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Société

Décès d'Abdelhalim Jean-Loup Herbert

Rédigé par El ghissassi Hakim | Vendredi 7 Janvier 2005

Abdelhalim Jean-Loup Herbert n’est plus. Hier jeudi 6 janvier, l’anthropologue très connu dans la communauté musulmane de France est décédé vers 23h à l’âge de 60 ans à Saint-Etienne où il résidait et où il enseignait à l’école d’architecture de la ville. L’inhumation selon le rituel musulman est prévue pour le samedi ou le lundi prochain, dans le carré musulman du cimetière de Saint-Etienne. Conférencier apprécié, militant de longue date, Jean Loup Herbert a accompagné le magazine La Médina lancé par M. Hakim El Ghissassi dont il était un proche ami. A la disparition de La Médina, M. Herbert restera membre du Conseil d’administration de l’association Les amis de La Médina qui soutenait le magazine. Toute l’équipe de SaphirNet.info se joint à notre confrère Hakim El Ghissassi pour un hommage à notre regretté Abdelhalim Herbert.



Abdelhalim Jean-Loup Herbert n’est plus. Hier jeudi 6 janvier, l’anthropologue très connu dans la communauté musulmane de France est décédé vers 23h à l’âge de 60 ans à Saint-Etienne où il résidait et où il enseignait à l’école d’architecture de la ville. L’inhumation selon le rituel musulman est prévue pour le samedi ou le lundi prochain, dans le carré musulman du cimetière de Saint-Etienne. Conférencier apprécié, militant de longue date, Jean Loup Herbert a accompagné le magazine La Médina lancé par M. Hakim El Ghissassi dont il était un proche ami. A la disparition de La Médina, M. Herbert restera membre du Conseil d’administration de l’association Les amis de La Médina qui soutenait le magazine. Toute l’équipe de SaphirNet.info se joint à notre confrère Hakim El Ghissassi pour un hommage à notre regretté Abdelhalim Herbert.

Qui des responsables musulmans, des artisans du dialogue interreligieux et des islamologues ne connaît le visage souriant et apaisant d’Abdelhalim ? Il a sillonné la France et l’Europe à la rencontre de ses musulmans pour échanger, former et conseiller. Jean Loup Herbert était présent à chaque fois que nous lui faisions appel pour nous éclairer sur la société française, sur les civilisations et leurs dialectiques. Très attaché au monde hispanique, sensible à l’Amérique latine et la culture indienne, il regardait Al Andalous et sa période glorieuse comme un havre de paix et d’échanges. Aux musulmans qu’il rencontrait, il conseillait de ne pas confronter les sensibilités mais de faire l’effort pour comprendre l’autre afin de faire émerger une pensée musulmane européenne tout en gardant un lien solide avec la Oumma.

J’ai connu Abdelhalim en 1987 lors d’une rencontre estudiantine qui se tenait à Strasbourg. Il exprimait son profond regret devant les difficultés des musulmans, principalement ceux qui préparaient des thèses, à se constituer en réseaux d’échanges pour faire connaître leurs travaux. Lorsqu’un premier groupe s’est constitué en 1988 autour du centre d’études et de recherches sur l’économie islamique, il en fut élu président. Dans la foulé, dès le mois de juillet 1989, il organisa une première université d’été sur les fondements de la pensée musulmane. Etienne Trochmé, président de l’Université Robert Schuman de Strasbourg, a accueilli ce cycle de formation au sein de son université.

Pendant une vingtaine de jours, avec une trentaine de thésards et de chercheurs, nous avons découvert en profondeur les outils méthodologiques des sciences islamiques. A cette occasion, nous avons eu la chance immense de recevoir les meilleurs spécialistes des universités musulmanes. Déjà à l’époque, nous étions en pleine réflexion sur la nécessité de doter l’université de Strasbourg d’un institut de théologie islamique à l’instar de l’institut protestant et catholique.

Lors de ma dernière visite à Jean Louis Herbert, je l’ai trouvé cloué au lit par la maladie. Nous étions au mois de novembre, le ramadan battait son plein. Malgré son état de faiblesse, il m’a réitéré ses soucis devant l’incapacité des musulmans à initier un lieu de formation et de réflexion, malgré le nombre important d’intellectuels et d’universitaires. Il regrettait aussi le peu de recule de la part des musulmans dans leurs réactions face à certaines questions d’actualité.

Il évoquait souvent Anouar Abdelmalek qui était l’un de ses maîtres de pensée. Il avait une estime particulière pour Nadjmeddine Bamat, pour Eva de Vitray Meirovitch, pour Muhammad Hamidullah et aussi pour Mohammed Assad.

Sur un autre plan, Jean Loup Herbert était un fidèle adepte de Le Corbusier. Pour cette raison, il avait fait le choix de vivre à Firminy, dans le complexe Le Corbusier. L’une de ses dernières activités scientifiques fut aussi l’organisation, en septembre 2004, d’un colloque autour du Corbusier à Paris.

Avec Son épouse Marie-Laure Bousquet et Maurice Gloton, il a passé de nombreuses années à étudier les termes et les concepts du saint Coran. Ensemble, ils travaillaient ' dans le Coran ' comme ils aimaient à dire, tous les trois, dans un article publié dans la revue islam qu’éditait La Médina.

Ces derniers temps, Jean-Loup Herbert s’apprêtait à publier ces nombreux travaux. Il nous laisse donc un chantier ouvert et un témoignage pour honorer la richesse des cultures musulmanes avec sérénité et dans un esprit d'ouverture.

Avec le décès de Jean Loup Herbert nous perdons un grand soutien. Mais son enseignement restera vivant dans nos cœurs. Nous exprimons nos condoléances les plus sincères à sa famille, son épouse Marie Laure Bousquet et à ses deux fils Stéphane et Claude. Que Dieu le couvre de Sa miséricorde.

En vérité nous sommes tous à Dieu et vers Lui est notre retour final.






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