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Israël revient à Gaza pour libérer le caporal Gilad Shavit

Rédigé par Amara BAMBA | Jeudi 29 Juin 2006

L'armée israélienne est de retour à Gaza. Après s'être retirée de la région l'été dernier (après 38 ans d'occupation), elle à lancé une opération spectaculaire hier mercredi 29 juin contre la population de la Bande de Gaza. Selon le Premier ministre Ehud Olmert, il s'agit de libérer le soldat Gilad Shavit. Ce caporal tankiste est a été capturé dimanche lors d'une opération menée en terre d'Israël par le Comité populaire de la résistance, un groupe de combattants palestiniens.



Selon l'Agence presse, cette nouvelle incursion israélienne dans la Bande de Gaza, implique près de cinq mille soldats. L'aviation israélienne a tiré neuf missiles contre le principal générateur d'énergie de Gaza. 65 % de la population est ainsi privée d'électricité et d'eau. Trois ponts reliant les différentes parties de Gaza ont aussi été détruits par l'aviation.

La centrale électrique


Selon un officiel israélien, la direction militaire a des idées précises sur le lieu de détention du caporal Gilad Shavit. En détruisant les trois ponts, l'armée israélienne espère limiter les mouvements de ses ravisseurs. Mais aucune explication n'a été donnée sur la destruction de la centrale électrique.

L'accès à l'eau et à l'électricité est un enjeu majeur du conflit israélo-palestinien. Israël a toujours voulu s'assurer le contrôle des fleuves et sources phréatiques de la région. Avant le retrait unilatéral de la Bande de Gaza, un colon consommait sept fois plus d'eau qu'un Palestinien. Et au moment des accords d'Oslo ( 1993), 82 % des nappes phréatiques étaient sous le contrôle d'Israël.

Aujourd'hui encore, de nombreuses municipalités palestiniennes achètent l'électricité et l'eau à des compagnies israéliennes. Dans la bande de Gaza, la centrale détruite par le raid israélien était tenue par une compagnie privée. Il existe une autre centrale de moindre importance dans la région. Elle appartient à une compagnie israélienne. Cette centrale n'a pas échoué de tirs.

La destruction du générateur a entraîné une pénurie d'eau dans la région car les pompes à eau fonctionnent à l'énergie électrique. Le Président palestinien, Mahamoud Abbas, a qualifié l'attaque israélienne de « crime contre l'humanité ». Près de 1,4 millions de personnes vivent dans la Bande de Gaza.

Un tunnel sous la frontière


Pour Ehud Olmert, la libération du caporal tankiste israélien est un motif suffisant pour justifier les moyens utilisés. Mais M. Olmert a affirmé qu'Israël n'avait pas l'intention de réoccuper la Bande de Gaza.
L'aviation israélienne a ainsi survolé la résidence d'été de Bashar al-Assad, le chef d'Etat syrien. Provocation ou intimidation ? difficile à préciser. Mais ce geste donne une idée de l'analyse de l'armée israélienne qui estime que les ravisseurs du tankiste reçoivent leurs ordres de Damas. Une allusion à l'intransigeant Khaled Mechaal, chef de la branche politique du Hamas, exilé en Syrie.

Mais interrogé par Al Jazeera, Abou Moussa Marzouk, numéro deux du bureau politique du Hamas, a déclaré que « Les Comités populaires de résistance (ndr, qui revendiquent l'enlèvement du caporal le 25 juin) agissent de façon indépendante et ne reçoivent pas de consignes de l'étranger ». De sources israéliennes, les ravisseurs se sont introduits en Israël à l'aide d'un tunnel qu'ils avaient creusé sous la frontière. Ils voulaient venger la mort de leur dirigeant Jamal Abou Samhadana, tué par Israël ainsi que les sept  civils tués dans des raids aériens israéliens sur une plage de  Gaza.

Hier, les ravisseurs ont proposé la libération des femmes et des enfants palestiniens, en échange d'informations sur l'état de Gilda Shivat. Un chantage que le Premier ministre Ehud Olmert a vivement rejeté malgré l'émotion suscitée en Israël par l'enlèvement du caporal Gilad Shavit.

Négocier probablement


Au delà du devoir de porter secours au jeune Gilad Shavit, le gouvernement israélien doit gérer l'effet psychologique de l'opération du 25 juin. Cette opération audacieuse pour capturer l'un de ses soldats porte une atteinte à l'image de son armée. Le nouveau Premier ministre se doit de faire preuve de fermeté. Mais la négociation avec les ravisseurs n'est pas improbable. Et si elle a lieu, elle se fera sans caméra.

En 2004, le Hezbollah libanais avait fait libérer des Palestiniens retenus par Israël contre un Israélien et les corps de soldats israéliens. Trois soldats israéliens capturés au Liban, furent échangés en 1985 contre 1150 Palestiniens. En 1983, six soldats captifs israéliens avaient retrouvé la liberté contre la libération de plusieurs milliers de Palestiniens.

Mais la libération la plus symbolique fut celle de Cheikh Yassine. Emprisonné par Israël, le chef charismatique du Hamas retrouva la liberté à l'occasion d'un échange, en 1997. Cet échange portait sur deux agents des services secrets israéliens, capturés en Jordanie suite à l'enlèvement raté de Khaled Mechaal. Cheikh Yassine ainsi que d'autres Palestiniens retenus par Israël, avaient été relâchés.






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