Selon M. Fouad Alaoui de l'Union des organisations islamiques en France (UOIF), « Hassan était un homme effacé et d'une humilité extraordinaire. On ne pouvait pas le distinguer du commun des rosnyiens mais je suis persuadé qu'auprès d'Allah il le sera ». Le Secrétaire générale de l'UOIf connaissait bien l'ancien président de l'AMR. A plusieurs reprises, les deux mouvements fortement implantés en Seine-Saint-Denis ont collaboré avec succès. «En se mettant au service des musulmans de Rosny, Hassan a su incarner mieux que quiconque le type du da'iyah (prédicateur)». Ajoute M. Alaoui.
Quant à Hassan Iquioussen, conférencier de l'UOIF, il a tenu à rendre hommage au défunt au cours d'une conférence publique. « Hassan Guerrab était un homme qui refusait de s'engager avec les autres s'ils n'étaient pas sincères » a précisé M. Iquioussen à son auditoire. Ce trait de caractère que souligne le conférencier, Hassan Guerrab l'a appris au fil de son parcours professionnel et associatif.
Au milieu des années 90, il est l'un des fondateurs et animateurs de la section JMF-centre (Jeunes musulmans de France). Déjà à cette époque, il est secondé de son inséparable ami Salim Amara. De cette collaboration naîtra l'AMR. En quelques années, l'AMR va mettre en place de nombreuses actions associatives. Un espace numérique sera ouvert dans les locaux de l'association. Des voyages seront organisés chaque été pour les familles en difficultés financières. Une association de parents d'élèves sera également mise en place, pour mieux défendre les élèves discriminés.
Hassan Guerrab avait un coeur de militant. Il n'hésitait pas à investir son temps et à risquer sa santé pour venir en aide aux autres. Salim Amara, qui est l'autre haute figure de l'AMR, rapporte une anecdote significative: « La veille de son hospitalisation, Hassan a reçu un coup de fil d'un frère qui lui demandait de venir l'aider. Hassan, déjà très affaibli, lui dit aussitôt : J'arrive ! ». Les trois semaines de crises que connurent les zones populaires françaises en ce mois de novembre, trouvèrent M. Guerrab affaibli par sa maladie. Mais les membres de l'AMR organisèrent des rondes nocturnes quotidiennes pour aller à la rencontre des jeunes de la ville.