler « les excellentes relations entre Jérusalem et l'administration américaine ». Il n´a pas tord Ariel de qualifier les relations entre Israël et Washington d´excellentes. En effet, depuis 1973, l´aide US à titre civile et militaire est devenu partie intégrante du budget israélien. Les États-Unis mobilisent chaque année des sommes considérables pour porter assistance à Israël.





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