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Il y a 10 ans, l'accord de paix de Dayton mettait fin à la guerre de Bosnie.

| Lundi 21 Novembre 2005

La Bosnie a marqué, lundi 21 novembre, le 10e anniversaire de l'accord de paix de Dayton qui a mis fin au plus grave conflit qu'ait connu le continent européen depuis la Seconde Guerre Mondiale. Cet accord mettait fin à trois ans et demi de guerre et donna naissance à un état constitué de deux entités : la fédération Croato-Musulmane et la république Serbe de Bosnie.



Conclu le 21 novembre 1995, l'accord de Dayton a mis un terme à trois ans et demi d'une guerre interethnique qui a vu périr 200.000 Musulmans, Serbes et Croates et fait plus de deux millions de réfugiés, soit plus de la moitié de la population du pays. L'objectif central de l’accord de Dayton était de stopper la guerre, déclenchée par les séparatistes serbes après le vote par référendum de l'indépendance de la Bosnie, de mettre fin au nettoyage ethnique.

L'Europe a assisté, impuissante.

Mis en oeuvre avec l'appui de dizaines de milliers de soldats de la paix et plus de 5 milliards de dollars de financements, cet accord a partiellement reconstruit un pays physiquement et socialement dévasté par 43 mois de guerre. Une guerre au cours de laquelle l'Europe a assisté, impuissante, à des massacres sans précédent sur son sol depuis 1945.

Aux termes du traité de paix, la Bosnie est composée de deux entités, la Republika Srpska (RS, Serbes) et la Fédération croato-musulmane, unies par de faibles institutions centrales.
Dans nombre de capitales occidentales on estime que l'accord a aujourd'hui besoin d'être sérieusement revu. "Dayton n'a réussi à satisfaire personne", écrivait lundi le quotidien Oslobodjenje en estimant que, dix ans après la guerre, "la Bosnie reste un laboratoire pour des expériences sociales" faites par la communauté internationale.

La Bosnie, un des pays les plus pauvres d'Europe

Mais la Bosnie et ses quatre millions d'habitants, qui vivent dans l'un des pays les plus pauvres de l'Europe, ne peuvent davantage fermer les yeux: les divisions ethniques qui l'ont conduite au chaos sont toujours prégnantes, et sont enchâssées jusque dans les structures de gouvernement."Le mot d'ordre, ce n'est plus la stabilisation, mais la transition", soulignait le mois dernier le diplomate britannique Paddy Ashdown, le puissant Haut Représentant de la communauté internationale en Bosnie.

Si aucune cérémonie importante n'est prévue en Bosnie, une délégation bosniaque comprenant une quarantaine de ministres, parlementaires et autres responsables des trois principales communautés, serbe, musulmane et croate, se trouve dans la capitale américaine pour discuter du changement de la Constitution mise en place à Dayton.

En dix ans, sous une constante pression, la communauté internationale a réussi en quelque sorte à renforcer les institutions centrales à travers plusieurs réformes. Les armées des deux entités ont été placées sous un commandement central, de même que les services douaniers. Les trois communautés bosniaques se sont également mises d'accord pour unifier les forces de police, ce qui conduit Bruxelles à annoncer lundi l'ouverture de négociations sur un accord d'Association et de stabilisation avec l'Union européenne (UE), première étape avant l'adhésion en tant que membre à part entière.

Inculpés de génocide, ils sont toujours en fuite

L'UE a demandé lundi à la Bosnie de poursuivre la coopération avec le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie et à ouvrer pour "faire en sorte que tous les inculpés en fuite, particulièrement Ratko Mladic et Radovan Karadzic, soient enfin traduits en justice". Ces ex-chefs politique et militaire des Serbes de Bosnie, inculpés de génocide pour leur rôle dans le conflit bosniaque, sont toujours en fuite, dix ans après leur inculpation par le TPI.




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