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Religions

Des femmes imams en Egypte et en Italie

Rédigé par Bensilmane Hafida | Jeudi 7 Avril 2005

Le 18 mars 2005, Amina Wadud présida la grande prière du vendredi et prononça le sermon devant une assemblée mixte. La scène se déroula aux Etats-Unis. Elle a occasionné de nombreuses réactions. Il est couramment admis, dans tout le monde musulman, qu’une femme ne peut diriger une prière dont le public est mixte. En Italie et en Egypte, des exemples de femmes imams sont à l’ordre du jour.



Le 18 mars 2005, Amina Wadud présida la grande prière du vendredi et prononça le sermon devant une assemblée mixte. La scène se déroula aux Etats-Unis. Elle a occasionné de nombreuses réactions.  Il est couramment admis, dans tout  le monde musulman, qu’une femme ne peut diriger une prière dont le public est mixte. En Italie et en Egypte, des exemples de femmes imams sont à l’ordre du jour.

 

La vocation de Naïma

 

C’est dans la mosquée de Colle Val d'Elsa, près de Sienne, en Toscane (Florence) que Naïma Gohani, 30 ans, tente de se faire accepter comme imam afin d’y diriger la prière du vendredi. Sa démarche se heurte à l’opposition d’une partie des 1500 fidèles qui fréquentent la mosquée. Car l’histoire de l’islam ne connaît aucun exemple semblable. Dans le monde musulman, l’imam d’une prière publique mixte n’est jamais une femme. Madame. Gohani, de références marocaines comme son époux, a mené ses études en Italie. Elle estime qu’« une femme doit avoir le droit de présider la prière à partir du moment où elle est plus compétente qu'un homme. » Madame Gohani a déjà dirigé des prières dont le public était féminin.

 

Mère de trois enfants, Naïma Gouhi n’est pas une femme inconnue de la communauté musulmane locale. Elle est membre du comité scientifique chargé de superviser une déclaration d'intention signée entre l'administration communale et la représentation musulmane pour construire une nouvelle mosquée au cœur du Chianti.

 

Un concours pour nommer des femmes imams

 

Le Ministère des affaires religieuses égyptien a informé de la tenue de concours pour la nomination de 52 imams de mosquée, de sexe féminin. Conditionnée par l’obtention de diplômes de l’Azhar ou d’autres facultés de Sharia et la connaissance du Coran par cœur mais aussi par la maîtrise des sciences de la Sunna prophétique, l’inscription a vu affluer un grand nombre de candidates, près de 800, pour prétendre aux postes décrits.

 

Cependant, Abd al-Mu’tî Bayyoumi, ancien recteur de la faculté des Fondements de la religion et délégué de la Commission religieuse au sein de la Chambre du peuple, a estimé que l’annonce a été précipitée et qu’il aurait fallu, au préalable étudier le cas dans les commissions d’études islamiques, étant donné que la femmes ne peut officier une prière dans une mosquée qui réunit en son sein les femmes et les hommes. Pour sa part, le Cheikh Hasanayni Khudhar, 1er représentant des affaires des Mosquées au sein du Ministère des Affaires Religieuses et organisateur dudit concours, a considéré que l’expérience de désignation de femme à la fonction d’imam est sans précédent dans le Ministère. Et il a exprimé « l’espoir de voir ce précédent couronné de succès, d’autant plus que la Daawa islamique a besoin de l’élément féminin dans les mosquées pour répondre aux questions spécifiques aux femmes et dispenser des cours à leur intention. »

 






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