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Insécurité : promesse tenue…

Rédigé par Mom Nicolas | Samedi 10 Août 2002

Comme prévu, l’assemblée nationale a fait passer les lois et amendements concernant la délinquance juvénile. L’ensemble des parlementaires de droite a même durcis les mesures, rajoutant la suppression des allocations familiales aux familles ayant un enfant en détention. 3,5 milliards d’euros sont prévus pour la création de 10.100 emplois et la construction de 11.000 places de prison d’ici 2007.



De vives réactions, de députés de gauches, ont éclaté à l’assemblée nationale. Faisant suite au vote des fameuses lois et amendements de l’ordonnance de 1947 protégeant les mineurs. C’est dans un climat tendu, que les députés de droites ont même durci les lois, en supprimant les allocations familiales aux familles de délinquants.

Caractére illusoire de l'égalité des chances
Ces lois, censées pourtant résultées d’une enquête menée par le sénat, ne prend pas en compte le contexte sociale difficile des banlieues. Pierre Bourdieu (sociologue au College de France), dans son ouvrage, les héritiers, avait dénoncé le caractère illusoire de l’égalité des chances à la réussite scolaire. Prenant en compte le contexte social où évolue tout individu, il est clair qu’à la base un enfant du 16ème arrondissement a plus de chance de réussir qu’un enfant de Sarcelles, des ZEP (zone d’éducations prioritaires). Supprimer les allocations familiales c’est punir l’ensemble d’une famille évoluant déjà dans un milieu défavorisé. C’est creuser davantage la fracture sociale. Misère sur misère engendre un sentiment d’injustice, un sentiment de rébellion et donc un climat d’insécurité. A cette initiative, s’ajoute la création de centres fermés spécialisés pour les mineurs délinquants de 13 à 16 ans, ainsi qu’une détention provisoire dés 16 ans.

Plus dévastateurs que constructeurs
Les statistiques montrent pourtant les difficultés des anciens « tolars » à se réinsérer dans la vie active. De plus de nombreux traumatismes psychiques issus de l’incarcération ont été mis en évidence chez l’adulte. Imaginer de telles expériences chez l’enfant semblent beaucoup plus dévastateurs que constructeurs. Ces mesures constituent en fin de compte la continuité de la politique répressive du ministre de l’intérieure Sarkozy. A la violence, elle répond par la violence, au mal aise des banlieues, elle répond par la répression.

« Du bleu » partout dans les cités, des flash ball, des prisons pour enfants, des banlieues davantage marginalisées… C’est toute une tranche de la population française qui subit la politique de l’insécurité. Dont son seul défaut est peut être de ne pas avoir un poids électoral suffisamment important pour envisager d’autres solutions plus constructives et moins radicales.





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