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Exécutif des musulmans de Belgique : acte II

Rédigé par Assmaâ Rakho Mom | Samedi 15 Mars 2008

L'Exécutif des musulmans de Belgique renaît de ses cendres. Le 22 février dernier, estimant que "cette structure ne fonctionn[ait] plus", ses ex-membres restants officialisaient sa liquidation et donc sa fin. Vendredi 14 mars au soir, l'Assemblée générale des musulmans de Belgique a élu les membres du nouvel Exécutif. Une renaissance qui a failli aboutir à l'élection d'une femme à la présidence.



"L’Assemblée Générale des Musulmans de Belgique a l’honneur de vous communiquer les noms des 17 membres composant la nouvelle équipe de l’Exécutif des Musulmans de Belgique élue lors de l’Assemblée Générale du vendredi 14 mars 2008", pouvait-on lire sur le site Internet de l'Executif des musulmans de Belgique samedi 15 mars.

La grande mosquée de Bruxelles
La grande mosquée de Bruxelles

'Inespéré'

C'est dans la nuit de vendredi 14 à samedi 15 mars, et après près de dix heures de discussions, que les membres du nouvel exécutif ont été élu. L'imam de la ville de Charleroi, Semsettin Ugurlu, a été désigné à la tête de la nouvelle instance représentative. A une voix près, la présidence échouait à une femme, chiite convertie, Isabelle Praile, qui occupera le poste de vice-président en compagnie de Mehmet Üstün.

Les nouveaux élus, au nombre de 17, devront être validés par le ministère de la Justice pour pouvoir entrer officiellement en fonction, ce après une enquête légale d'habilitation réalisée par les services de renseignement. Selon le ministre de la Justice belge, Jo Vandeurzen, cette procédure de validation devrait être activée rapidement.

Avec l'élection des deux vice-présidents, Isabelle Praile et Mehmet Üstün, d'aucuns considèrent que c'est le mouvement rénovateur qui fait son entrée au sein de l'Exécutif des musulmans de Belgique (EMB).

Pourtant, la Diyanet, la Direction turque des affaires religieuses, conserve son influence puisqu'elle se maintient à la présidence de l'EMB. Elle devra par conséquent composer avec la frange rénovatrice que représentent les vice-présidents. En effet, sur les 17 personnes élues, 7 font figure de "rénovateurs" et dénoncent depuis plusieurs années le manque de transparence de l'instance représentative des musulmans de Belgique.

Pour Isabelle Praile, qui s'exprimait samedi 15 mars pour le quotidien belge Le Soir, "c’était inespéré. Nous sommes vraiment dans une logique de renouveau constructif, avec des élus qui sont au service de l’intérêt général, qui ont pour priorité les 400.000 musulmans du pays et pas les intérêts particuliers de l’une ou l’autre fédération ou ethnie".

'Représentativité'

Le 22 février dernier pourtant, réunis en assemblée générale, les membres restants de l'ex-EMB avait choisi de dissoudre l'instance et de mettre ainsi fin à son existence. "Cette structure ne fonctionne plus" avait alors déclaré son ex-vice-présidente Hacer Düzgün, ajoutant : "La communauté marocaine n'arrive pas à s'organiser convenablement, principalement à cause des Marocains de l'ancienne génération, qui cherchent à prendre le pouvoir et ne réalisent pas l'importance de l'Exécutif."

Par ailleurs, en octobre 2007, une enquête judiciaire concernant des malversations financières au sein de l'EMB avait achevé de miner l'instance et de la discréditer aux yeux de l'opinion, entraînant la suspension des subsides accordées par le ministère de la Justice.

Après cet échec cuisant, le 26 février dernier, et après six mois de réflexions et de discussions, des responsables associatifs ainsi que des religieux ont rendu public un projet de reconstitution de l'EMB. Parmi eux, l'association Vigilance musulmane (VM), dont l'un des représentants expliquait fin février au quotidien Le Soir qu'ils souhaitaient "en finir avec l’ambiguïté, la confusion, qui a conduit l’EMB à devenir un 'petit gouvernement' représentatif des musulmans de Belgique, alors qu’il devrait légalement s’en tenir au temporel du culte, à sa logistique : reconnaissance des mosquées et des imams, organisation des cours de religion et de l’aumônerie, etc."

Le projet présenté alors demandait la création d'un "Conseil administratif du temporel du culte musulman" (CATCM), qui aurait eu selon Abdelghani Benmoussa (VM) "un triple avantage : se libérer de l’influence des Etats musulmans et de l’ingérence potentielle de l’Etat belge, sortir de la logique actuelle de 'représentativité' politique et ethnique des 500 000 musulmans du pays, et offrir aux pouvoirs publics un interlocuteur stable et durable qui émane directement des fidèles."

Le projet des associations et religieux belges proposait en outre la suspension de l'EMB durant deux années, le temps que le processus de reconnaissance des mosquées belges prenne de l'ampleur. Une fois ce processus achevé, les mosquées réfléchiraient elles-mêmes au modalités de création d'une instance représentative des musulmans de Belgique. Avec la renaissance de l'EMB, c'est une toute autre direction qui aura été prise.




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