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Sur le vif

Esclavage : le coup de fouet de trop par 20 minutes

Rédigé par | Vendredi 24 Janvier 2014



La presse française a été unanime pour saluer le film « 12 years a slave », sorti en salle mercredi 22 janvier. Le chef d’œuvre, signé du Britannique Steve McQueen, revient sur l’esclavage au travers de l’histoire vraie de Solomon Northup, un violoniste noir né libre au 19e siècle et qui a brutalement connu l’asservissement. Le succès est tout tracé pour le film, déjà nominé neuf fois aux Oscars.

20 Minutes a consacré sa Une à « 12 Years a Slave » avec pour titre « Un film coup de fouet ». Très mauvais choix de la rédaction : il n’a pas manqué de susciter l’indignation dans les réseaux sociaux, relayée par Le Courrier de l’Atlas.

Le Réseau européen contre le racisme (ENAR) a elle aussi jugé, vendredi 24 janvier, la Une « irrespectueuse et choquante » et « condamne l'absence de mesure de la gravité de la souffrance des esclaves noirs et le choix d'un jeu de mots totalement inapproprié » même si « l’intention de cette couverture était bonne, en mettant en avant un film important pour la sensibilisation à l’esclavage ».

Le titre a été décidé « sans considération de la douleur et l’émotion provoquées par ce jeu de mots, surtout quand on connaît l’utilisation du fouet et la violence des châtiments corporels infligés aux esclaves », a indiqué ENAR dans un communiqué.

Esclavage : le coup de fouet de trop par 20 minutes
20 Minutes n’a jusque là pas présenté d’excuses. Le directeur de rédaction du journal, Acacio Pereira, a fait savoir, jeudi 23 janvier, sur Facebook, en réponse à des interpellations de lecteurs, que l’expression choisie « vise à manifester le choc ressenti au visionnage de ce film, qui offre une perspective historique salutaire et une vision réaliste de l’esclavage, sans édulcoration aucune, dans toute sa brutalité et son horreur qui marque les esprits et les corps ».

Si les intentions de 20 Minutes sont bonnes, des internautes n’ont cependant pas manqué de souligner un fait : la rédaction du journal aurait-elle osé, pour saluer la sortie d’un film sur la Shoah, un titre portant sur un film « qui gaze » ? La question n’appelle pas de réponse : celui qui aurait tenté un tel jeu de mots n’aurait pas manqué de se faire descendre par ses confrères, les associations de lutte contre le racisme et la classe politique en prime.



Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur



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