Alors éducatrice spécialisée, ouverte et attentive aux plus démunis, elle ne reste pas longtemps simple militante. Elections cantonales, là voilà responsable du groupe local de Mulhouse puis, jusqu’en 2008, conseillère municipale de la ville, une ville qu’elle aime, à taille humaine, multiculturelle et riche de son passé ouvrier.
En 2004, elle est élue une première fois conseillère régionale, mandat qu’elle renouvelle donc cette année comme numéro deux sur la liste conduite par Jacques Fernique, qui défend un programme de reconversion écologique de l’économie, où les plus précaires doivent trouver toute leur place.
Une élue comme tous les autres ? « Chez les Verts, on n’a jamais mis en avant mes origines, je me suis sentie traitée normalement. Et je ne m’enferme pas dans une image qui me ramène à cette origine. Mon pays, c’est la France. »
Une France qu’elle veut rendre plus juste, notamment pour ses citoyens les plus modestes et ceux qui sont d’origine étrangère : « Je ne revendique ni la diversité ni l’égalité des chances, je me bats pour l’égalité des droits. L’Etat doit montrer l’exemple, on doit embaucher dans les collectivités des personnes issues de l’immigration. Sur le plan de la Région, il faut qu’on ait une politique transversale de lutte contre les discriminations. C’est un vrai fléau, qu’il faut punir. »
Et de citer l’exemple des lycées d’enseignement professionnel (LEP), gérés par les Régions, dont les formations débouchent sur l’apprentissage. « 70 % des élèves des LEP sont originaires des pays du Sud, Maghreb et Afrique. Ils ne sont plus que 15 % dans les centres de formation professionnelle. Parce que, entre-temps, ils ne réussissent pas à trouver un patron pour la formation en alternance. Ainsi, en Alsace, qui est la terre de l’apprentissage, moins de 5 % des enfants issus de l’immigration ont une chance d’accéder à cette formation. C’est juste ? »