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Ingrid Betancourt, le pari de la liberté

Rédigé par Colin Zohra | Mercredi 27 Août 2003

M. Bertrand Delanoë, maire de la ville de Paris, a reçu la famille d’Ingrid Betancourt le samedi 23 août dernier. Le même jour, une centaine de personnes ont défilé à Paris pour soutenir l’ex-candidate du parti des Verts aux élections présidentielles de 2002 en Colombie que les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) ont enlevée en février 2002, avant les élections. Les FARC proposent de la libérer en échange de leurs amis politiques détenus dans les prisons colombiennes.



M. Bertrand Delanoë, maire de la ville de Paris, a reçu la famille d’Ingrid Betancourt le samedi 23 août dernier. Le même jour, une centaine de personnes ont défilé à Paris pour soutenir l’ex-candidate du parti des Verts aux élections présidentielles de 2002 en Colombie que les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC)  ont enlevée avant les élections. Les FARC proposent de la libérer en échange de leurs amis politiques détenus dans les prisons colombiennes.

Le parcours d’une femme engagée
Ingrid Betancourt a passé une grande partie de son enfance entre la France et la Colombie. Elle est la Fille cadette d’un ancien Ministre de l’Education Nationale colombienne devenu ambassadeur à l’Unesco à Paris. Sa mère est connue en Colombie pour son action en faveur des enfants des rues. Mais elle entrera en politique et deviendra sénateur. Ingrid a suivi des études de sciences politiques en France. Elle épouse un diplomate français. A la séparation du couple, elle rentre en Colombie où elle se lance dans l'action politique. Elle s’engage dans le but de combattre le système politique colombien corrompu par le cartel de la drogue qui finance presque toute la classe politique.

En 1994, elle devient député du parti libéral sans céder à la corruption. Elle s’acharne alors contre le président Samper lorsqu’elle découvre qu’il est financé par le Cartel de Cali. Elle mène sa propre enquête et apprend que la mafia finance aussi une centaine de députés. Elle réussit à obtenir une cession parlementaire contre le chef de l’Etat qui est acquitté par les députés. Peu après elle échappe à un attentat. Elle reçoit des menaces de mort pour ses enfants dont elle est obligée de se séparer, les confiant à leur père, pour continuer son travail. Puis elle décide de devenir sénateur. Pour cela, elle fonde son propre parti : Oxygène. Elle est élue sénateur en 1998 sans céder à la corruption. Mais elle démissionne de son poste de sénateur en 2001 pour préparer librement les élections présidentielles de 2002. C'est alors que le 23 février elle est enlevée par un commando des FARC. Elle maintiendra sa candidature malgré tout et obtiendra 0,5% des voix.

L’inquiétude de la famille
Depuis mai 2002 sa famille n’a aucune preuve de sa survie. La semaine dernière, Paul Reyes porte-parole des FARC a donné des assurances sut l’état de santé d’Ingrid Betancourt : ' Elle est en bonne santé physique et morale '  dit Paul Reyes avant d'ajouter qu'elle est très inquiète : ' parce qu’elle ne voit pas l’intérêt du côté du gouvernement colombien, pour que les autres prisonniers et elle-même recouvrent rapidement leur liberté '

Pour une probable libération d’Ingrid Betancourt, le porte-parole des FARC réaffirme leur position : ' tous recouvreront leur liberté dès la signature d’un accord quand les nôtres sortiront de prison '. La guérilla souhaite aussi la démilitarisation de Putumayo et de Caqueta, deux départements du sud de la Colombie.

Ingrid Betancourt est mère de deux enfants : Mélanie (18 ans) et Lorenzo ( 15ans.) Elle possède la double nationalité (française et colombienne) depuis son premier mariage avec un diplomate français Fabrice Delloye. La famille a demandé l’assistance du gouvernement français pour négocier sa libération . A ce jour Ingrid Betancourt est toujours prisonnière des FARC.

La Colombie, un pays meurtri par la guerre
La Colombie est le premier producteur mondial de cocaïne. Le pays est aussi riche en matière première : or, pétrole, café, émeraude. ..Mais ce pays est meurtri par la guerre.

Depuis 40 ans, la Colombie n’a pas connu de répit. Les processus de paix ont toujours échoué. Les affrontements avec l’armée colombienne, les enlèvements, les actes de sabotage n’ont jamais cessé.

La population est lassée par cette guerre qui a fait plus de 200 000 morts. Les Colombiens se sont pris en main depuis quelques années, il s’est créé, un peu partout dans le pays, des poches de résistance ' civile '.





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