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Monde

Grande-Bretagne/Iran: le bras de fer se poursuit

| Samedi 31 Mars 2007

Vendredi, l'Iran a diffusé de nouvelles images de militaires britanniques capturés il y a une semaine dans lesquelles l'un d'eux présente ses excuses pour être entré "sans autorisation" dans les eaux iraniennes.



Ces images ont suscité l'indignation de Tony Blair, pour qui Téhéran "ne trompe personne". De son côté, le Conseil de sécurité des Nations unies a exprimé sa "vive inquiétude" et appelle à une rapide résolution du conflit.

Faye Turney
Faye Turney

Les marins ont pénétré sans autorisation

Sur les images, diffusées vendredi par la chaîne de télévision iranienne Al Alam, apparaissent deux hommes en treillis camouflage portant l'insigne "Royal Navy" et la seule femme du groupe, Faye Turney, en combinaison bleue et portant un foulard noir. Tous trois sont assis devant un tissu floral rose.

L'un des hommes, Nathan Thomas Summers, déclare que les marins ont pénétré "sans autorisation" dans les eaux iraniennes, ajoutant qu'il savait que l'Iran avait déjà intercepté en 2004 des militaires britanniques entrés dans les eaux iraniennes. "Une fois encore, je présente mes plus vives excuses pour avoir pénétré dans vos eaux", déclare le militaire.

Le même jour, l'ambassade d'Iran à Londres a diffusé une troisième prétendue lettre de Faye Turney, que Téhéran avait promis de libérer dès que possible avant de changer d'avis jeudi. "Je vous écris en tant que militaire britannique qui a été envoyé en Irak, sacrifié en raison des politiques interventionnistes des gouvernements Bush et Blair", est-il écrit dans la missive, plaidant pour un retrait des forces britanniques d'Irak.

Tony Blair
Tony Blair

Blair dénonce la diffusion de ces images

Tony Blair a dénoncé la diffusion de ces images "Je ne comprends vraiment pas pourquoi le régime iranien continue de faire ça". "Cela ne fait qu'augmenter le sentiment de dégoût des gens. Des militaires capturés exhibés et manipulés de cette façon, cela ne trompe personne", a-t-il insisté dans une brève déclaration. "Il faut que les Iraniens réalisent que s'ils continuent de cette façon, ils vont risquer un isolement accru".

Le bras de fer se poursuit donc entre Téhéran et Londres. La Grande-Bretagne, dont les options paraissent de plus en plus limitées, exige la libération immédiate de ses hommes, assurant qu'ils se trouvaient dans les eaux irakiennes, alors que l'Iran exige que Londres reconnaisse qu'ils avaient pénétré dans les eaux iraniennes.

La résolution 1723 du Conseil de sécurité

Réunis à Brême en Allemagne pour une rencontre informelle, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept ont appelé vendredi à la libération immédiate et sans condition des 15 marins et préviennent que l'UE prendra les "mesures appropriées" en cas de refus de Téhéran.

Ils soulignent que tous les éléments indiquent "clairement qu'au moment de l'interception, les membres de la marine britannique effectuaient une mission de contrôle de routine dans les eaux irakiennes conformément à la résolution 1723 du Conseil de sécurité". Leur arrestation constitue de ce fait, déclarent les chefs de la diplomatie de l'UE, une violation "claire du droit international".

Philippe Douste-Blazy, ministre français des Affaires étrangères, avait toutefois mis en garde contre "toute logique de confrontation, toute escalade". Il a exclu tout gel des relations diplomatiques de Paris avec l'Iran, au contraire de la Grande-Bretagne, qui a suspendu ses relations avec Téhéran en raison de cette affaire.

Toujours sur le plan diplomatique, la Grande-Bretagne n'a réussi à obtenir jeudi du Conseil de sécurité des Nations unies qu'une déclaration a minima exprimant sa "vive inquiétude" et appelant à une rapide résolution du conflit.






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