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Israël cherche à tuer le chef politique du Hamas

Rédigé par Bamba Amara | Mercredi 11 Juin 2003

L’armée israélienne a tiré cinq roquettes hier, mardi, sur la ville de Gaza en Cisjordanie, blessant 25 palestiniens et tuant trois autres dont une femme et une fillette qui circulait à vélo. Après un moment de silence complet sur cette attaque, les autorités militaires israéliennes ont finalement reconnu que l’objectif de ces tirs était de tuer M. Abdel-Aziz Al-Rantisi, chef politique du Hamas.



L’armée israélienne a tiré cinq roquettes hier, mardi, sur la ville de Gaza en Cisjordanie, blessant 25 palestiniens et tuant trois autres dont une femme et une fillette qui circulait à vélo. Après un moment de silence complet sur cette attaque, les autorités militaires israéliennes ont finalement reconnu que l’objectif de ces tirs était de tuer M. Abdel-Aziz Al-Rantisi, chef politique du Hamas.

 

Le meurtre d’Etat est contraire à la paix

M. Rantissi ne se considérait pas en danger et ne menait pas une vie de clandestinité. Au moment des tirs, il circulait en voiture avec un de ses fils qui a été blessé. Le leader à été atteint à la jambe par un morceau de roquette, mais son état est déclaré stable.

 

Cette attaque intervient au moment où les espoirs de paix pointaient à l’horizon. D’une part, Ariel Sharon a commencé à démanteler des colonies sauvages conformément à la feuille de route. D’autre part, Abu Mazen avait rencontré des dirigeants de l’opposition palestinienne armée pour discuter d’une trêve. Le mouvement était prêt à accepter un cesser le feu mais attendait les résultats du sommet de Jordanie la semaine prochaine.

 

Le Hamas fait partie de cinq mouvements palestiniens opposés aux accords de Aqaba conclus le 4 juin, entre les Premiers ministres palestinien et israélien en vue de réaliser la « feuille de route ». Et M. Rantissi a alors exprimé son opposition à la « feuille de route ». Il avait fait savoir son refus de rencontrer Abu Mazen tant que ce dernier ne renonçait pas aux engagements pris à Aqaba.

 

Interrogé sur cette dernière opération de l’armée d’Israél, le ministre de la Justice, M. Tommi Lapide a déclaré que « toute tentative de liquider les chefs terroristes est justifiée ». M Abdel Aziz Rantisi est ainsi la plus haute personnalité politique palestinienne que l’armée israélienne a tenté d’éliminer depuis l’assassinat du leader du Front Populaire de Libération de la Palestine Abu Ali Mustapha en août 2001 à son domicile à Ramallah.

 

 

La Ligue Arabe, l’Egypte, l’Arabie Saoudite et de la Syrie ont condamné cette attaque israélienne. Le président Georges Bush s’est dit « profondément troublé » tandis que le gouvernement britannique s’est dit « très inquiet » expliquant que le « le meurtre extra-judiciaire » s’opposait à la recherche de la paix. 

 

Selon M. Abu Mazen cette attaque entre « dans le cadre des actions israéliennes destinées à saboter tout effort susceptible de permettre l'application de la « feuille de route ». »

 

Rantisi : nous combattons avec tous les moyens dont nous disposons

Membre de la direction du Hammas, Abdel-Aziz Al-Rantisi, 55 ans, est le chef politique du mouvement. Pédiatre de formation, il est né à Yebna un village arabe situé dans le territoire actuel de l’Etat d’Israel. Il grandit donc dans le camps de Ranioness dans le sud de la bande de Gaza. Il termine ses études à Alexandrie (Egypte) avant de rentrer en Palestine où il rentre en politique. Il réagit à l’occupation israélienne en refusant de payer ses impôts. Un acte qui lui vaudra 3 semaines de prison. Il effectuera plusieurs séjours dans les prisons israéliennes surtout à partir de 1987 où il prend part à la naissance du Hamas.

 

Interrogé sur son lit d’hôpital, quelques heures après avoir échappé au cinq roquettes,  M Rantisi a déclaré hier : « Nous les combattrons avec tous les moyens dont nous disposons. Cette terre est la nôtre et pas la terre des juifs. » 

 

Encouragé à sa création par l’Etat d’Israël pour diviser l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), le Hamas est devenu rapidement le mouvement palestinien défendant les positions les plus offensive contre l’Etat d’Israël dont il ne reconnaissait pas l’existence avant l’année 1993. Selon les sources militaires israéliennes, le Hamas, est à l’origine de 72 attaques suicides depuis le déclenchement de la seconde Intifada (fin septembre 2000) qui ont tué 227 Israéliens.

Dimanche dernier, le Hamas, le Jihad islamique ainsi que la Brigade des Martyrs de la Aqsa, ont mené conjointement une attaque contre un barrage militaire israélien tuant cinq soldats israéliens.

 

Hier après midi, l’armée israélienne a mené une seconde attaque faisant trois morts et dix-sept blessés sur le camp de réfugiés de Jamaliyat au Nord de la ville de Gaza.





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