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George W. Bush en pré-campagne

Rédigé par Bouali Houda | Mercredi 21 Janvier 2004

George Bush a prononcé dans la nuit sa déclaration traditionnelle du 20 janvier, qui est adressée tous les ans à la nation américaine.
En prononçant hier son discours sur l'état de l'Union, le président américain s'est lancé dans la campagne devant soixante millions de téléspectateurs



 

George Bush a prononcé dans la nuit sa déclaration traditionnelle du 20 janvier, qui est adressée tous les ans à la nation américaine.

En prononçant hier son discours sur l'état de l'Union, le président américain s'est lancé dans la campagne devant soixante millions de téléspectateurs

 

 

Le président  défend son  bilan

George W. Bush se lance dans la campagne électorale avec la pompe et le décorum qui sont le privilège du président en place. Hier soir, devant les deux Chambres réunies du Congrès et quelque 60 millions de téléspectateurs, le candidat républicain devait mettre à profit le traditionnel discours sur l'état de l'Union pour dresser un bilan flatteur de ses trois années à la Maison-Blanche et ouvrir des perspectives sur un second mandat.

 

Faute d'adversaire dans le camp républicain, Bush est privé des nombreuses occasions que fournissent les primaires de marteler son message et de répondre aux attaques du camp adverse. Malgré les dénégations de son entourage, ce n'est manifestement pas un hasard s'il a fixé la date de son intervention au lendemain du scrutin démocrate dans l'Iowa. C'est une semaine plus tôt qu'en 2003 et cela permet de détourner l'attention médiatique de rivaux occupés à dénoncer dans ses moindres aspects la politique du président.

 

En contrepoint, le discours sur l'état de l'Union devait s'attacher à présenter une vision «optimiste» de la situation du pays. Les conseillers de la Maison-Blanche n'en font pas mystère, l'heure se prête moins que jamais à la contrition, chez un homme qui n'a pas pour habitude de reconnaître publiquement ses erreurs : «L'objectif est de souligner que les États-Unis sont sur la bonne voie, tant en ce qui concerne la guerre globale contre le terrorisme que le retour de la croissance économique, et d'appeler la population à s'unir autour de notre projet collectif de paix, de sécurité et de prospérité», résume un porte-parole.

 

L'exercice est de ceux qui se préparent longtemps à l'avance, car il maintient des repères pour mesurer l'état des ambitions et des promesses présidentielles pendant l'année à venir, et parfois au-delà. Depuis le mois d'octobre, une équipe de «nègres» est à l’œuvre autour de Michael Gerson, principal rédacteur des discours de Bush. Ces derniers jours, elle a reçu le renfort de Karen Hughes, une proche du président revenue particulièrement du Texas. Le défi est de mettre au point un morceau de rhétorique capable de mouvoir les foules, tout en gardant le ton simple et direct d'un président qui préfère mettre en avant ses attaches texanes plutôt que ses origines patriciennes de Nouvelle-Angleterre.

 

En 2002, quatre mois après les attentats de New York et de Washington, George W. Bush avait dénoncé «l'axe du Mal», pointant du doigt l'Irak, l'Iran et la Corée du Nord. L'expression avait été diversement appréciée, mais la Maison-Blanche estime qu'elle a contribué à mettre la pression sur Téhéran, Pyongyang et, par contrecoup, sur Tripoli et Damas, pour que s'amorce un dialogue à propos de leurs programmes d'armement nucléaire. L'an dernier, le président américain avait fait sonner les tambours de la guerre contre Saddam Hussein, dont les armes de destruction massive étaient censées représenter «une menace sérieuse et croissante contre notre pays». On sait ce qu'il en est advenu.

 

Une politique intérieure ?

Chacun avait alors relevé que son discours s'ouvrait sur les questions intérieures, pour ensuite mettre l'accent sur les menaces internationales. Cette année, élection oblige, ce devait être le contraire. Les thèmes dominants sont connus d'avance : grâce à sa décision justifiée d'envahir l'Irak, le monde est débarrassé de Saddam Hussein et le pays avance vers la démocratie ; grâce aux 1 700 milliards de dollars de réductions d'impôts qu'il voudrait reconduire, mais que les démocrates menacent de remettre en question, l'économie est en passe de redémarrer et de recréer quelques-uns des 2,3 millions d'emplois perdus sous son mandat.

 

Autour de ces deux axes, le président devait répandre les annonces. Soulignant que la menace terroriste n'a pas disparu, il devait annoncer une augmentation de 9% des crédits affectés à la sécurité intérieure. Il devait également lancer plusieurs initiatives sur l'assurance médicale, les retraites, l'épargne et la formation professionnelle. Autant de sujets de complaisance des démocrates, auxquels, après la réforme de Medicare et des lois sur l'immigration, il a entrepris de tailler des croupières avant l'élection. Parallèlement, il devait réaffirmer son attachement à «la sainteté du mariage», sujet sensible pour ses partisans conservateurs, sans aller toutefois jusqu'à soutenir un amendement contre les unions homosexuelles dans la Constitution.

 

George W. Bush surveille le dosage de son discours depuis la mi-novembre. Il a corrigé un premier brouillon pendant les vacances de Noël et a mis la dernière main à la version finale le week-end dernier à Camp David. Depuis vendredi dernier, il s'entraîne devant un prompteur dans le Bureau ovale. Pas question de rater sa rentrée électorale.

 






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