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Interview

Haydar Demiryurek: « le CCMTF n'est pas une mission diplomatique »

Haydar Demiryurek est candidat à la succession de Dalil Boubakeur à la tête du Conseil français du culte musulman (CFCM). Président du Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF), juriste de formation, M. Demiryurek est spécialisé dans les questions de la « laïcité et le droit des cultes ». Il est aussi le Secrétaire général du Bureau sortant du CFCM. Arrivé en France à l'âge de six ans, M. Demiryurek est âgé de 39 ans.



SaphirNews: Comment réagissez-vous au score du CCMTF à ces élections de CRCMs?

Haydar Demiryurek: Nous arrivons à plus de 10% des suffrages (ndr, 12,7 %); je peux donc vous dire que nous sommes satisfaisants. Ce résultat correspond à nos attentes. Par le nombre des mosquées tout comme le nombre de ses délégués, le CCMTF correspond à environ 10%. Mais jusqu'alors nous étions sous représentés dans les différentes instances du CFCM. Désormais les choses sont remises à leur place.

Avec 12% de représentativité maintenez-vous votre candidature à la présidence ?

Oui tout à fait. Les jeux sont ouverts pour la présidence. Rien n'est joué d'avance. Nous avons entrepris des discussions et nous les poursuivrons jusqu'au 22 juin date à la quelle les choses vont se décider. D'ici là, beaucoup de choses peuvent se passer. Donc je confirme que je maintiens ma candidature à la présidence du CFCM.

Haydar Demiryurek, candidat à la présidence du CFCM
Haydar Demiryurek, candidat à la présidence du CFCM
Etant donnés les boycotts le taux de participation était devenu un enjeu...

Là aussi je ne peux qu'exprimer ma satisfaction. J'avoue qu'il fut un moment où je pensais que les choses allaient être plus difficiles. Mais au final, les gens ont participé aux élections. 80 % de participation c'est 5 % de moins que les précédentes élections qui se sont déroulées dans des conditions beaucoup plus favorables. Mais tout s'est passé dans de bonnes conditions alors que certains avaient souhaité un report de la date; ce qui risquait de générer de nouveaux problèmes. Nous avons maintenu la date et au final on ne le regrette pas puisque tout s'est bien passé.

On ne peut ignorer la situation de crise. Croyez-vous encore à la pérennité du CFCM?

La pérennité du CFCM dépendra de notre capacité à répondre aux problèmes auxquels les musulmans sont confrontés. Le pèlerinage à La Mecque commence bientôt, dès la fin des vacances. C'est un exemple de dossier qu'il nous faut gérer rapidement afin que les problèmes rencontrés ne se reproduisent plus. Puis il y a le ramadan aussi même si ce cas est assez différent puisqu'il s'agit de cérémonies à organiser. Ce sera peut-être l'occasion pour le nouveau Bureau exécutif du CFCM d'aller à la rencontre des CRCMs, dans les régions, et pourquoi pas réunir les présidents des CRCMs pour discuter de ces problèmes. Plusieurs voies sont possibles.

Quant à la fédération de la mosquée de Paris, quelle est votre attitude envers elle?

La mosquée de Paris a boycotté ces élections et elle a évoqué ses arguments que vous connaissez... Je trouve ce boycott regrettable. C'est à nous d'aller vers elle pour discuter encore. Et j'irai même plus loin en disant qu'il nous revient d'élargir les discussions et les contacts pour aller à la rencontre d'autres associations qui ne sont pas membres des CRCMs.

Comment qualifiez-vous le rapport qu'entretient le CCMTF avec la Turquie?

La Turquie, notre pays d'origine, a une fonction précise qui s'exerce dans la formation des imams. Nos imams sont formés en Turquie et sont payés par l'Etat turc. Ils sont des fonctionnaires turcs. Mais cela ne fait pas de notre fédération un bureau diplomatique. Le rapport entre le gouvernement turc et l'Etat français s'exerce entre leurs missions diplomatiques respectives. Et pour nous, en tant que fédération, il est préférable que cela ne nous concerne pas.

L'Etat turc paye vos imams et vous voulez dire que vous ne dépendez pas du consulat ?

Tout à fait. Le gouvernement turc ne s'ingère pas dans la gestion de nos associations même s'il paye les imams de certaines mosquées, pas tous d'ailleurs. Je sais que c'est source d'erreur pour beaucoup de gens qui se disent : il paye les imams donc il contrôle la fédération. C'est un raccourci un peu trop rapide parce que les gens ignorent tout du ministère du culte qui, pour nous, a des attributions claires et précises. Les imams de nos mosquées n'interviennent pas dans la gestion de notre fédération. Ils s'occupent de la direction du culte, du conseil religieux, de l'enseignement des enfants et d'autres questions relatives au culte. Il faut donc comprendre ces choses et savoir faire les distinctions. Mais les gens préfèrent les raccourcis.

Vous ne pouvez pas vous passer des imams turcs ?

Pour cela il faudrait pouvoir former des imams ici en France. Imaginons que nous ayons un institut capable de former nos imams ici, alors il ne serait plus nécessaire de les faire venir de Turquie. Mais dans l'état des choses, je ne pense pas que cela soit possible .... Pas pour le moment en tout cas. Il faudra encore du temps, le temps qu'un tel institut se mette en place.

Propos recueillis par Amara BAMBA

Jeudi 12 Juin 2008




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1. Posté par mouslih le 12/06/2008 14:51
Vos imams sont formés et payés par la Turquie, mais il n' y a pas d'ingérence. Vous nous prenez vraiment pour des imbéciles. La signification même de votre fédération désigne clairement une affiliation et une identité turque. Vos imams ne sont pas formés mais formatés et par le biais du financement, contrôlés. Si vous n'êtes pas capable de former vos imams en France, eh bien retirez-vous de la course car vous n'avez pas la compétence et la légitimité de représenter le culte musulmans et les musulmans de France. Vous comprenez ?

2. Posté par La violence de la bêtise le 13/06/2008 21:49
C'est quoi ce Moulih qui raconte n'importe quoi. Pour qui vous prenez vous ? Croyez avoir la science infuse ? De quel droit vous croyez vous capable de connaitre les gens mieux qu'eux même. Sortez de vos schémas rigide pour réfléchir un peu !! Si vous connaissiez l'histoire de la Turquie vous comprendriez mieux ce que raconte le frère Haydar? Ca vous dit quelque chose l'empire Ottoman? Ca vous dit quelque chose Ataturk ? Ca vous parle, la "laïcité en Turquie"?
Avant de parler et de juger faite d'abord l'effort d'apprendre. Et donnez vous la peine de sortir de vos schémas formaté. Car, en vérité c'est vous qui êtes trop formaté pour comprendre comment peuvent fonctionner d'autre systèmes, d'autres sociétés.

3. Posté par Mouslih le 15/06/2008 13:44
Cher inconnu,

"en vérité c'est vous qui êtes trop formaté pour comprendre comment peuvent fonctionner d'autre systèmes, d'autres sociétés."


Sachez une chose !

Les musulmans de ce pays n'en n'ont rien à foutre de savoir comment fonctionne d'autres systèmes, d'autres sociétés, dès lors qu'il s'agit de l'islam de France, de l'élection des représentants du culte musulman de France, ce qui se passe en Turquie ou ailleurs, ne les regardent qu'à titre individuel et sûrement pas collectif.

Est-ce que vous pouvez comprendre cela ! Est-ce que vous pouvez comprendre que les musulmans de ce pays en ont marre que des pays étrangers fourrent leurs nez dans leurs affaires ! Auquel cas, nous ne pourrons pas nous comprendre, vous et moi !


4. Posté par Rachid le 15/06/2008 18:20
L'islam de France n'est qu'un fantasme, à l'heure actuelle, et ne correspond à aucune réalité.
C'est l'Etat français lui-même , qui favorise par le biais de coopérations ou d'accords avec des pays étrangers, cette soit-disant ingérence que vous décriez tant.

Il faut être cohérent, si vous voulez un islam DE France alors il faut faire pression sur le Gouvernement français pour qu'il cesse de favoriser les influences et "ingérences" de ces états étrangers.

Il y a un passage que j'ai bien aimé dans le site cfcm.tv , le voici :

Influence des pays étrangers et hypocrisie autour de l’islam DE France

Souvent dans les média on entend dire que les pays étrangers comme le Maroc, l’Algérie, la Turquie ou les pays du Golfe influencent ou s’ingèrent dans la gestion de l’islam en France. Et rarement voire jamais, l’on nous explique la réalité de ces influences. L’on retient seulement les mots « ingérence » et « influence » qui, bien sûr, sonnent d’une manière négative dans nos inconscients, et contreviendraient à ce rêve pieux ou ce fantasme de l’islam DE France. Expression magique accrochée du matin au soir aux lèvres des responsables de fédérations, comme un signe stupide de soumission intellectuelle, pensant faire plaisir à l’audimat et à l’Etat.

Alors qu’en France le financement public des constructions de mosquées est interdit par la loi Combes (1905), est-ce de l’ingérence si des Etats étrangers identifiés (Algérie, Qatar, Tunisie, Maroc, Turquie etc.), qui de surcroît ont des relations diplomatiques voire des accords de coopération solides avec la France, aident financièrement les fidèles dans leurs projets de construction ?

Sachant que la quantité d’imams formés en France dans les instituts reconnus ou non ne suffit pas pour répondre aux besoins des fidèles, est-ce de l’ingérence que des pays comme l’Algérie, dans un cadre légal de coopération avec la France, envoie des imams (plus de 120) pour pallier les besoins des fidèles ?

Considérant qu’en France il y a peine une centaine de carrés musulmans pour une population de plus de 5 millions de musulmans, est-ce de l’influence ou de l’ingérence de la part de ces pays étrangers qui acceptent que les corps des défunts soient rapatriés pour satisfaire aux exigences cultuelles des inhumations ?

Sur un plan plus affectif de cette relation qui existe avec certains pays étrangers, il ne faut pas perdre de vue la réalité sociologique et administrative d’une importante partie de la communauté musulmane de France, qui dispose souvent d’une double nationalité à l’instar de beaucoup de citoyens français d’origine juive. Est-ce que ces liens administratifs et/ou affectifs sont à blâmer ? Certainement pas !

Comment par exemple, M. Fouad Alaoui vice-président de l’UOIF peut-il nier ces réalités ? Lui qu’on entend, plus que les autres, s’offusquer du soi-disant « piétinement » de son islam DE France chéri ? A-t-il oublié toutes ces années où son mouvement économico-politico-religieux a été nourri par les nombreux financements venant des pays du Golfe ? Oui bien sûr c’était avant que l’UOIF ne deviennent auto-suffisante financièrement, grâce à la fameuse foire du Bourget, au business des collèges et lycées privés musulmans, dopé par la loi sur le voile. Grâce au commerce des calendriers des horaires de prières etc. Maintenant c’est vrai qu’il est aisé de crier au loup et de dénonçer les liens étrangers fructueux qui ont contribué fortement à l’élaboration du modèle économique et politique de l’UOIF.

5. Posté par @Mouslih le 16/06/2008 08:46
Ok, Mouslih je suis d'accord avec vous pour dire qu'il y a des intérêts individuels à dissocier des intérêts collectifs. Mais quand on a dit ça, on n'a pas avancé. Parce que, il y a un idéal et il y a une réalité.
Ce que vous dites me semble être un idéal.
Nous n'en sommes pas encore là.
Alors on fait quoi? On s'arrête et on crache sur la réalité ?
Ou bien on retrousse les manches et on bosse pour aller vers l'idéal?
Voilà la question que je vous pose...

Pour ce qui est du rôle du ministère du culte dans les mouvements religieux turcs, il faut que vous sachiez une choses: l'Etat turc n'intervient pas dans ces mouvements. Si vous avez le temps d'étudier l'histoire de la laïcité turque, vous en comprendrez les raisons. Je ne vais pas m'y lancer ici, mais je trouve qu'il faut écouter les gens quand ils parlent. Il faut écouter les Turcs quand ils nous parlent de leur réalité de turcs. Il faut écouter les Algériens, les Marocains et toute nationalité quand ils parlent de leur réalité...

A force de discuter sur les détail pour savoir comment "enceinter" des mouches nous sommes sur le bord du chemin et nous sommes incapables d'aller de l'avant.

Question : on interdit les imams turcs en France, qui devient imams dans ces mosquée?
Votre réponse m'intéresse...

6. Posté par Merci Rachid le 16/06/2008 08:52
Tout à fait d'accord avec vous. Et j'ajouterai une chose simple: pourquoi ne dit-on pas que la religion catholique subit des influences étrangère alors que nos diocèse ne cessent de faire appel à des prêtres étrangers venant d'Amérique latine et d'Afrique noire? Dans trente ans, il y aura plus de soixante pour cent de prêtres français qui seront étrangers. Mais c'est toujours les musulmans qui sont honteux d'avoir des relations avec l'étranger. Merci Rachid. Je suis tout à fait d'accord avec vous. Car ces Fouad alaoui n'ont pas le courage de leurs actes. Ce qui continue d'entretenir la suspicion sur l'ensemble de la communauté. Mais y'a pas que Faouad, il y a aussi les autres. Les Turcs sont les plus honnêtes sur ce dossier même si on n'est pas d'accord avec le contenu, on doit reconnaitre la clarté de leur relation avec le ministère du culte.

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