« Des procédures de licenciements sont en cours, car sans badge ils ne peuvent pas travailler », a souligné Me Moutet, un autre avocat des bagagistes. Aucun motif n'a été, selon lui, invoqué, à l'exception que les bagagistes, maghrébins, n'ont « pas démontré qu'ils avaient un comportement 'insusceptible' de porter atteinte à la sûreté aéroportuaire ».
Plusieurs dizaine de bagagistes musulmans travaillant à l’aéroport de Roissy Charles De Gaulles se sont vus retirer leur habilitation à pénétrer dans des zones de sécurité, sous prétexte d’avoir « une attitude pouvant mettre en cause la sûreté de l’Etat », écrit Jean François Cordet, préfet de Seine Saint Denis, dans des lettres envoyées aux employés. Selon ce courrier, ces bagagistes auraient « un comportement personnel » considéré comme « incompatible avec l’obtention d’une habilitation ». Cette habilitation permet aux employés d’atteindre la zone sous-douane, réputée sensible en terme de sécurité, car proche des pistes de l’aéroport. La non obtention de cette habilitation entraîne automatiquement un licenciement. Dans la même lettre, le préfet somme aux employés de s’expliquer sur leur comportement, sans donner de détails ou de précisions quant aux faits reprochés. Ces lettres ont commencé à être envoyées à partir d’avril 2006.
Le Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF) aurait accompagné plusieurs de ces salariés à une « audition » dans les locaux de l’aéroport, à la sous-préfecture de Roissy. Les questions posées aux employées, témoigne le CCIF, ont été : « Est-ce que vous pratiquez la religion musulmane ? », « Est-ce que vous faites votre prière ? » et « avez vous déjà entrepris un pèlerinage à la Mecque ? » « Au terme de ces entretiens, plusieurs personnes se sont vues notifier le retrait de leur badge sans aucune espèce d’explication ou de justification. » explique le CCIF. Plusieurs dizaines de musulmans ont donc été de facto, licenciés.