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Sur le vif

Israël : des femmes éthiopiennes stérilisées par les autorités

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 20 Décembre 2012



Israël, une démocratie? Pas pour tous les habitants du pays. Les Palestiniens ne sont pas les seuls à subir une politique d'apartheid et de discrimination. Les populations africaines, même reconnues comme juives, ne sont pas en reste.

C'est le cas des Falachas, les Ethiopiens de confession juive dont Israël a permis leur émigration en 1975, bien que la venue et l’intégration de cette population dans l’Etat hébreu est extrêmement difficile.

Après l’Ouzbékistan, c’est au tour d’Israël de faire l’objet d’un scandale à propos de femmes stérilisées à leur insu par le gouvernement afin de limiter les naissances.

Les révélations de l'enquête récemment diffusée par le documentaire « Vacuum documentary » puis rapportées par le quotidien israélien Haaretz, lancée le 12 décembre, sont tonitruantes : est rapporté le cas d’une quarantaine de femmes éthiopiennes soumises de force au Depo-Provera, un contraceptif par piqûre.

« Cette injection n’est pas un moyen contraceptif couramment prescrit. Il est considéré comme un recours de dernière intention et il est habituellement réservé aux femmes placées en institution ou souffrant de handicap », explique le quotidien, soulignant que le Depo-Provera a « une histoire infâme » car il était, par le passé, injecté à des milliers de femmes pauvres, souvent noires, entre 1967 et 1978 aux Etats-Unis, afin de réduire le taux de natalité des populations pauvres, victimes par-dessus tout de la ségrégation.

« La plupart d’entre elles n’avaient pas conscience que cette injection faisait partie d’une expérience faite sur leur corps. Certaines sont tombées malades et quelques unes sont mêmes mortes au cours de l’expérience », indique encore Haaretz, qui dénonce la « politique de contrôle absolu » de la vie des Ethiopien-ne-s, « qui commence quand ils sont encore en Ethiopie ». De nombreuses femmes se voient en effet injecter, sous la pression, du Depo-Provera avant leur arrivée en Israël.

« Les injections infligées aux femmes éthiopiennes font partie de l’attitude globale des israéliens à l’égard de ce groupe d’immigrants » qui font face à une « politique répressive, raciste et paternaliste (…) supposée respecter au mieux l’intérêt des immigrants, qui ne savent pas ce qui est le mieux pour eux. » « Au soi-disant motif qu’ils ont besoin d’être préparés à un pays moderne, ils subissent des lavages de cerveau et sont formés pour rester dépendants des organismes d’intégration », s’insurge le quotidien.

Pour les autorités qui démentent cette affaire, la fertilité des populations juives non Ashkénazes, d'origine européenne, est visiblement une menace à éliminer, par crainte de voir leur supériorité contester, quitte à violer manifestement la liberté de procréer. Mais ils n'en sont ni à leur première, ni à leur dernière atteinte aux droits de l'Homme.

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