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Dreux: l'Aïd el-Kébir comme il faut

Rédigé par B. Ammar | Vendredi 20 Janvier 2006

Cette année, l'Aïd el-Kébir s'est bien passée à Dreux. Contrairement à l'an dernier où l'on avait assisté à une chasse à l'homme, la fête du souvenir d'Abraham s'est déroulée dans le calme grâce à une initiative citoyenne. Un dénouement qui pourrait service d'exemple.



Changer l'Aïd


Responsables musulmans, élus locaux et Sous-préfet ont travaillé ensemble à la réussite de l'Aïd à Dreux. Les musulmans de la commune se félicitent de cette issue qui lave l'affront de l'année précédente. Car, l'an dernier, l'Aïd el-Kébir ne fut pas une partie de plaisir à Dreux. Ce jour de fête avait été marqué par une imposante présence policière doublée d'une série de contrôles inhabituels. Cette intervention aveugle, un jour de fête, avait surpris puis offensé les musulmans de la ville qui s'étaient sentis criminalisés. Ils n'ont pas tardé à réagir en se réunissant pour s'organiser en association.

L'Union des citoyens de confession musulmane de l'agglomération Drouaise (UCCMAD) fut ainsi créée pour que l'humiliation ne se reproduise plus. Car à la provocation des contrôles de police intensifs le jour de l'Aïd, s'est ajoutée la distribution de contraventions zèlés aux abords des mosquées au moment de la prière. Si à tout ce mouvement l'on ajoute la flambée du prix du mouton, les musulmans de Dreux se sont sentis fragiles et abusivement traqués. Cela ne pouvait pas continuer. Il fallait changer l'Aïd à Dreux.

Les premières réunion eurent lieu au mois de février 2005. Elles ont posés les base de ce qui allait devenir L'UCCMAD. Dans la foulée, une manifestation de protestation a réuni près de cinq cents personnes devant la sous-préfecture. Un engouement extraordinaire pour une petite ville d'environ trente mille habitants. La foule avait pris les autorités à partie pour les amener à la table de discussion. Le dialogue qui s'est instauré alors a fait son chemin. Le Sous-préfet avait reçu une délégation à laquelle il a fait des promesses. Il a tenu ses promesses.

Une leçon à retenir


Sur le champ de tir de Dreux, des abattoirs mobiles ont été installés. Les musulmans ont pu y sacrifier leurs moutons sous la surveillance des autorités sanitaires locales. Etant donné l'engouement, l'attente était inévitable. Mais chaque fidèles souhaitant reproduire le geste d'Abraham a attendu son tour, dans le calme et la sérénité. Pour montrer l'intérêt qu'ils portent à l'initiative, le préfet Christian Lacroix, le maire Gérard Hamel se sont reundus sur place. Aucun incident ne leur a été signalé.

Pour M. Haddach, l'un des porte-parole de l'UCCMAD qui a suivi tout le projet, il est trop tôt pour faire un bilan. Mais reconnaît-il, des progrès ont été effectués. Au moins cette année, la bonne humeur était au rendez-vous pour faire oublier les offenses de l'année précédente. Les responsables de l'UCCMAD ont donc de bonnes raisons d'être fiers des progrès accomplis et de la confiance rétablie avec les autorités.

La seule interrogation qui démeure sur ce dossier de Dreux porte sur le rôle du Conseil régional du culte musulman (CRCM). Absent à la source de l'initiative, absent à la table des négociations le CRCM n'a pas joué le rôle que l'on attend de lui. Cela n'a pas empêché l'action de l'UCCMAD. Ce qui, en soi, est une petite leçon de citoyenneté. Car là où les institutionnels ont fait l'autruche, l'initiative citoyenne concertée a eu gain de cause. Cette leçon est simple, mais elle mérité d'être retenue.





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