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Livres

Dernières nouvelles de notre monde, d'Abderrahim Bouzelmate

Reçu à Saphirnews

Rédigé par La Rédaction | Lundi 2 Décembre 2013



Dernières nouvelles de notre monde, d'Abderrahim Bouzelmate

Présentation de l'éditeur

La sensibilité de l’être face au froid et à la surdité de notre monde, voilà l’objet de ces 18 nouvelles. Les personnages que ce livre met en scène sont ceux de notre quotidien, qu’on ne voit pas toujours, mais qui souffrent dans l’isolement de leur for intérieur ; peut-être que nous en faisons nous-mêmes partie. Cet ouvrage a donc l’ambition de raconter un monde, notre monde tel qu’il est ; pas très heureux à vrai dire. Mais les vérités ne sont jamais livrées nues, et les textes appellent à la complicité ; l’auteur a fait une partie du travail, au lecteur de faire l’autre ! « La parole est moitié à celui qui parle, moitié à celui qui écoute », disait déjà Montaigne. Car il faut être deux pour chercher la vérité, pour trouver des réponses… L’auteur propose donc à son lecteur d’ouvrir ici un débat de cœur à cœur, avec humanité et sensibilité.

L'auteur

Jeune professeur de lettre, Bouzelmate Abderrahim vit et travaille dans les quartiers Nord de Marseille. Très tôt engagé dans diverses associations, il rencontre au gré des échanges des journalistes, des écrivains, des chercheurs et des responsables d'ONG au contact desquels il prend conscience de la situation du monde. Ses écrits se veulent être une peinture sans concession des dérives de la société moderne.

Préface d’Annie Drimaracci

Dans une rencontre, qu’elle soit littéraire ou humaine, il y a parfois quelque chose de l’ordre de l’irruption.

Abderrahim Bouzelmate a un jour surgi devant moi, avec une liasse de feuilles manuscrites remplies d’une écriture dense et nerveuse, que j’ai lues d’un trait en me disant qu’il y avait dans ces lignes et chez ce jeune homme, une chose rare qui demandait impérieusement à exister. Quand j’essaie d’évoquer ses textes, les qualificatifs auxquels je pense pourraient tout aussi bien caractériser sa personnalité. Les deux me semblent indissociables, c’est peut-être la marque de ceux pour qui écrire est une seconde nature. Et s’ils empruntent le chemin de la fiction, elle n’est en rien mensonge, mais une quête pour accéder à une forme de vérité. Elle dévoile leur authenticité.

L’écriture, chez Abderrahim, était sans doute en lui depuis l’enfance, indissociable de ce regard aigu et sensible qu’il a toujours porté sur le monde. Il a engrangé, engrammé les images, les parfums, les douleurs, les bonheurs. Il a passionnément observé, cherché à comprendre et à décrypter les signes. Il a vu la violence, l’injustice, l’indifférence. Il a cherché à dépasser, transcender la souffrance que lui donnait cette élucidation et cette lecture existentielles. Entre là-bas et ici, avec enthousiasme, il n’a cessé d’explorer, battre le pavé, puis graffer, taguer, interroger toujours les signes et les affirmer, acteur nocturne et secret des arts naissants de la rue et de la culture Hip-Hop. Avec la même curiosité, il s’est jeté dans les livres et la littérature, y cherchant soit un autre monde à l’abri, en marge des désordres du nôtre, soit peut-être, avec la confirmation de ce qu’il en avait compris, une forme d’exorcisme. Abderrahim aime les mots, la langue, il a soif de dire, débattre, défendre, lutter, dénoncer, se passionner, s’indigner. Et ses armes sont là, au détour de chaque page. Pourtant, il s’agit ici de bien autre chose que d’une « prose combat », pour reprendre l’expression de MC.Solaar. Ce qui brille, dans la noirceur flamboyante de ses textes, c’est une profonde humanité et une empathie avec les autres.

(...) Au fil de cette galerie de portraits, de photographies d’hommes, de femmes, d’enfants, l’auteur dresse un constat de l’état du monde, ou d’un monde dans tous ses états, et prend le lecteur à témoin, en lui laissant habilement le soin de juger et de chercher en lui les réponses à toutes les questions qu’il lui pose. On ne sort sans doute pas indemne de ce voyage, c’est là le signe du talent prometteur qui traverse ce livre. Oui, l’écriture presque expressionniste d’Abderrahim Bouzelmate nous emporte : à la croisée des cultures, entre Orient et Occident, elle prend sa source dans la temporalité immémoriale, onirique et poétique des contes - elle en a souffle - pour venir, telle une flèche, s’ancrer, s’enraciner dans la réalité d’aujourd’hui.

Abderrahim Bouzelmate, Dernières nouvelles de notre monde, De Varly Editions, novembre 2013, 23 €.




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