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Israël s'acharne sur Chirac

Rédigé par OURABAH Sofiane | Mardi 21 Octobre 2003

Le quotidien israélien Maariv, accuse le président Jacques Chirac d’antisémitisme. Le président français est montré sur une photo avec la mention 'le visage de l'antisémitisme français'. Deux jours auparavant, la France s’était opposée à la mention de la condamnation des propos du Premier ministre de Malaisie, Mahathir Mohamad, dans le communiqué final du Conseil européen, le 17 octobre.



Le quotidien israélien Maariv, accuse le président Jacques Chirac d’antisémitisme. Le président français est montré sur une photo avec la mention 'le visage de l'antisémitisme français'. Deux jours auparavant, la France s’était opposée à la mention de la condamnation des propos du Premier ministre de Malaisie, Mahathir Mohamad, dans le communiqué final du Conseil européen, le 17 octobre.

L'Europe condamne les propos de Mahathir Mohamad
L'affaire commence le jeudi lorsque M. Mahathir Mohamad affirme, lors de l'ouverture d'un sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) en Malaisie, que 'les juifs dirigent le monde'. Sa déclaration suscite immédiatement un tollé dans le monde occidental.

Le lendemain, au Conseil européen réuni à Bruxelles, la présidence italienne de l'Union demande aux Quinze de riposter contre la déclaration de Mahathir. Selon l'Elysée, Jacques Chirac - avec d'autres chefs d'Etat ou de gouvernement - intervient en séance pour s'associer à la condamnation, mais demander qu'elle soit exprimée à part, dans une déclaration de la présidence au nom des Quinze, plutôt que dans le relevé des conclusions du Conseil européen. La proposition est adoptée et le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, 'déplore profondément' les propos du Premier ministre malaysien, au nom des Etats membres de l'Union. Dans son compte rendu du sommet de Bruxelles, l'agence de presse américaine AP relève que Chirac a 'empêché' la condamnation de figurer dans le communiqué final. En Israël l'information est diffusée sans vérification préalable.
Dimanche matin, le quotidien Maariv monte l'affaire en épingle. Il publie en manchette une photo de Jacques Chirac, à côté du titre 'le visage de l'antisémitisme de la France'. Dans un éditorial au ton injurieux, provocateur et irrespectueux envers un président de la République, le rédacteur en chef de Maariv, Amnon Dankner, affirme que 'deux types d'esprit soufflent en France : celui du progrès, de l'humanisme et du courage, et celui de l'antisémitisme, de l'étroitesse de vue et de la traîtrise dont Chirac s'inspire'. 'Le fait que le président d'un important pays européen empêche les Européens de condamner l'une des pires expressions d'antisémitisme formulées publiquement depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale est une tache pour la France', écrit Dankner. 'Cela survient précisément alors que l'antisémitisme refait surface en France, au moment où l'on brûle à nouveau les synagogues, où l'on désacralise les cimetières juifs et où les juifs sont attaqués dans la rue et sont victimes de graves manifestations de haine antisémite '

Exagération inconcevable de la part d Israël
Sous un titre choquant : 'le collaborateur', illustrée d'une photo à charge inspirée des quotidiens à l'américaine, Jacques Chirac est placé du côté des anti-juifs, antidreyfusards, des comploteurs des Ligues et 'de la majorité des Français qui collaborèrent avec les nazis pendant l'occupation de leur pays', aux côtés du 'maréchal Pétain' et 'des centaines de milliers de Français qui pourchassèrent les juifs de France', aux côtés enfin 'de ceux qui aidèrent des dizaines de milliers de collaborateurs à échapper au châtiment et même à continuer de servir à des postes importants pendant des décennies'. 'Il est exact qu'il existe des antisémites plus grands, plus brutaux et plus virulents', a conclu Amnon Dankner, dressant un tableau alarmant de la situation des juifs de France, 'mais aujourd'hui, l'antisémitisme ne dispose pas dans le monde de collaborateur actif occupant une position aussi élevée'. Comment peut-on en France accepter de tel propos ? Etre accusé de fasciste sans scrupule tout cela par ce que la France n'a pas ' re-confirmé ' sa condamnation concernant les propos du premier ministre de Malaisie, sachant que l'Europe parle d'une seule voix. De même l'agence de presse américaine AP qui a allumé la mèche revendiquant Chirac a 'empêché' la condamnation de figurer dans le communiqué final, n'est pas prouvée à ce jour.
Malgré tout l'Elysée intervient pour confirmer que ces propos 'ne peuvent qu'être condamnés par tous ceux qui gardent la mémoire de l'Holocauste', précise Chirac.

Parlant de 'malentendu', l'ambassadeur d'Israël en France, Nissim Zvili, a tenu, hier soir, à clore l'incident en soulignant : 'On connaît très bien les positions de M. Chirac, ce n'est pas un homme politique qu'on peut accuser d'antisémitisme ou bien de racisme.'

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Sylvan Shalom, enfonce alors le clou. 'C'est une honte qu'un pays comme la France, un pays important, fasse preuve de la moindre compréhension ou acceptation des remarques antisémites de Mahathir Mohamad', affirme-t-il dans un communiqué. Shalom 'exprime sa déception concernant le refus du président Chirac de condamner (ces) propos'. Ceci serait vrai jusqu’à preuve du contraire.

Le président Chirac a encaissé les critiques israéliennes alors qu'il s'est rattrapé en s’expliquant et en levant le malentendu. En revanche, lorsque l'opinion internationale s'interroge sur les crimes de Sharon contre les Palestiniens, alors cette opinion devient très hésitante. Parfois elle reculerait ! ! ! Il ne fait de doute que celui qui critique la politique israélienne est facilement taxé d’' antisémitisme '.





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