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Société

Hassan Guerrab, un exemple qui dépasse Rosny (93)

Rédigé par Fouad Bahri | Mardi 24 Janvier 2006

Le décès de Hassan Guerrab a marqué ce début d'année 2006. Président de l’association des musulmans de Rosny-sous-Bois (AMR), M. Guerrab était un homme de dialogue et d'ouverture. Sa disparition a ébranlé la communauté musulmane de la région. En homme de terrain engagé dans diverses activités, il laisse un grand vide dans le paysage associatif musulman du départemental.



Hassan Guerrab, ex-Président de l'AMR était exemplaire
Hassan Guerrab, ex-Président de l'AMR était exemplaire
Les obsèques de Hassan se sont déroulées le vendredi 13 janvier 2006 à Rosny (93). Elles ont réuni une foule de près de quatre mille personnes. Car Hassan était “un homme exemplaire”. C’est le qualificatif qui revient le plus souvent lorsque l’on évoque le souvenir de cet homme élancé et filiforme de 50 ans, au regard bon enfant. Souffrant d’un cancer depuis quelques années, Hassan se sera battu avec foi et confiance. Un combat à l’image de sa vie de militant qu’il consacra toute entière au service de l’islam et des musulmans.

Sincérité et humilité


Selon M. Fouad Alaoui de l'Union des organisations islamiques en France (UOIF), « Hassan était un homme effacé et d’une humilité extraordinaire. On ne pouvait pas le distinguer du commun des rosnyiens mais je suis persuadé qu’auprès d’Allah il le sera ». Le Secrétaire générale de l’UOIf connaissait bien l’ancien président de l’AMR. A plusieurs reprises, les deux mouvements fortement implantés en Seine-Saint-Denis ont collaboré avec succès. «En se mettant au service des musulmans de Rosny, Hassan a su incarner mieux que quiconque le type du da’iyah (prédicateur)». Ajoute M. Alaoui.

Quant à Hassan Iquioussen, conférencier de l’UOIF, il a tenu à rendre hommage au défunt au cours d'une conférence publique. « Hassan Guerrab était un homme qui refusait de s’engager avec les autres s’ils n’étaient pas sincères » a précisé M. Iquioussen à son auditoire. Ce trait de caractère que souligne le conférencier, Hassan Guerrab l'a appris au fil de son parcours professionnel et associatif.

Au milieu des années 90, il est l’un des fondateurs et animateurs de la section JMF-centre (Jeunes musulmans de France). Déjà à cette époque, il est secondé de son inséparable ami Salim Amara. De cette collaboration naîtra l’AMR. En quelques années, l’AMR va mettre en place de nombreuses actions associatives. Un espace numérique sera ouvert dans les locaux de l’association. Des voyages seront organisés chaque été pour les familles en difficultés financières. Une association de parents d’élèves sera également mise en place, pour mieux défendre les élèves discriminés.

Hassan Guerrab avait un coeur de militant. Il n’hésitait pas à investir son temps et à risquer sa santé pour venir en aide aux autres. Salim Amara, qui est l'autre haute figure de l'AMR, rapporte une anecdote significative: « La  veille de son hospitalisation, Hassan a reçu un coup de fil d’un frère qui lui demandait de venir l’aider. Hassan, déjà très affaibli, lui dit aussitôt : J’arrive ! ». Les trois semaines de crises que connurent les zones populaires françaises en ce mois de novembre, trouvèrent M. Guerrab affaibli par sa maladie. Mais les membres de l’AMR organisèrent des rondes nocturnes quotidiennes pour aller à la rencontre des jeunes de la ville.

Comme un chef d’Etat


En ce vendredi 13 janvier 2006, les obsèques de M. Guerrab réunirent plus de quatre mille personnes au gymnase de Rosny-sous-bois. Hommes politique, responsables religieux, cadres associatifs, jeunes et mères de familles, tous ont voulu lui rendre hommage.

« Le maire de Rosny-sous-bois m’a confié qu’il n’a jamais vu cela de sa vie. Ses obsèques étaient celles d’un chef d’Etat. Même la délégation du Front National s’est déplacée», nous confiera Salim. Une mobilisation qui rappelle l’importance du personnage et de son oeuvre. « Le fils aîné de Hassan m’a révélé que jusqu’ici, il n’avait pas compris l’importance que son père représentait pour la communauté musulmane. Ce jour-là (les obsèques), il l’a compris. » 

Face à Hassan comme face à chacun de nous, la mort a eu le dernier mot. Ainsi Dieu a fait le monde. C'est notre nature. Mais au-delà de la mort, Hassan Guerrab a vaincu l’oubli. Son exemple lui survit nourri par la joie et le bonheur qu'il a su apporter à ceux qui l'ont connu. Ce militant que l'on appelait volontiers “Hassan de Rosny” a levé l’ancre vers un autre monde. Au revoir Hassan, Aurevoir M. Guerrab, Aurevoir Hassan de Rosny!


 




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