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Communiqués officiels

De Villepin l'a rêvé, Dounia l'a fait !!!!

Rédigé par Imarraine Fouad | Jeudi 3 Juin 2004

Ces jeunes dont on nous parle tellement et qu'on entend si peu. Comme ces islamistes dont on nous parle tant et qu'on voit si peu. Dès lors, on ne s'étonnera pas de lire les textes de Dounia Bouzar dans un journal de la presse écrite comme le Figaro ou sur un site internet comme celui de Proche-orient.info.
On pensait que Seul Boubakeur était capable de ces prouesses mais on peut rajouter à la liste aujourd'hui une actrice de terrain, scientifique. Rien d'étonnant dans un débat aussi passionnant que passionné.



De Villepin l'a rêvé, Dounia l'a fait !!!!


'Pour la plupart, ces leaders ouverts ont grandi dans leur pays d'origine. L'islam ne leur tient pas lieu d'identité : ils savent qui ils sont, d'où ils viennent et, pour eux, l'islam ne définit pas tout, au contraire de beaucoup de leaders associatifs français qui ne se sont construits que dans la religion.'
'Les 'défenseurs de l'islam' et les 'défenseurs de la République', islamistes et laïcards, appréhendent le débat selon les mêmes termes : ils imaginent que c'est l'islam qui produit les comportements des jeunes. Et le cercle vicieux commence : d'un côté on dénigre l'islam, de l'autre on le surinvestit pour le défendre... Revenons aux individus. S'il y a un 'trop religieux', c'est qu'il y a quelque part un 'moins quelque chose' !'
Extraits de l'interview de Dounia Bouzar accordée au Figaro du 28 mai 2004.

Deux passages clefs qui développent deux idées principales; Première idée : L'islam tranquille est celui de l'étranger. Seconde idée : La collaboration entre défenseurs de l'islam et défenseurs
de la république.

La première idée n'est pas nouvelle puisqu'il s'agit de souligner que le seul islam possible de dialogue est celui de l'islam des pays d'origine, de l'extérieur. L'islam de l'intérieur est très dangereux, il confond les valeurs, renie la République, c'est le fameux cheval de Troie. Le péril de l'intérieur. Ceci est d'autant plus intéressant pour le ministre actuel de l'intérieur qui était ministre des affaires étrangères. Les amitiés de l'extérieur et les enjeux diplomatiques méritent bien une reconnaissance de la part de la République de la pertinence de laisser l'islam de France géré par des acteurs de l'islam d'ailleurs. Il ne peut y avoir d'islam de France, mais un islam en France.

Le second point est cette idée répandue sous l'expression de l'alliance rouge-brun-vert chez certains et les islamo gauchistes chez d'autres. Dounia Bouzar vient témoigner que cette alliance est aussi dangereuse pour les musulmans 'modérés', 'ouverts'...que la République...que les jeunes. Ces jeunes dont on nous parle tellement et qu'on entend si peu. Comme ces islamistes dont on nous parle tant et qu'on voit si peu. Dès lors, on ne s'étonnera pas de lire les textes de Dounia Bouzar dans un journal de la presse écrite comme le Figaro ou sur un site internet comme celui de Proche-orient.info.

On pensait que Seul Boubakeur était capable de ces prouesses mais on peut rajouter à la liste aujourd'hui une actrice de terrain, scientifique. Rien d'étonnant dans un débat aussi passionnant que passionné.

Nous déplorons l'attitude du ministère de l'intérieur, qui multiplie les gestes symboliques au mépris de toute la complexité du paysage islamique de France. Nous regrettons qu'un homme comme De Villepin, qui a su si bien déployer une intelligence dans le débat complexe sur le conflit en Irak ou la question nucléaire en Iran et se permettre autant de légèreté dans le fait musulman de France. Est-ce un racisme primaire, est-ce une négligence de plus sur un dossier qui finalement n'a d'intérêt que lors des échéances électorales, est-ce une gestion diplomatqiue d'un dossier censé être débattu chez nous, avec les plus concernés ? Où va-t-on avec ces logiques de gestion d'un fait qui est national, culturel, social et faisant partie intégrante de la Nation ?

Certes, nous n'en sommes pas à la première tentative de justifier les politiques discriminatoires des musulmans mais malheureusement nous n'en serons pas à la dernière ? Car que de confusions quant on évoque que les associations musulmans perçoivent des subventions de l'Etat ou de l'étranger ? Que de confusions lorsqu'on nous parle d'acteurs 'islamisants', 'islamistes' en quête de 'nos jeunes de banlieue' pour les endoctriner et les dévier de leur 'intégration républicaine'. Que de fantasmes qui ne sont pas loin des fantasmes sur cet orient si lointain et si proche. Mais il s'agit d'un Orient de l'intérieur et il est plus difficile d'externaliser.

Heureuseemnt que des travaux comme ceux de Dounia Bouzar arrivent à point pour sortir certains d'un 'cauchemear possible' : une république islamique dans nos banlieues.

Par ailleurs, l'attitude de Dounia Bouzar est des plus confuses. Elle convoque le registre scientifique de la recherche pour déterminer un débat dont elle se sent partie prenante. L'autocritique n'est pas l'autoflagellation. Parler d'acteurs sans mentionner quelque repère que ce soit et rester dans le flou n'est pas aussi scientifique. Accepter de mener un travail de réflexion car on se sent concerné par le biais d'une institution du ministère de l'intérieur est une chose bien originale. Choisir ensuite Le Figaro dont on connaît les positions sur l'islam et les musulmans relève de la naïveté, au mieux. Assumer un travail de recherche en tant que membre représentant un culte dont la responsabilité politique incomberait au ministère de l'intérieur dans le cadre de l'une de ses institutions, ne peut que promouvoir la confusion dans le but recherché.
Au mieux nous ne pourrons que dire : De Villepin l'a rêvé, Dounia l'a fait. L'avenir nous réserve bien des surprises.

 Fouad IMARRAINE
Collectif des Musulmans de France

 





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