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Sur le vif

Israël : appels au meurtre, l'expérience Facebook qui révèle une discrimination entre Juifs et Arabes

Rédigé par | Mardi 19 Juillet 2016



Israël : appels au meurtre, l'expérience Facebook qui révèle une discrimination entre Juifs et Arabes
Deux appels au meurtre ont été lancés en juillet sur Facebook, l’un par un juif israélien envers les Arabes et les Palestiniens et l’autre par un Arabe israélien, descendant de Palestiniens de 1948, envers les juifs et les Israéliens. Ces appels sont tous deux odieux et, pourtant, les conséquences ne sont pas les mêmes selon que l'auteur soit juif ou non en Israël.

Une expérience peu commune a été réalisée par la chaîne de télévision israélienne 10 TV avec la bonne volonté de Daniel Levy et de Shadi Khalileh, deux personnes résidant Israël qui ont accepté de lancer tous deux un appel au meurtre sur leur page Facebook respective – leur vrai compte –, afin de connaître les réactions des individus et des autorités israéliennes face à une telle action.

Des appels au meurtre plus acceptables que d’autres

Le résultat est édifiant. Le post de Shadi Khalileh n’a eu au total que 12 « likes » ; il n’a été ni commenté ni partagé par son réseau. Sa famille et ses proches n’ont pas hésité à l’appeler, non sans inquiétudes, l’exhortant à supprimer sans tarder le post. Des membres de la Knesset, qui ont entendu parler de l’existence du post par le bouche à oreille, ont également appelé Shadi Khalileh pour formuler la même demande, rapporte Washington Post.

En revanche, le post de Daniel Levy a reçu, en quelques heures, 1 000 « likes » et a été partagé 34 fois avec des commentaires du type « Nous sommes fiers de toi » et « Tu es un roi ». Son post, resté en ligne tout au long de l’expérience, n’a pas été signalé à Facebook.

Pourtant, malgré la popularité du post, Daniel Levy n’a été nullement inquiété par les autorités quand Shadi Khalileh a été… arrêté puis interrogé par la police plusieurs heures. Seul son (faux) appel au meurtre a été détecté. Il aura fallu plusieurs heures pour convaincre les enquêteurs qu’il ne s’agissait que d’une simple expérience, jusqu'à l’intervention – difficile – de la chaîne de télévision qui appelait à relâcher Shadi Khalileh.

L’expérience relève à nouveau le deux poids-deux mesures flagrant vis-à-vis de non-juifs de la part des autorités israéliennes, qui ne se préoccupent pas de la montée de l’extrémisme sioniste. Un extrémisme comme d’autres attisés par les réseaux sociaux qui jouent un rôle actif dans la propagation de la haine.

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