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Société

Haydar Demiryurek: « le CCMTF n'est pas une mission diplomatique »

Rédigé par Propos recueillis par Amara BAMBA | Jeudi 12 Juin 2008

Haydar Demiryurek est candidat à la succession de Dalil Boubakeur à la tête du Conseil français du culte musulman (CFCM). Président du Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF), juriste de formation, M. Demiryurek est spécialisé dans les questions de la « laïcité et le droit des cultes ». Il est aussi le Secrétaire général du Bureau sortant du CFCM. Arrivé en France à l'âge de six ans, M. Demiryurek est âgé de 39 ans.



SaphirNews: Comment réagissez-vous au score du CCMTF à ces élections de CRCMs?

Haydar Demiryurek: Nous arrivons à plus de 10% des suffrages (ndr, 12,7 %); je peux donc vous dire que nous sommes satisfaisants. Ce résultat correspond à nos attentes. Par le nombre des mosquées tout comme le nombre de ses délégués, le CCMTF correspond à environ 10%. Mais jusqu'alors nous étions sous représentés dans les différentes instances du CFCM. Désormais les choses sont remises à leur place.

Avec 12% de représentativité maintenez-vous votre candidature à la présidence ?

Oui tout à fait. Les jeux sont ouverts pour la présidence. Rien n'est joué d'avance. Nous avons entrepris des discussions et nous les poursuivrons jusqu'au 22 juin date à la quelle les choses vont se décider. D'ici là, beaucoup de choses peuvent se passer. Donc je confirme que je maintiens ma candidature à la présidence du CFCM.

Haydar Demiryurek, candidat à la présidence du CFCM
Haydar Demiryurek, candidat à la présidence du CFCM
Etant donnés les boycotts le taux de participation était devenu un enjeu...

Là aussi je ne peux qu'exprimer ma satisfaction. J'avoue qu'il fut un moment où je pensais que les choses allaient être plus difficiles. Mais au final, les gens ont participé aux élections. 80 % de participation c'est 5 % de moins que les précédentes élections qui se sont déroulées dans des conditions beaucoup plus favorables. Mais tout s'est passé dans de bonnes conditions alors que certains avaient souhaité un report de la date; ce qui risquait de générer de nouveaux problèmes. Nous avons maintenu la date et au final on ne le regrette pas puisque tout s'est bien passé.

On ne peut ignorer la situation de crise. Croyez-vous encore à la pérennité du CFCM?

La pérennité du CFCM dépendra de notre capacité à répondre aux problèmes auxquels les musulmans sont confrontés. Le pèlerinage à La Mecque commence bientôt, dès la fin des vacances. C'est un exemple de dossier qu'il nous faut gérer rapidement afin que les problèmes rencontrés ne se reproduisent plus. Puis il y a le ramadan aussi même si ce cas est assez différent puisqu'il s'agit de cérémonies à organiser. Ce sera peut-être l'occasion pour le nouveau Bureau exécutif du CFCM d'aller à la rencontre des CRCMs, dans les régions, et pourquoi pas réunir les présidents des CRCMs pour discuter de ces problèmes. Plusieurs voies sont possibles.

Quant à la fédération de la mosquée de Paris, quelle est votre attitude envers elle?

La mosquée de Paris a boycotté ces élections et elle a évoqué ses arguments que vous connaissez... Je trouve ce boycott regrettable. C'est à nous d'aller vers elle pour discuter encore. Et j'irai même plus loin en disant qu'il nous revient d'élargir les discussions et les contacts pour aller à la rencontre d'autres associations qui ne sont pas membres des CRCMs.

Comment qualifiez-vous le rapport qu'entretient le CCMTF avec la Turquie?

La Turquie, notre pays d'origine, a une fonction précise qui s'exerce dans la formation des imams. Nos imams sont formés en Turquie et sont payés par l'Etat turc. Ils sont des fonctionnaires turcs. Mais cela ne fait pas de notre fédération un bureau diplomatique. Le rapport entre le gouvernement turc et l'Etat français s'exerce entre leurs missions diplomatiques respectives. Et pour nous, en tant que fédération, il est préférable que cela ne nous concerne pas.

L'Etat turc paye vos imams et vous voulez dire que vous ne dépendez pas du consulat ?

Tout à fait. Le gouvernement turc ne s'ingère pas dans la gestion de nos associations même s'il paye les imams de certaines mosquées, pas tous d'ailleurs. Je sais que c'est source d'erreur pour beaucoup de gens qui se disent : il paye les imams donc il contrôle la fédération. C'est un raccourci un peu trop rapide parce que les gens ignorent tout du ministère du culte qui, pour nous, a des attributions claires et précises. Les imams de nos mosquées n'interviennent pas dans la gestion de notre fédération. Ils s'occupent de la direction du culte, du conseil religieux, de l'enseignement des enfants et d'autres questions relatives au culte. Il faut donc comprendre ces choses et savoir faire les distinctions. Mais les gens préfèrent les raccourcis.

Vous ne pouvez pas vous passer des imams turcs ?

Pour cela il faudrait pouvoir former des imams ici en France. Imaginons que nous ayons un institut capable de former nos imams ici, alors il ne serait plus nécessaire de les faire venir de Turquie. Mais dans l'état des choses, je ne pense pas que cela soit possible .... Pas pour le moment en tout cas. Il faudra encore du temps, le temps qu'un tel institut se mette en place.





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