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Immigration : le gouvernement privilégie le « haut potentiel »

| Mercredi 30 Novembre 2005

C’est durant le Conseil interministériel de contrôle de l’immigration (Cici) que le premier ministre Dominique de Villepin, dont on attendait les mesures à ce sujet, a dévoilé un plan pour le moins drastique. En clair, le gouvernement vise l’obtention à ses yeux trop aisée de la nationalité, les immigrés clandestins et les étudiants étrangers.



Dominique de Villepin
Dominique de Villepin

Incompréhension

Intervenant un mois après les événements qui ont embrasé les banlieues d’Ile-de-France et de province, les décisions prises par le gouvernement à l’issue de son Conseil interministériel de contrôle de l’immigration (Cici) constituent un durcissement dans la politique gouvernementale à l’égard de l’accueil des étrangers. Par ailleurs, ces mesures énergiques annoncées après un contexte de crise grave risquent de susciter l’incompréhension dans la mesure où elles ne répondent pas aux attentes pressantes exprimées par ceux qui, quelques semaines plus tôt s’étaient révoltés contre un système qui les stigmatise et les laisse au banc de la société française.

Mesures

Quoiqu’il en soit, les mesures annoncées concernent principalement le regroupement familial, les mariages à l’étranger et l’accueil des étudiants étrangers.

« La nationalité doit être le moins possible un droit automatique. Il faut lutter contre la tendance qui ferait du mariage avec un Français quelque chose qui se monnaie », précise-t-on à Matignon. Désormais, un étranger qui épouse un Français devra justifier de quatre années de vie commune avant pour obtenir la nationalité française au lieu de deux ans auparavant. S’agissant de ce que l’on appelle les « mariages blancs », les contrôles exercés par les consuls devraient leur permettre de pouvoir faire part de leurs réserves s’ils estiment que des doutes planent sur l’union.

Quant au regroupement familial, les restrictions devraient viser essentiellement la polygamie. Dominique de Villepin souhaite « vérifier le respect de la loi qui interdit la polygamie ». L’étranger, après deux ans de séjour en France au lieu d’un an auparavant, pourra déposer une demande de regroupement familial. « Le regroupement familial est aujourd'hui la deuxième source d'immigration régulière après le mariage. Il a concerné 25.000 personnes en 2004, un nombre stable depuis plusieurs années » a précisé le premier ministre.

Enfin, ce sont les étudiants à « haut potentiel » qui, prioritairement, devrait se voir accordé un visa d’études. Par ailleurs, des critères de sélection supplémentaires devraient voir le jour. Elles concernent projet d'études, parcours académique et personnel, compétences linguistiques, état des relations bilatérales avec le pays d'origine.

Expulsions programmées

Le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, a quant à lui tenu à préciser que « les droits sociaux accordés aux clandestins» seraient «de nature à favoriser l'attractivité de la France» et que la «priorité» consisterait en «une politique de reconduite systématique». Le ministre compte ainsi expulser 25 000 étrangers en 2006.





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