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Economie

EDF-GDF : Défense du secteur public. Alibi ou non ?

Rédigé par Bouchene Salem | Lundi 14 Octobre 2002

En signant le traité de Maastricht en 1991, la France, comme les autres pays membres de l’union européenne, s’est engagée à ouvrir à la concurrence l’ensemble des secteurs jusqu’ici monopôle étatique. Parmi les monopole de l'Etat : EDF-GDF dont l'ouverture du capital d’EDF GDF reste un dossier ultra sensible qui va poser de sérieux problèmes.



En signant le traité de Maastricht en 1991, la France, comme les autres pays membres de l’union européenne, s’est engagée à ouvrir à la concurrence l’ensemble des secteurs jusqu’ici monopôle étatique. Parmi les monopoles de l'Etat : EDF-GDF dont l'ouverture du capital d’EDF GDF reste un dossier ultra sensible qui  pose de sérieux problèmes

L'ouverture du capital d'EDF-GDF : un dossier sensible.

C’est dans cette perspective que le 17 juillet dernier le gouvernement a adressé aux banques d ‘affaires deux appels d’offre. L’un concernait onze entreprises dont l’Etat détient encore une part du capital alors que l ‘autre concernait exclusivement l’ouverture du capital d’EDF-GDF. Cependant l’ouverture du capital d’EDF GDF reste un dossier ultra sensible qui va poser de sérieux problèmes.Le premier est la vive contestation des salariés du service public qui semblent inquiets pour leur statut de fonctionnaire, pour leur retraite et pour le service public lui-même. C’est pour manifester leur désaccord et pour défendre le service public à la Française que 80.000 salariés selon la CGT (40.000 selon la police), principalement des gaziers et des électriciens, se sont réunis à Paris le 4 octobre dernier. Cependant, vu de l’étranger, nos partenaires européens voient la défense du service public comme un leur pour pérenniser l’avantage stratégique que confère au champion national français son monopôle sur son marché. Surtout que dans le même temps EDF continue ses acquisitions en Europe et ailleurs.Le commissaire européen chargé du dossier, Layola de Palacio, a ainsi ironisé sur la manifestation parisienne qui s’est « comme par hasard » déroulé la veille d’un conseille des ministres européens de l’énergie.

Libéralisation du secteur : la France reclame du temps.

Le clou est enfoncé lorsque la France réclame du temps, avant que l’union européenne prenne une décision sur la date d’ouverture des marchés de l’énergie, pour trouver, selon elle, un consensus avec les syndicats aux problèmes soulevés par l’ouverture du capital d’EDF-GDF.

On est alors en droit de se demander si l’enjeu n’est-il pas au fond moins dans le statut de l’entreprise et de ses salariés que dans les conditions de régulations du secteur ? Toujours est-il que le gouvernement devra trouver un moyen de garantir le financement des retraites (1), l’égalité de traitement entre agent et le maintien des droits acquis. Aussi la libéralisation du secteur de l’énergie ne doit pas faire oublier la missions d’intérêt général qu’à jusqu’ici défendu le service public. En effet il ne faudrait pas que les soucis de rentabilité face oublier la nécessité de fournir de l’énergie à tous et ce quel que soit le lieu.

 

(1) Le calcul des retraites des salariés d’EDF et GDF s’aligne actuellement sur celui des régimes spéciaux. C’est à dire qu’on prélève des cotisations sur l’ensemble du salaire versé et on détermine le montant de la retraite en fonction du salaire perçu au cours du dernier semestre d’activité. Ce qui est nettement plus avantageux dans la mesure où les salaires en fin de carrière sont plus élevés.

 

Sources : Les Echos du 5 octobre 2002.  Alternatives économiques-Septembre 2002





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