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Isabelle Eberhardt, sa voie et sa foi en l'Islam
Certains des ses biographes l'ont comparée à Arthur Rimbaud. D'autres leur ont tissé des affiliations sans preuves. Il demeure que le destin d'Isabelle Eberhardt est profondément marqué par sa rencontre avec le monde musulman. Femme occidentale, journaliste et écrivaine, elle se prit de passion pour une civilisation à laquelle elle consacre l'essentiel de son œuvre. Au centre de ses nombreux articles, nouvelles, récits et romans la présence de l'Islam est une constante.
Commencé dans l'Europe aristocrate de la fin du XIXe siècle, à Genève, sur les bords du lac Léman, le destin d'Isabelle Eberhardt est celui d'une femme mystique, mystérieuse, intrinsèquement humaniste. Il est celui d'une femme, née dans la bonne société européenne, éprise de liberté et de justice. Mais ce destin exceptionnel se poursuivra sous d'autres cieux, en Afrique du Nord, loin... la-bas, avec sa langue, sa culture, sa religion islam.
« Moi, à qui le paisible bonheur dans une ville d'Europe ne suffira jamais, j'ai conçu le projet hardi, pour moi réalisable, de m'établir au désert et d'y chercher à la fois la paix et les aventures, choses conciliables avec mon étrange nature» Isabelle Eberhardt - "Lettres et journaliers".
La fascination pour l'islam
Fille d'aristocrates russes exilés, née à Genève en 1877, Isabelle Eberhardt, grandit dans une famille recomposée, cosmopolite, peu conformiste, libertaire, avec trois demi-frères, dans un environnement multiculturel et intellectuel qui développe chez elle une intarissable soif de découverte, une passion pour le monde arabe et l'Islam, encouragée par son «père » Alexandre Trophimowsky, arménien, philosophe, polyglotte. Elle apprend le Français, l'Allemand, le Russe, le Latin, l'Italien, un peu d'Anglais et l'Arabe.
Elle entend parler pour la première fois de l'Algérie par ses demis-frères engagés dans la légion militaire. Quand, à 20 ans, elle accompagne sa mère souhaitant se rapprocher de l'un de ses fils, elle découvre un pays, une culture, une religion qui vont l'imprégner totalement. Elle est fascinée par l'Islam et va recevoir la révélation comme une explosion en elle. « Je sentis une exaltation sans nom emporter mon âme vers les régions ignorées de l'extase ». Elle trouve son inspiration dans les médersas et les mosquées. Elle revendique seulement la liberté de se convertir à l'islam, d'aimer un peuple et un pays - l'Algérie - d'y vivre fièrement : «Nomade j'étais, quand toute petite je rêvais en regardant les routes, nomade je resterais toute ma vie, amoureuse des horizons changeants, des lointains encore inexplorés.»Isabelle Eberhardt.
Convertie à l'Islam, c'est déguisé en homme, drapée dans les plis de son burnous, bottée en cavalier filali, qu'Isabelle Eberhardt va parcourir les immenses étendues sahariennes, à la manière des soldats bédouins , en route pour le sud constantinois.«A la place parlait et vivait un jeune musulman, un étudiant allant à la découverte de l'Islam. Isabelle était devenue Mahmoud Saadi. Dans sa vie et dans ses récits ce sera dorénavant ce nom qu'elle utilisera, le nom d'un jeune taleb voyageant pour s'instruire et qui parfois, d'un geste brusque, repoussait son guennour en arrière, découvrant un crane carré tout bosselé et qu'elle faisait raser à la mode orientale »écrit Edmonde Charles-Roux dans «Nomade j'étais, les années africaines d'Isabelle Eberhardt ».
L'amour et le soufisme
Isabelle Eberhardt va faire une expérience intérieure dans la "zaouïa" de Kenadsa, confrérie où elle est reçue en tant que "taleb", c'est-à-dire étudiant, plus précisément "demandeur de savoir " ou "voyageur en quête de sens". Elle va y trouver ce vieil islam qui la fascine et qui va la conduire vers une forme de dépouillement et de contemplation. « Etre sain de corps, pur de toute souillure, après de grands bains d'eau fraîche, être simple et croire, n'avoir jamais douté, n'avoir jamais à lutter contre soi-même, attendre sans crainte et sans impatience l'heure inévitable de l'éternité… » !
En quittant Genève et en s'enfonçant de plus en plus au coeur du Sahara, Isabelle Eberhardt, née de père inconnu, déclarée « illégitime » à la naissance, va rompre définitivement avec l'Occident matérialiste et colonisateur. Elle va découvrir ces peuples du Sud qui seront les héros de ses écrits. Au contact de la population indigène, elle observe les gens, pose sur eux un regard d'une intense acuité, sans exotisme. Elle trouvera la réponse à sa problématique socio-psychique dans la culture et la religion musulmane. Ces musulmans- indigènes, Isabelle Eberhardt va non seulement prendre fait et cause pour eux contre les colonisateurs, mais elle va également les rejoindre dans son engagement spirituel. Ces êtres rejetés par la société colonisatrice, elle les suit dans leur vie, dans leur destin vers la mort, dans leur chemin vers Dieu.
Elle sillonne l'Algérie du Nord au Sud, d'Est en Ouest mais c'est à El Oued –dans le Sud- qu' Isabelle revient, rencontre Slimène Ehnni, l'homme de sa vie, un jeune «soldat indigène» de l'armée française en Afrique du Nord, s'y installe, se marie avec la Fatiha seulement, selon le rite musulman. L'union de l'Européenne et du spahi indigène fait scandale. L'armée française lui refuse le mariage civil, l'enjoignant de quitter l'Algérie, estimant que son mode de vie est un facteur de troubles, ses fréquentations de zaouïas suscitaient la méfiance des colonisateurs français ! Exilée à Marseille pendant un an, elle obtient enfin l'autorisation d'épouser civilement en octobre 1901, Slimène, grand, visage fin, teint sombre, une famille de spahis engagés depuis trois générations, le Français étant sa langue autant que l'Arabe. Isabelle d'origine russe, obtient la nationalité française et le couple rejoint l'Algérie en 1902.
Le repos au cimetière de Aïn Sefra
Calomniée, espionnée, raillée par les colons « l'étrangère, la scandaleuse», des jours, des nuits, guettant le retour de Slimène retenu à la caserne- des permissions rares- une promotion qui s'envole- un solde dérisoire, un semblant de toit- un gourbi à Ain-Sefra, une volonté farouche … ! Pour son spahi, la nomade met le pied à terre, s'assagit. finies les grandes chevauchées –Mahmoud Saadi redeviendra Isabelle, habillée, vivant comme les femmes du Sud. «… Peu importeraient la misère, réelle maintenant, et la vie cloîtrée parmi les femmes arabes… Bénie serait même la dépendance absolue où je me trouve désormais vis-à-vis de Slimène - qu'elle appelle Rouh' - mon âme… Mais ce qui me torture et me rend la vie à peine supportable, c'est la séparation d'avec lui et l'amère tristesse de ne pouvoir le voir que rarement, quelques instants furtifs.. ».
Slimène en permission, après une longue absence, le dernier jour passé ensemble. Aïn Safra fut en octobre 1904 le théâtre d'une grave inondation, la ville emportée. Isabelle, affaiblie par la maladie est retrouvée morte dans les ruines de sa maison. Trois années d'un amour incommensurable ! Enterrée selon le rituel musulman, au cimetière de Aïn Sefra, sa tombe est jusqu'à nos jours visitée. Isabelle n'avait que 27 ans. De la mort, elle a écrit : " Tout le grand charme poignant de la vie vient peut-être de la certitude absolue de la mort. Si les choses devaient durer, elles nous sembleraient indignes d'attachement. " (A l'ombre chaude de l'Islam)
De sa courte vie, elle en fit un long voyage « .. la fièvre d'errer me reprendra, que je m'en irai; oui, je sais que je suis encore bien loin de la sagesse des fakirs et des anachorètes musulmans… Au fond, cela serait la fin souhaitable quand la lassitude et le désenchantement viendront après des années- Finir dans la paix et le silence de quelque zaouïa du Sud, finir en récitant des oraisons extatiques, sans désirs ni regrets, en face des horizons splendides… !» Slimène, très affecté par la disparition, d'isabelle, ne lui survivra que trois ans.
Cent ans après sa mort, Isabelle Eberhardt reste un personnage fascinant. Une femme d'exception transcendée par une religion « l'Islam : « Ainsi, nomade et sans autre patrie que l'Islam…C'est bien la paix, le bonheur musulman- et qui sait ? peut-être bien la sagesse... »
Pour aller plus loin, en plus des nombreuses biographies, on peut consulter: Yasmina (1902), Le Major (1903), La Rivale (1904), Nouvelles algériennes (1905), Dans l'ombre chaude de l'islam (1906), Les Journaliers (1922) .
Commentaires articles
1. Posté par
azou
le 20/12/2006 20:31
merçi pour cet article sur personnage inconnu dans le mulieu intelectuel en algerie de l'idependence bravo mille fois , et j'espere que les autorités algeriennes s'interesse un peu sur mille d'isabelle et autre
2. Posté par
bouchedoub aeh
le 06/01/2007 18:57
je suis parmis les gens qui s'interessent de la llecture.je n'ai jamais enendu parler de ctte femme extrordinaire,que je viens de decouvriratravers untexte de lecture de la 2eme an,née moyenne du prgramme algerien.
je tiens à remercier tout ceux qui ont ete l'laboration de ce livre de ledture d'avoir donner aux jeunes algeriens cette chance de connaitre des ecrivains qui s'interessent de notre histoire ,et vde notre culture avec sa diversité.
mr bvoucheddoub
3. Posté par
imane04
le 14/01/2007 09:10
Vous n'imaginez pas l'émotion que je ressens à lire cet article - une amie très chère m'a offert "les journaliers" il y a quelques années - Fascination,aucun autre mot ne convient pour dire ce que j'ai éprouvé - Fascination qui demeure...quelle vie!Quelle personnalité!Quel Destin ! Qu'elle repose en Paix . c'est un véritable amour que je ressens pour cette femme passionnée par l'Islam ,par le monde Arabe
4. Posté par
HAIDARA
le 03/04/2007 15:09
Il y a près de vingt ans, je lisais à Tombouctou dans un journal publié à Paris un court article sur Isabelle Eberhardt avec en illustration sa dépouille mortelle. L'mage n'a cessé de me fasciner tout au long de ces années et c'st en vain que j'ai cherché, lorsque je pris de l'age, le journal. Ce jour, dans le n° en cours du même journal, je lis dans un article relaif aux célèbres reconvertis à l'Islam le nom d'Isabelle Eberhardt. Je sauta sur Internet et découvrit votre site. Je suis émervéillé et plein d'émotion devant son histoire, si courte, si riche ... vraiment inachevé. Que son âme repose en paix !
5. Posté par
boudaoud
le 04/04/2007 10:49
merci pour cet article interessant
interesse moi mème par cette ecrivain talentueuse
qui inaugure justement le dialogue entre les civilsation
je vive dans la meme ville ou se trouve la tombe d'isabelle eberhardt
ain-sefra.
6. Posté par
mihi abdelkader
le 07/04/2007 16:51
J'ai cotoyé cette femme pendant longtemps parce que j'ai eu le plaisir de traduire quelques textes à l arabe pour permettre aux jeunes de mon pays de la lire . je la considere personnellement comme étant un écrivaint algerin
7. Posté par
mihi abdelkader
le 11/04/2007 17:07
suite n-6 la plupars des jeunes algeriens ne connaissent pas cette ecrivain qui a été parmi les premiers à parler des exactions de la machine d'occupation française en algerie . c'est elle aussi qui a fait connaitre au monde la beauté d'EL-oued et la bonté de ses habitants . nous nous rappelons toujours , à EL-oued , de cette femmes qui nous a aimé . Et meme si nous oublions les visiteurs venus sur les traçe d'IE se chargent de nous le rappeler . j'ai , quant à moi , taduit à l'arabe tout ce qu'elle a écrit sur le SOUF dans un livre intitulé RETOUR DE L'AMOUREUX EXILE
8. Posté par
cherif
le 17/05/2007 13:15
ISABELLE EBERHARDT vivait avec mon grand père cheikh elhachemi cherif chef de la zaouia kadria à baydha 06 km sud d'El-oued. Ma mère me racoçntait qu'elle était trés respectée par le vénéré cheikh et même lui fait asseoir à coté de lui au cours des réunions des notables et qu'elle préfarait galopait sur son cheval blanc offert par mon grand père des heures et des heures dans le désert.. une chose que n'est pas plus lu dans uncun document qu'elle est appelée mahmoud à l'extérieur de la zaouia mais appelée Aziza à l'intéruer de la zaouia…
Elle a été victime d'un attentat à behima , village à l'est d'eloued elle accompagnait mon grand père dans sa visite au tombeau de son père à Nefta (tunisie). Le Cheikh et ses adeptes et Isabelle avec eux prenaient du thé dans la chambre de (sqifa) (chambre d'invités qui se trouve à l'entrée de la maison) .. le cheikh prend congé de ses compagnons pour faire ses ablutions pour les prières de assar (prière entre midi et le coucher du soleil) le cheikh se lève et enlève son burnous vert de ses épaules et le tend à Isabelle. Celle-ci le posa sur sa tète / le cheikh entra à la maison et voilà qu'un jeune bien robuste bondit dans la chambre un sabre à la main et vise le burnous vert et frappe… mais heureusement il y a sur la tète des gens une corde qui servait d'armoire pleine d'habit et cette corde a amorti la coup et dévié peu le sabre qui toucha l'épaule d'Isabelle… le cheikh sortit et empècha le lynchage du jeune qui s'est avéré adepte d'une confrérie pro-française anti-kadria.. et le garde sous sa protection et exige la présence d'un officier (eloued était considéré territoire militaire et commandé par des militaires// isabelle transportéé à l'hopital d'eloued et le cheikh remet le terroriste à l'officier… arrivons au verdict du tribunal de constantine : isabelle doit quitter l'algérie (élément de trouble dans la région) et le terro fut relaché considéré comme fou… politiquement elle a été accusé d'agent de liaison entre les anglais et mon grand père vu que le cheikh a un antécédent politique contre l'occupation et fut emprisonné et exilé du souf … isaballe parle de son retour à Eloued dans sous l'ombre chaude de l'islam sous le titre fantasia le retour de l'exilé d'un pays lointain chimèrique :La France
9. Posté par
Akossiva
le 17/05/2007 20:05
Je suis tellement fascinée de Isabelle Eberhardt que j'ai décidé d'écrire un mémoire sur elle et sa littérature. Malheureusement, il n'y a pas beaucoup de littérature sur elle dans les universités. Merci à cherif pour votre commentaire très intéressant.
10. Posté par
habiba
le 24/09/2007 13:28
pourquoi nous ne somme jamais daccord
un jour j'ecoutais la radio et une francaise qui etais l'epouse d'un muslman racontais qu'elle avait poser une question a 10 imem aucune reponse iddentique.
c'est la question que je me pose pourquoi
http://boubouna.07@hotmail.fr
11. Posté par
nouara
le 15/10/2007 23:11
merci pour cet article intressant et merci pour les gens qui ont envoyé leur commentairs je suis entrain de faire mon memoire sur ce personnage extraodinnaire et j'aimerai bien avoir plus d'infos sur elle merci à tous
12. Posté par
hamza belhachemi
le 23/10/2007 23:30
je veux visiter famille isabelle eberhardt a la suisse.je suis hamza belhachemi j'habite a ville ain sefra et je suis chonteur
http://hamzabelha@yahoo.fr
13. Posté par
chami
le 02/11/2007 00:05
14. Posté par
belhachemi hamza
le 14/11/2007 12:02
salut comment vas tu j'aimrais faire votre connaissance parce que j'ai beaucoup des chose a vous dire.j'habite a ville Ain Sefra ville (isabelle eberhardt)ptite paris au passé et maintenant c'est pays de sable.Ain Sefra .contacter moi s.v.p
http://www.e.monsite.com/belhacheme
15. Posté par
chami
le 07/12/2007 22:44
ISABELLE EBERHARDT.
Quand il a tapé sa dépression nerveuse due aux problèmes et peut-être à la torture qu'il a connus à Alger en 1970, Ali Abdelhamid CHAMI allait tous les jours comme téléguidé vers la tombe d'Isabelle Eberhardt et y restait jusqu'à ce que sa mère notre chère TATA HAMID vienne le chercher le soir. Isabelle Eberhardt, cette aventurière dont le nom seul évoque comme un film étrange d'un extraterrestre, est venue comme un avertissement, indéchiffrable à l'époque, annonçant que le colonialisme n'est pas à son apogée mais à sa fin et qu'il ne peut réussir que dans le respect total de la culture des autochtones, c'est à dire que seule une intégration totale dans la culture indigène peut donner longue vie à la colonisation qui n'en serait alors plus une, une culture ne pouvant pas coloniser une culture ancestrale. Elle perd l'un après l'autre une famille d'intellectuels ( chacun parlant au moins trois langues), elle les perd en cascade en l'espace de quelques années, suicide, asphyxie, disparition tel est le lot qu'elle a eu avec ses frères et sa nièce. Elle peut se vanter d'être originaire de toutes les races, slave, juive, français, russe, arménienne, allemande, italienne, turque, arabe, suisse. Grandie dans un milieu très évolué, elle a eu le destin de ceux qui dépassent leur temps. On ne sait pas de quel père elle est issue, Rimbaud, Trophimowsky ou le médecin turc de la famille, ni quand et comment elle a embrassé l'Islam, à la naissance ou à la maturité. Elle s'habillait en homme parce qu'elle ne voulait être entretenue par quiconque et parce qu'elle refusait l'esclavage sous toutes ses formes. Elle était à la recherche d'elle-même et tout le monde se demandait qui est cette femme dans cette tenue masculine. Elle demeure et demeurera une éternelle énigme. En décrivant la misère, elle dénonçait la pacification, alors vantée par tous, et elle participait aux enquêtes sur les exactions de l'armée coloniale. Elle a aimé l'Algérie quand elle en a entendu parler pour la première fois ne cessant de correspondre avec son frère Augustin et avec ses amis pour en savoir toujours plus sur notre pays. En Algérie, elle est du côté des étudiants à Annaba et du côté des paysans à Ténés, elle pardonne et demande pardon à son agresseur pour lequel elle ne trouve ni mépris ni haine. Victor Barrucand disait d'elle qu'elle était imbibée comme une éponge des souffrances d'autrui et se posait en défenseur de ses frères les musulmans d'Algérie, partout ou elle passait des lettres anonymes la dénonçait à l'administration coloniale. La police la suivit déjà à Genéve et partout il y avait un œil sur elle. Elle n'aime pas Alger qui ressemble à l'Europe et qui pollue l'environnement spirituel et Historique, elle aurait souhaité qu'on demande leur avis aux indigènes sur l'architecture de leur pays, elle voulait une étude d'impact poussée à fond, une assimilation à l'envers selon le terme de Jaqueline Arnaud. Cette éternelle indésirable ne peut être comprise et aimée que par des hommes libres. On ne peut écrire sur la liberté, le voyage ou la femme sans citer Isabelle Eberhardt. Sa soif de liberté se résume dans son mot célèbre : « Je n'ai pas trouvé la liberté chez les libertaires ». Pour cette femme, rien ne comptait si ce n'est ce que lui dicte sa conscience. Son écriture n'a qu'un seul qualificatif : la liberté. Elle représente le meilleur exemple du journaliste libre donnant une leçon au monde entier. A la différence de Camus, elle axe son écriture sur les autochtones algériens plutôt que sur les colons. Elle écrit normalement dans trois langues, le français, le russe et l'arabe, et parle couramment plus de six langues. Elle discutait avec les légionnaires a Ain-Séfra chacun dans sa propre langue. Elle aide son frère à Marseille malgré la misère et elle palpe de ses propres mains les luttes de classes en contactant les dockers du début du 20 siècle. En tant que reporter de guerre, elle donne au quatrième pouvoir un magnifique exemple de courage et de vérité. Elle n'a pas suivi les anarchistes et les nihilistes, peut-être a-t-elle trouvé un nihilisme plus fort dans le nomadisme à l'image des pas qui s'effacent automatiquement dans le désert et l'anarchisme dans l'organisation des zaouïa de l'islam soufie qui était encore pur au début du 20iem siècle. Pour elle le but de l'anarchie c'est l'homme. Elle s'était complètement engloutie dans notre société et elle disait : « j'ai voulu posséder ce pays et ce pays m'a possédait ». Elle est le meilleur exemple du contact entre l'orient et l'occident, un contact d'où le superficiel est banni. Elle s'est imposée au général Lyautey, l'homme qui voyait loin et qui ne pouvait que respecter cette femme hors du commun. Elle se demandait pourquoi, alors que les indigènes n'ont rien, leur refuse-t-on jusqu'à la tranquillité de ce rien. L'œuvre d'Isabelle Eberhardt représente pour nous des documents historiques sur nos habitudes, nos us et coutumes du début du 20 siècle, nos mariages, nos amours, nos fêtes, le marché, l'adolescence, la misère, les problèmes, la sorcellerie, la naissance, la mort, la joie, tout est décrit avec un regard juste et profond, un regard qui reste encore à définir. Elle a prévu dans ses textes le « ALLAHOU AKBAR » du premier novembre 1954. A part les textes officiels des administrateurs et les rapports des généraux, il n'y a que Isabelle Eberhardt qui a parle de nous. Pour tout cela nous avons une dette envers elle et nous lui devons une immense reconnaissance : Elle n'est pas seulement un écrivain maghrébin, c'est, pour nous, un écrivain de Ain-Séfra. Notre tâche consiste à la comprendre et à être, pour la dédommager, à la hauteur du premier centenaire qui doit donner un plus à l'étude de cet être étrange qui a balaye d'un coup toute son éducation occidentale, toujours en crise, et qui a aimé notre façon d'être et notre religion. Cet écrivain qui est l'unique au monde à avoir écrit sur Hadjrat Lemguil, a touché presque toute notre région, Ain-Séfra, Figuif, Djnan Dar, Mograr, Kenadza sur presque tous les journaux et périodiques de l'époque. Avec le maréchal Lyautey elle parlait de la vie de nos parents qu' elle nous a transmise au jour le jour avec un talent remarquable et un style réaliste parce que tout venait du plus profond du cœur. Elle fait partie de notre patrimoine culturel et artistique, qu'on le veille ou non, et c'est pour cela que Ain-Séfra ne pardonnera jamais à ceux qui l'ont assassinée pour la deuxième fois en interdisant les journées sur Isabelle qui devaient être organisées le 21 et 22 octobre 1987 en préparation du 2004 ( le premier assassinat étant commis un certain 6 mai 1984, passant ce jour-là de la HOGRA des hommes à la HOGRA des villes). L'avortement de ces journées durant lesquelles des personnalités étaient invitées de tous les coins du monde était pour l'écrivain BENAMARA Khelifa une perte immense causée par l'ennemie public numéro 1 de l'Humanité : L'ignorance. La fin d'une Nation commence quand on ne laisse pas ses enfants chercher leur Histoire et s'exprimer en toute liberté. Si nous ne nous occupons pas de la culture nous devenons insensibles et avec l'insensibilité et l'indifférence, tout peut nous arriver. Comme ALLA ELFONDOU était vivant et censuré chez lui, MAHMOUDA était morte et censurée dans sa tombe. Nous avons perdu 17 années de réflexion et de préparation, qui peut nous aider à les rattraper?
On est quand même heureux que la question du centenaire et son importance ne se pose plus, ce qu'il faut maintenant c'est être digne de l'évènement, qu'on ne parle plus d'espionnage pour saboter le centenaire, mais pour expliquer le personnage. De toute façon, pour nous, espionne au service du colonialisme français, Isabelle Eberhardt ne l'était pas pour la simple raison que Sidi Bouamama n'a jamais mis personne en garde contre elle et qu'il ne s'était pas opposé à son enterrement parmi les musulmans ; Si elle était espionne, elle aurait rejoint Sidi Bouamama tout en évitant de se montrer avec Lyautey devant le monde entier, et Sidi Bouamama aurait eu de très grandes difficultés avec elle, il se serait même fait arrêter par Lyautey. Isabelle Eberhardt n'appartient pas au patrimoine de la France et encore moins à son patrimoine colonial. Elle a posé un problème de civilisation, elle aurait rejoint Frantz Fanon si elle avait assisté à la guerre d'Algérie, Isabelle Eberhardt voulait une autre solution au colonialisme ou au moins son humanisation si ça existe. Il ne s'agit pas non plus de forger à Isabelle une personnalité qui nous arrange et arrange tout le monde, il ne s'agit pas de faire d'elle une arabo-musulmane nationaliste et révolutionnaire coûte que coûte. Non, il faut la prendre telle qu'elle fût et essayer de comprendre, sinon ce n'est pas la peine de se poser des questions. Le travail colossal fait par Edmonde CHARLES ROUX et la critique mondiale qui l'a suivi ne suffiront pas à localiser le personnage. Ce sera le deuxième centenaire, en 2104, que nos enfants et petits enfants auront une idée exacte de ce que fût SEID MAHMOUD qui a continue un peu l'écriture des milles et une nuits en Algérie. Notre travail n'est pas de sinécure, la compilation des archives des régions qu'elle a connues, la lecture et l'analyse des textes et livres d'ISABELLE en faisant attention aux retouches de Victor Barrucand, parce que ce juste, ce social, ce libertaire a censuré notre grand écrivain et peut-être que monsieur lyautey n'a pas remis tous les documents manuscrits, la traduction en arabe de Farhat BAROUNI de « NOMADE, J'ETAIS », la vision et la critique des films, le rassemblement de tous les textes des colloques et journées faits sur ISABELLE EBERHARDT et surtout celui fait à Paris à l'institut du monde arabe le 06/02/2003, la lecture « musicalisée » de ces textes et les pièces de théâtre, tous les articles de presse qu'elle a faites et qu'on a faits sur elle dans toutes les langues, tout doit être disponible, étudié et critiqué. On n'écrit pas sur la liberté, la femme ou le voyage sans citer ISABELLE EBERHARDT, alors tous les écrivains l'ont citée au moins une fois dans leur œuvre. L'étude de cette énigme des deux siècles demande beaucoup de temps, de patience, beaucoup de travail et de réflexion d'autant plus que l'écrivaine donne envie d'être connue tout en demeurant voilée pour tous. Ce qui est obscur dans cette personnalité l'est resté tout au long du siècle dernier, les écrits récents sur elle posent les mêmes problèmes que 1904. Elle est cachée même à ceux qui l'ont étudiée dans la langue qu'elle utilisait le plus, c'est pour cela que tous les intellectuels arabes qui l'ont connue ont demandé la traduction de ses œuvres, chose qui ne s'est pas encore bien fait parce qu'elle rencontre des difficultés de part la liberté de l'écriture, la recherche de la vérité, la transcription du sentiment et l'autocensure. Les journaux de l'époque ont consacré de nombreux articles sur elle, « ce qui est écrit sur elle est inépuisable » a dit Jaqueline ARNAUD. Le personnage que nous étudions n'est pas un être comme les autres. La lettre qu'elle écrit à son mari à l'hôpital de Batna nous montre qu'elle insistait sur l'Islam plus que lui. Elle choisit de rentrer dans le monde soufie à la Quadiria. Entre-temps, elle boit, elle fume le hachisch, elle fait tout ce qui est interdit par l'Islam, On dit qu'elle a eu des relations incestueuses avec son frère Augustin. Elle a aimé sa liberté plus que sa religion. Son mari la présente sous sa double personnalité, sa femme Isabelle et son compagnon Mahmoud. Sa personnalité est représentée dans tous ses personnages hommes et femmes qui sont réels comme vivants avec nous. Son comportement donne une leçon de liberté au monde entier. Elle disait « la chose la plus difficile, la seule difficile peut-être est de s'affranchir et encore bien plus de vivre libre ». Elle est émerveillée par les milles et une coupoles de Oued Souf et elle fait une déclaration d'amour à Ain-Séfra quand elle la revoit pour la deuxième fois. Lors de la commémoration du 99ieme anniversaire célébré à Ain-séfra par l'association BALAGH au foyer d'animation de la jeunesse de boumreifeg, un intervenant a posé un problème nouveau, il s'est demandé si Isabelle ne s'est pas suicidée le 21 octobre 1904. Bien qu'elle parlait trop de la mort la voyant venir, je ne crois pas qu'Isabelle Eberhardt soit du genre à se suicider et encore moins en profitant de l'occasion de l'oued, on ne se suicide pas devant la mort. Maintenant elle gît éternellement à coté et un peu au-dessus de l'oued qui l'a emportée, elle doit l'écouter chaque fois qu'il explose. Presque tout le tourisme mondial utilise son nom dans ses publicités, elle fera oublier l'oubli de Ain-Séfra et de son Histoire. Malheureusement il ne reste maintenant de « BLED EL KHAOUF » que la peur de l'oued qui l'a emportée. Tous les morts enterrés à SIDI BOUDJEMAA méritent le respect total. Rien dans la commémoration du centenaire ne doit gêner le sommeil des voisins d'Isabelle EBERHARDT. Les ministres ou autres visiteurs doivent marcher comme tout le monde en faisant attention aux tombes. Le couloir de dalles de pierres qui mène à ISABELLE en passant sur d'autres tombes, en plus que c'est un sacrilège, casse tout le sens que nous avons de cette commémoration.
AIN-SEFRA LE 11/11/2003.
CHAMI Mohammed Elhabib.
16. Posté par
abdalilah
le 13/12/2007 18:14
en reponse a http://boubouna.07@hotmail.fr ,
le desaccord n'est pas en islam , la difference vient des personnes . l'esprit de l'islam est le meme , avantage les gens . mais les gens (les imames ) qui en disposent selon leur visions , d'une maniere subjective .
heureusement , je dis bien merci a dieu le sage , le plus savant , qu'il nous as pas mis sous l'autorité d'un ordre religieux dans notre vie personnelle . mais a referé l'interet commun a des responsables communs . maintenant se sont les gouvernement .
exemple : si je vais faire une chose qui ne concerne que moi , uniquement moi . moralement et physiquement . je vais savoir par mon coeur de musulman si c'est du bien ou du mal que je me fait . et je prend la decision selon mon degre de foi , et d'amour envers dieu , et de mes capacités .
si cette chose que je vais faire va causer du mal a une autre personne , morallement ou physiquement etc ... alors la , on n'est plus dans une liberté , mais dans une relation de paix a respecter . a sauvegarder , dans ce cas , c'est l'ordre public , et il est de la responsabilité des responsables supreieures , sans enlever rien de ta propre responsabilité . et tu les associent ( les responsables communaux ) dans le bien ou le mal que tu fait . parcequ'ils ont acceptés ta responsabilité et celle de tous ceux qui sont sous la leur . c'est plus une corvée qu'un privilege d'etre responsable . si seullement ils savaient c'est quois la responsabilité ?!!!! :) personne ne voudras etre responsable .
donc la divergence vient des imamaes , parceque chacun a un environnement sociopsychologique , economique etc , qui le pousse a decreter tel ou tel jugement .
le grand probleme c'est l'abscence de l'objectiivité , la neutralé . car il faut avantagé le bien des gens sur le mal . la paix sur le desordre , la concorde sur , la discorde etc ...
merci
et dieu seul sait .
17. Posté par
HENINE
le 13/12/2007 18:37
Salut tout le monde, c'est très intéressant ce que vous venez d'écrire, Isabelle wilhelmine Marie Eberhardt reste et resterait un patrimoine culturel et touristique d'Aïn-Séfra. Je lance un message à tous, à tous ceux qui désirent connaitre cette grande romancière, cette grande journaliste, cette grande dame, cet grand 'Unique-homme à habit masculin, qu'il s'adresse à nous. Qui sommes-nuos ? Il ya pas mal d'intellectuels ici à Aïn-Séfra, qui s'occupent du patrimoine culturel et qui font des recherches sur l'histoire, alors n'hésiter pas à nous demander. Je vous cite quelques noms que vous pouvez contacter : HENINE BRAHIM; CHAMI HABIB, BOUDAOUD BELLAREDJ, BENAMARA KHELIFA je ne cite que ceux-là. A Bientôt AMICALEMENT VOTRE ! Merci de votre intention !
18. Posté par
nouara
le 11/01/2008 15:04
bonjour tout le monde merci à tout ceus qui peuvent me donner plus de renseignements qui concernent isabelle eberhardt je suis etudiente à paris8 et je fais mon memoire sur cette femme extraordinaire, notamment les gens d'ain sefra ou ceux qui sont interesses par cet etre pas comme les autres
merci et bon courage à tout le monde
19. Posté par
barouni
le 13/01/2008 02:38
Je suis heureux d'apprendre, à travers les commentaires, que pas mal d'intellectuels algériens de Ain séfra, de Paris ou d'ailleurs s'interessent enfin à Isabelle Eberhardt et souhaitent en faire un patrimoine historique et culturel.J'ai vécu longuement avec ce personnage en traduisant toute l'oeuvre fabuleuse d'Edmonde Charles Roux"Nomade j'étais" et j'ai découvert qu'à travers cette femme un pan de l'histoire d'Algérie et même dans une proportion moindre celle de la Tunisie peut être mieux appréhendé.Il est vrai qu'Isabelle Eberhartd est une femme extraordinaire par ses qualités humaines malgré tout ce qui a étè dit sur sa conduite, son espionage et sa conversion à l'islam mais ce qui est plus important à mon avis c'est de la suivre de prés dans ses écrits ses déplacements et dans tout ce qui été écrit sur elle pour découvrir des richesses fabuleuses dans tous les domaines.C'est dans cet esprit que j'ai voulu attirer l'attention des jeunes arabophones en traduisant "Nomadede j'étais" .Il y a beaucoup à faire il faut donc bien s'organiser . Farhat Barouni Tunis Tunisie
20. Posté par
salima
le 13/02/2008 21:47
bonjour, je suis à la recherche des livres de Isabelle EBERHARDT. tout comme beaucoup d'algérien, je suis fascinée par cette femme.
ici à Béjaia, je n'ai trouvé aucun livre. je souhaiterai entrer en contact avec des personnes qui aiment Isabelle, comme je souhaite également lire son livre intitulé "dans l'ombre chaude de l'Islam" merci.
21. Posté par
salima
le 29/02/2008 11:02
bonjour,
je suis tj à la recherche des livres de isabelle EBERHARDT, je souhaiterai entrer en contact avec tous et toutes celles qui s'interessent à Isabelle , je laisse mon adresse :
nuseba-salam@yahoo.fr
merci et salam allaikoum
22. Posté par
Prince
le 05/03/2008 11:19
Bonjour,
Marie-Odile Delacour et Jean-René Huleu travaillent depuis vingt ans sur ce personnage extraordinaire :-) je pense qu'ils vont sortir bientôt un livre sur Elle qui s'intitule " "le voyage soufi d'Isabelle Eberhardt"
http://littera05.free.fr/trame7delacour.htm
23. Posté par
Atia Med
le 08/03/2008 16:32
slt j'habite a Hassani Abdelkrim ( Ex.Behima) wilaya d'El-Oued et dans mon village Isabelle a été véctime d'un attenta car un des homme a esssayer de la tuer parce-qu'il a ponsé que c'été un espion.
24. Posté par
vogelweith guy
le 31/05/2008 03:28
En accordant une place importante à Isabelle, il conviendrait à présent d'élaborer une anthologie des textes émanant des Européens séduits par l'Islam. je pense à Louis Massignon, au Père Gardet, à Psichari, au Père Charles de Foucauld etc...
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