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Monde

Entre l’espoir et la guerre : rencontre avec la jeunesse de Gaza

Rédigé par Pauline Compan | Mercredi 20 Juillet 2011

Elles sont cinq. Cinq jeunes filles palestiniennes. En voyage en France pour la première fois, elles participent toutes à l’aventure du « Club des Jeunes Journalistes » (Young Journalist Club). Créé en 1997, ce club a pour vocation d’accompagner les enfants et jeunes de la bande de Gaza dans leur apprentissage du journalisme. Avec leur accompagnateur, Ghassan, elles sont venues en France avec une mission : être les ambassadrices du peuple palestinien lors des « 5e Rencontres des jeunes pour la paix » à Nevers (58), mais surtout montrer une image nouvelle de la Palestine.



De gauche à droite : Nour, Eman, Lara, Maram et Rana
De gauche à droite : Nour, Eman, Lara, Maram et Rana
La bande de Gaza. Quelques mots qui résonnent dans l’inconscient populaire comme synonymes de guerre, de privations, d’embargo, de mur entre les peuples. Pour Lara, Nour, Maram, Rana et Eman, la bande de Gaza, c’est le lieu où elles grandissent, où elles étudient. Elles représentent cette jeunesse gazaouie, si nombreuse (50 % de la population de Gaza à moins de 18 ans), celle qui grandi sous les bombes, celle qui rêve d’un avenir meilleur. Mais loin des clichés, c’est un message d’espoir qu’elles ont voulu apporter sur la jeunesse de leur pays. Saphirnews a rencontré ces jeunes filles, futures docteurs ou journalistes, très engagées pour changer la situation du peuple palestinien.

Un club de journalistes-activistes

Etudiantes en lettres, en anglais ou en marketing, elles sont âgées de 14 à 19 ans. Toutes prennent part au « Young Journalist Club », elles y développent leurs compétences journalistiques, rédigent des articles et capturent des images du quotidien des habitants de la bande de Gaza. Au-delà d’un simple apprentissage du métier, il s’agit d’un véritable engagement militant.

« Je fais du journalisme-activiste, explique Rana, 19 ans, j’aime mélanger le texte et les photos. Car même si je ne suis pas photographe professionnelle, je prends beaucoup d’images qui montrent la réalité de mon pays pour les présenter sur mon blog. Parfois les images sont plus parlantes que les mots. »

Eman, 18 ans, est la porte-parole du club. Elle s’occupe notamment d’une autre branche d’activité du club : permettre aux enfants victimes de la guerre, de développer une compétence artistique. Cours de chants, de théâtre ou de cinéma, tous les supports sont bons pour leur permettre d’exprimer leurs souffrances et leurs aspirations. « Nous aidons ainsi ces enfants à travailler sur leurs traumatismes et en même temps d’acquérir de nouvelles compétences », s’enthousiasme Eman.

Ambassadrices d’une jeunesse bouillonnante

Si les jeunes filles appellent à la fin du blocus sur Gaza, elles ne veulent pas s’attarder sur l’image misérabiliste qu’ont les sociétés occidentales des Territoires Palestiniens. La jeunesse de leur pays bouillonne « d’énergie et de créativité ». « On a l’impression que les palestiniens ne font que pleurer, affirme Maram, 19 ans, mais il y a d’autres côtés. On travaille beaucoup pour réaliser nos rêves, nos rêves d’une vie meilleure dans un pays en paix. »

La benjamine du groupe, Nour 14 ans, s’imagine un jour médecin. « Je souhaiterais pouvoir étudier à l’étranger et rentrer ensuite dans mon pays me rendre utile, pour le moment je développe ma passion pour la photographie et le chant au sein du Club. »

Lara, 19 ans est la fille d’un couple de journalistes. Pour elle, le militantisme est une évidence et elle se décrit volontiers comme une « activiste ». Plus tard, elle sera écrivain, elle racontera comment elle perçoit son pays ou encore l’occupation. Un rêve de littérature qu’elle partage avec Rana et Maram.

« Je veux que ma voix soit entendue, cela n’a pas de sens pour moi de rester tranquillement à la maison de sortir ou d’aller nager. C’est toujours mieux d’avoir un but dans sa vie et dans son travail », affirme Maram. Mais pourquoi une telle détermination ? « Je suis née en Palestine, j’ai une identité palestinienne et cela me donne des responsabilités. »

Ces jeunes filles, avec leur volonté et leur maturité, sont aujourd’hui l’avenir et l’espoir de la Palestine.
Le site du Young Journalists Club ici
Le blog de Rana ici





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